25 mars 1852. « Les Assemblées des bois »

25 mars 1852. « Les Assemblées des bois »
Un décret du 25 mars 1852, interdit clubs ou réunions. Sur cette base sont fermés les lieux de culte baptistes de Chauny et La Fère-Servais. Ils ne furent rouverts qu’en 1866.

Image (25 mars 1852. « Les Assemblées des bois »)

Dans ses Notes et Récits, le pasteur Aimé Cadot, raconte comment s’est organisé la vie d’église sans lieu de culte. 

« LES ASSEMBLEES DES BOIS. Nos chers frères furent obligés de se réunir dans des endroits que le pasteur désignait d’avance. Les membres du troupeau, pleins de courage et d’ardeur s’y rendaient fidèlement, portant avec eux leurs livres de chants et leurs Nouveaux-Testaments, ainsi que du pain et quelque chose à boire, et on allait dans les bois.

Leurs petits paniers au bras, ils s’en allaient gaiement en s’entretenant des chères vérités du salut, en racontant les conversations religieuses qu’ils avaient eues avec des catholiques, exprimant l’espoir qu’ils avaient de les ramener à la vraie foi. Ou bien, sur la route, à l’aller ou au retour, ils chantaient des cantiques. Arrivés au lieu indiqué de la forêt, ils s’asseyaient en attendant leurs frères, s’ils étaient les premiers au lieu du rendez-vous.
Nous revoyons fort souvent en esprit une scène de cette époque. Elle se passait à Deuillet à la porte de notre chère sœur Grindat qui, après une vie encadrée de beaucoup d’épreuves, a été recueillie auprès de son Sauveur. – C’était un dimanche du mois d’Août en 1855. On se préparait à partir pour la réunion du bois, où l’on voulait emmener le fils de notre sœur, un cher jeune homme infirme. On sortit d’un bâtiment une petite voiture à bras ; on y mit des coussins pour poser dessus le pauvre impotent, et on l’y plaça le mieux qu’on pût. La joie brillait dans ses yeux ; car son cœur était en paix, depuis qu’il avait cru au Sauveur et s’était donné à Lui. On l’entourait, on se réjouissait avec lui ; on allait le conduire à l’Assemblée du bois, qui avait lieu ce jour-là au-dessus du polygone de La Fère, entre cette ville, Versigny et Fressancourt.
Les jeunes filles, au visage enflammé par la chaleur du jour, s’attelèrent à la petite carriole du jeune frère, perclus de ses jambes. Elles partirent gaiement, tirant le modeste véhicule ou le poussant derrière. Elles avaient aux lèvres de douces paroles, des encouragements, des cris joyeux. La marche vers la forêt, demandait du temps. Si l’on rejoignait un ami du Seigneur, on se saluait par de bons discours. Il faisait chaud ; mais sous le feuillage, quand on y serait, on trouverait de l’ombre et le frais. On jouissait de conduire au culte le pauvre infirme, et la marche vers le lieu de réunion était une joyeuse promenade.
Pleins de vie, brûlants de zèle, conducteurs et conductrices arrivèrent assez vite au lieu indiqué, où les attendait leur cher pasteur. Celui-ci leur tendait les mains, leur souhaitait la bienvenue. Les frères s’embrasaient entre eux. Oh ! que l’Eglise de la Fère, chassée de son temple, était heureuse. Ils étaient tous pleins de ferveur, pleins de foi, heureux de servir leur divin Maître, en endurant pour l’amour de Lui, les mauvais vouloirs des prêtres aidés par la police. Ils priaient pour leurs persécuteurs, glorifiant Dieu, et leurs cœurs étaient pleins d’amour, et débordant d’une joie sainte.
Ces assemblées des bois furent pour plusieurs un moyen de salut. Des promeneurs ou des curieux qui se rendirent à ces réunions, y furent éclairés, convertis, et se joignirent au troupeau. Pendant ce temps, il y eut peut-être un surcroît d’additions pour les baptêmes ».

 

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