10 février 1635. Conrart et l’Académie française

Louis XIII, sur les conseils de Richelieu, crée une nouvelle institution : l'Académie française. Elle compte 40 membres élus à vie. L'institution a pour but de donner à la langue française des règles précises afin qu'elle puisse à terme se substituer au latin. Dans les statuts, il est précisé

« qu’il sera composé un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique sur les observations de l’Académie ».

Pour le pouvoir, elle constitue un moyen de contrôle sur toute espèce de réunion, même intellectuelle.

Mais en fait la société est déjà formée. C’est en 1629 que Valentin Conrart (1603-1675) commence à réunir chez lui, une fois ou deux la semaine, un salon littéraire où se rendent Chapelain, Desmarais de Saint-Sorlin, Gomberville, Boisrobert. La maison de Conrart est au coin de la rue Saint-Martin et de la rue des Vieilles-Etuves,  sur l’emplacement de l’actuel 135 de la rue Saint-Martin.

Image (10 février 1635. Conrart et  l’Académie française )
En 1634, alors que la compagnie est encore informelle, Conrart commence à tenir des comptes-rendus des séances et le cardinal de Richelieu s’y intéresse…


Homme de foi et pratiquant, Valentin Conrart contribue à la révision et à la modernisation du psautier huguenot. Les Psaumes sont retouchés sur l'ancienne version de Clément Marot et Théodore de Bèze.

Valentin Conrart mourant en 1675 sans terminer son ouvrage, la révision est achevée par La Bastide. Un premier lot de 51 psaumes est publié par les héritiers en 1677, puis le psautier complet en 1679. À partir de cette date, la version retouchée est encore révisée par le pasteur genevois Bénédict Pictet, jusqu'à ce qu'elle soit officiellement acceptée par l'Église de Genève en 1698 et qu'elle passe immédiatement en usage dans les temples.

Voici deux exemples de la version Conrart. Conrart  fluidifie le style qui est propre à Marot.

Psaume 1
Heureux celui qui, dès ses jeunes ans,
S'est tenu loin du conseil des méchants,
Qui des pécheurs fuit la trompeuse voie,
Et des moqueurs la criminelle joie;
Qui craignant Dieu, ne se plaît qu'en sa Loi,
Et, nuit et jour, la médite avec foi.
Tel que l'on voit, sur le bord d'un ruisseau,
Croître et fleurir un arbre toujours beau,
Et qui ses fruits en leur saison rapporte,
Sans que jamais la feuille tombe morte;
Tel est le juste, et tout ce qu'il fera,
Béni d'en haut, toujours prospérera

Psaume 42
Comme un cerf altéré brame,
Après le courant d’eaux,
Ainsi soupire mon âme,
Seigneur, après tes ruisseaux :
Elle a soif du Dieu vivant ;
Et s’écrie, en le suivant,
Mon Dieu, mon Dieu, quand sera-ce,
Que mes yeux verront ta face ?
Pour pain je n’ai que mes larmes,
La nuit, le jour, en tout lieu,
Lorsqu’en mes dures alarmes,
On me dit, que fait ton Dieu ?

 

 

 

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