15 novembre 1924. Philippe Lejeune, peintre de la Bible

publié le 15 November 2019 à 00h01 par José LONCKE

 15 novembre 1924. Philippe Lejeune, peintre de la Bible

Philippe Lejeune, né le  15 novembre 1924 à Montrouge. Il est mort le 24 avril 2014 à Étampes. Élève de Maurice Denis, c'est un peintre français fondateur de l'Ecole d’Étampes (refus de l'obligation de la peinture informelle)

« le Repas chez Simon » 1950

Philippe Lejeune se centre à la fois sur des sujets bibliques et sur l’art du portrait.

Ce tableau du Repas chez Simon en est un bon exemple. Les 4 personnes représentées sur ce tableau : Jésus à gauche, dont la femme touche encore le pied, Simon le pharisien scandalisé par cette familiarité d’une femme « pécheresse » et la femme à la porte, sont tous des portraits très fidèles de personnes réelles, parents et amis du peintre. On peut naturellement se demander comment ils ont assumé le rôle théologique et spirituel que Philippe Lejeune leur faisait jouer : une pécheresse prostituée, le Christ lui-même, le pharisien rigoriste et enfermé dans sa propre pureté religieuse !

Une femme prosternée aux pieds de Jésus pleure de reconnaissance et de tendresse pour l’accueil bienveillant que Jésus lui a réservé dans la maison de Simon, le pharisien moraliste et exigeant. Le vase de parfum resté par terre la fait reconnaître : c’est celui qu’elle a vidé sur les pieds nus de Jésus. 

Philippe Lejeune a été sensible au bien-être tranquille de la femme qu’il a imaginée prolongeant aux pieds du Christ l’apaisement que procure la douceur et la tendresse qu’il manifeste aux hommes.

Jésus est représenté étrangement pour nous, en humbles vêtements modernes : pantalon court, simple pull-over bleu, chemise à col ouvert, cheveux courts bien peignés dans le style adolescent des années 1950. Il a les mains ouvertes. Il désigne la femme mais son geste est peut-être une bénédiction. Il ne la regarde pas. Son visage est calme et son regard perdu dans une méditation.  La petite table devant lui n’a qu’un seul couvert. Elle ressemble plus à un autel qu’à une table de repas. Son assiette est vide et son verre aussi. C’est son corps et c’est son sang qui seront le repas.

Simon le pharisien, lui, regarde la femme et la désigne du doigt. Mais l’immobilité de son visage est insensibilité et froideur. Tout son corps se détourne d’elle. Il est vêtu comme les garçons des années 1950, il n’est pas un de ces étroits pharisiens des siècles passés à l’idéologie primitive ; il est l’un de nous !

Les murs ne sont pas tapissés, aucun tableau n’y est accroché. Ils ne semblent pas réels, ils ne ferment pas la pièce, ils ouvrent plutôt la scène à l’ensemble du monde où nous sommes aussi.

Philippe Lejeune a peint de nombreuses scènes bibliques.

 
Le royaume pour ceux qui leur ressemblent. 



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