10 août 1557. Bataille de St-Quentin Coligny prisonnier.

10 août 1557, bataille de St-Quentin au cours de laquelle Coligny est fait prisonnier.

 Voilà comment Eugène Bersier le grand prédicateur protestant du 19ème siècle, raconte dans un sermon la défense courageuse de la ville de Saint-Quentin par Coligny : 
 

« Mes frères, il y a trois siècles, l'homme qui devait être le plus grand héros de la Réforme française, Gaspard de Coligny, défendait contre la formidable invasion des Espagnols la petite ville de Saint-Quentin. L'imprévoyance des Valois avait livré aux étrangers les frontières de la France; Philippe Il se dirigeait sur Paris sans cette poignée de braves qui l'arrêta dans sa marche. Saint-Quentin n'avait que des remparts en ruines; la fièvre et la faim décimaient ses défenseurs; la population, effrayée, Parlait de se rendre; la trahison se glissait partout dans l'ombre. Un jour, les ennemis jetèrent par-dessus les murailles de la ville des flèches portant des bandelettes sur lesquelles était une inscription qui promettait aux habitants, s'ils voulaient se rendre, de leur accorder la vie sauve, et de leur laisser leurs biens. Pour toute réponse, nous raconte un officier espagnol (Récit du siège de Saint-Quentin, par un officier espagnol, Ch. Gomart, p. 394), Coligny prit une bande de parchemin, il y écrivit ces simples mots :

Regem habemus;

puis, il la fixa à un javelot qu'il lança dans le camp des ennemis. Regem habemus. Nous avons un roi! C'était pour lui l'expression héroïque de sa foi en sa patrie, que son âme loyale incarnait dans son roi, et cependant ce roi était Henri II, l'époux de Catherine de Médicis, le père de ce Charles IX qui devait devenir l'assassin du grand capitaine huguenot.
Et nous, chrétiens, enfermés dans cette vieille citadelle de l'Église aujourd'hui de toutes parts attaquée, debout sur des remparts qui souvent s'écroulent, au milieu de tant de lâches conseils et de rumeurs sinistres qui nous annoncent une défaite prochaine, nous dirons à notre tour: Regem habemus, nous avons un roi! Le Roi de justice et de vérité qui doit vaincre le monde, et auquel appartiennent l'empire et la gloire à jamais. Amen! »
Sermons d’Eugène Bersier, « La royauté de Jésus-Christ »


finalment, Coligny sera fait prisonnier et retenu captif au château de Gand en attedant une rançon. Les deux années que durent sa captivité sont l’occasion d’une réflexion (nourrie de la Bible que son frère, d’Andelot lui envoie), qui va le conduire à une conversion profonde. Il avait été également encouragé par une lettre de Calvin qui lui disait :

« Dieu vous a donné cette opportunité de profiter en son école comme s’il voulait vous parler privément à l’oreille ».

Il passe ouvertement à la Réforme.  A son retour il participe au culte protestant et  use de son influence à la cour pour obtenir pour les protestants la liberté de célébrer leur culte.  Il vit un peu à l’écart, en son château  de Châtillon, entouré de sa femme, Charlotte de Laval, de ses cinq enfants, et de ses serviteurs. Cc grand seigneur vit d’une manière toute simple : il célèbre lui-même, matin et soir, le culte de famille, en l’absence du pasteur,

« réconciliant ensemble » ses serviteurs, s’il y avait quelque « dissension entre eux ».

Il s’intéresse autant aux jeux et à l’éducation de ses enfants qu’aux affaires du royaume et à celles de l’Église. Généreux et tolérant, il n’a jamais été question pour lui d’imposer par la force la Réforme.

Image (10 août 1557. Bataille de St-Quentin Coligny  prisonnier. )

Monument de la Bataille de Saint-Quentin (1557) en cette même ville, place du 8 Octobre 1870: Coligny est au premier rang.

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