2 septembre 1898. Charles Gordon et la Bible.

publié le 2 September 2018 à 00h00 par José LONCKE
2 septembre 1898. Charles Gordon et la Bible.


Charles George Gordon, général britannique, surnommé Gordon Pacha, est né le 28 janvier 1833 à Londres et mort à Khartoum au Soudan le 26 janvier 1885.

Élève de l'Académie royale militaire de Woolwich,, il servit en Crimée, puis dans la campagne de Chine de 1860.  En 1874, il entra au service de l'Égypte, fut nommé gouverneur du Soudan, conquis par l'Égypte quelques décennies plus tôt et en poussa les frontières jusqu'à Gondokoro. Il s'attacha à éradiquer le trafic d'esclaves, dont le Soudan était depuis longtemps une plaque tournante. E

Il revint en février 1884 au Soudan, à nouveau en tant que gouverneur. Charles Gordon s'exalta pour cette mission. Il aimait en outre profondément les Soudanais. Il crut jusqu'au bout que les secours arriveraient à temps.

Protestant évangélique, il profita de son voyage en Palestine en 1883 pour  prospecter  à l'extérieur du rempart de Jérrusalem. Il remarqua au Nord de la ville un escarpement rocheux percé de deux grandes cavités qui ressemblaient étrangement aux orbites d'un crâne humain. Faisant alors le rapprochement avec l'expression de "lieu du crâne" citée dans l'Écriture, il pensa que c'était là le lieu historique de la crucifixion de Jésus.

A partir du XVIIIème siècle en effet, des doutes furent émis quant à l’identification du Saint-Sépulcre au tombeau de Jésus-Christ. Les esprits sceptiques soulevaient le fait que la tombe traditionnelle se trouvait à l’intérieur du rempart de Jérusalem, alors que la crucifixion avait eu lieu en-dehors des murs. Partant de cette idée, le général britannique Charles Gordon se mit à la recherche d'un site alternatif,

L'hypothèse de Gordon fit son chemin dans la société britannique. Un rapport de fouilles de 1867 émanant de l'archéologue suisse Conrad Schick avait d'ailleurs déjà décrit une ancienne tombe rupestre découverte à quelques mètres du rocher de Gordon. La façade de cette tombe toujours accessible portait des traces évoquant la forme d'une grande pierre circulaire, ainsi qu'une rainure dans le sol, et l'intérieur consistait en deux petites pièces rectangulaires. Ces détails paraissant compatibles avec les écritures, un nombre croissant de pélerins se rangèrent à l'avis de Gordon. Aujourd'hui intégré à un jardin magnifique, le site est tenu par des pélerins protestants qui le considèrent comme la sépulture possible de Jésus de Nazareth.

Résolu à ne pas abandonner sans rien faire la ville de Berber aux fanatiques du Mahdi, il en organisa la défense, espérant que le gouvernement britannique de Gladstone enverrait une armée de secours.

Très réticent ("Je refuse l'obligation pour l'Angleterre d'intervenir dans le monde entier") celui-ci finit, sous la pression de l'opinion publique, de la reine et de la très puissante Association de Lutte contre l'Esclavage, par envoyer un corps expéditionnaire. L'arrivée imminente de ces secours conduisit le Mahdi à ordonner l'assaut de la ville, assiégée depuis des mois et dont la petite garnison égyptienne était affaiblie par le manque de vivres. Gordon fut tué ainsi que tous les Égyptiens et une grande partie des habitants soudanais de Khartoum, que les mahdistes laissèrent en ruines.

Le Mahdi décède quelques mois plus tard mais son successeur, le « calife » Abdullah, va poursuivre son oeuvre de conquête en soumettant l'ensemble du Soudan à son autorité.

En  Angleterre, l'opinion publique, révulsée, obtient le renvoi de Gladstone. Mais il s'écoulera près de quinze ans avant que les Britanniques ne prennent leur revanche  en écrasant les armées mahdistes sur le Nil, à Omdourman, le 2 septembre 1898.

 

La fin de Gordon a été portée au cinéma en 1966 par Basil Dearden dans le film Khartoum, avec Charlton Heston dans le rôle du héros.

Sir Arthur Conan Doyle lui rend hommage par le biais de son héros Sherlock Holmes. Holmes, après avoir disparu dans les chutes du Reichenbach avec son ennemi de toujours, le professeur Moriarty, et devant faire croire à sa mort pour échapper au seul témoin de sa survie, le colonel Sebastian Moran, exécuteur des basses œuvres du professeur, disparaît pendant trois ans. Au cours de ces années, il prend une fausse identité, celle d'un explorateur norvégien et se rend à Khartoum, dans le palais même où Gordon Pacha fut assassiné. Il y décrit un palais en ruine, laissé à l'abandon. La nouvelle porte le titre original The Empty House et fait directement suite à The Final Problem, après la publication intermédiaire de Le Chien des Baskerville.

 

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