18 juillet 1918. Nelson Mandela

publié le 18 July 2019 à 00h01 par José LONCKE
18 juillet 1918. Nelson Mandela Nelson Mandela (18 juillet 1918 - 5 décembre 2013)

Né le 18 juillet 1918 dans une chefferie xhosa, Nelson Mandela suit une formation d'avocat et rejoint le Congrès National Africain (African National Congress, ANC) pour lutter contre l'apartheid et la domination blanche dans son pays. Emprisonné en 1962, il est libéré 27 ans plus tard par le président Frederik de Klerk, acculé à la négociation par la pression internationale. Élu à la présidence de la République le 10 mai 1994, il forme un gouvernement multiracial et réalise son rêve d’une Afrique du Sud «arc-en-ciel». Contredisant tous les mauvais augures, il mène son pays vers la démocratie et la paix. Frederik de Klerk et lui ont reçu le Prix Nobel de la Paix en 1993.

Le christianisme Nelson Mandela :
un chrétien discret Nelson Mandela a toujours été discret, en public, sur ses liens avec le christianisme. Dans un entretien accordé à l’Express en 1995, il répond, un peu abrupt, au journaliste qui l’interroge sur le rôle de sa foi chrétienne dans sa lutte contre l’apartheid : « La relation entre un homme et son Dieu est un sujet extrêmement privé, qui ne regarde pas les mass media ». Et dans son autobiographie, « « Conversation avec moi-même » (La Martinière, 2010), il évoque à peine cette dimension dans sa vie (à deux reprises !).
On le voit, Nelson Mandela n’a pas été un prosélyte : « Toujours faire de la religion une affaire privée, réservée à soi. N’encombre pas les autres avec ta religion et autres croyances personnelles. », écrit-il à Thulare, en 1977, de la prison de Robben Island.

Pour autant, au fil de sa vie, de ses écrits et de ses confidences, Nelson Mandela n’a pas toujours été silencieux sur son rapport au christianisme.
En premier lieu, il a été baptisé dans l’Église méthodiste et formé dans les écoles wesleyennes (une Église qui se sépare d’avec l’Église méthodiste en 1875) pour être précis. À Fort Hare, dans l’une de ces institutions, il a même été moniteur le dimanche.
Que pensait-il de cette appartenance ? Visiblement, le plus grand bien ! À plusieurs reprises, il exprime sa dette envers son Église : « Je ne saurais trop insister sur le rôle que l’Église méthodiste a joué dans ma vie », déclarait-il à l’occasion du 23e anniversaire de la Gospel Church power of Republic of South Africa, en 1995. Et devant le parlement mondial des religions, en 1999 : « Sans l’Église, sans les institutions religieuses, je ne serais pas là aujourd’hui ». Emprisonné à Robben Island, il assite, écrit-il en 1977, « encore à tous les services de l’Église et j’apprécie certains sermons ». Dans sa correspondance avec Ahmed Kathrada, en 1993, il évoque la joie qu’il ressentait à fréquenter la Sainte Cène : « Partager le sacrement qui fait partie de la tradition de mon Église était important à mes yeux. Cela me procurait l’apaisement et le calme intérieur. En sortant des services, j’étais un homme neuf. » Et il affirme au même : « Je n’ai jamais abandonné mes croyances chrétiennes ».
S’il lui est arrivé d’exprimer sa fidélité au christianisme, il semble cependant que sa spiritualité se soit modifiée au cours de son existence. Ainsi, sa rencontre avec le marxisme lui ouvre un nouvel horizon : « Nous qui avons grandi dans des maisons religieuses et qui avons étudié dans les écoles des missionnaires, nous avons fait l’expérience d’un profond conflit spirituel quand nous avons vu le mode de vie que nous jugions sacré remis en question par de nouvelles philosophies, et quand nous nous sommes rendu compte que, parmi ceux qui traitaient notre foi d’opium, il y avait des penseurs dont l’intégrité et l’amour pour les hommes ne faisaient pas de doute. », écrit-il à Fatima Meer en 1977.

Peu à peu, le christianisme de Mandela prend la forme d’une sagesse universelle : « J’ai bien sûr été baptisé à l’Église wesleyenne et j’ai fréquenté ses écoles missionnaires. Dehors comme ici, je lui reste fidèle, mais mes conceptions ont eu tendance à s’élargir et à être bienveillantes envers l’unité religieuse », constate-il en 1977. Tout au long de son existence, il s’est méfié du caractère dévastateur qu’il voyait en puissance dans la religion : « La religion, et notamment la croyance en l’existence d’un Être suprême, a toujours été un sujet de controverse qui déchire les nations, et même les familles. Il vaut toujours mieux considérer la relation entre un individu et son Dieu comme une affaire strictement personnelle, une question de foi et non de logique. Nul n’a le droit de prescrire aux autres ce qu’ils doivent croire ou non », écrit-il à Déborah Optiz en 1988.
Nous touchons là, sans doute, la raison pour laquelle Nelson Mandela évitait d’aborder en public, en particulier face aux médias, son rapport au christianisme. À cela s’ajoute son souci de ne pas heurter la sensibilité et les convictions de celui à qui il s’adressait. Il s’en explique à Maki Mandela en 1977 : «Sans le savoir, tu peux offenser beaucoup de gens pour qui tout cela n’a aucun fondement scientifique, qui considèrent que c’est pure fiction. »

Cette réserve ne l’a pas empêché d’assigner un rôle aux religions dans la société : en particulier sur le plan de la justice et de la morale. Alors qu’il présidait à la destinée de l’Afrique du Sud, il leur adressa cette feuille de route en 1997 : « Nous avons besoin que les institutions religieuses continuent d’être la conscience de la société, le gardien de la morale et des intérêts des faibles et des opprimés. Nous avons besoin que les organisations religieuses participent à la société civile mobilisée pour la justice et la protection des droits de l’homme. »

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