26 juin 1894. Billy Graham, Stephen Lenton et la Corée du Nord

26 juin 1894. Billy Graham, Stephen Lenton  et la Corée du Nord

Le pasteur Eugene Bell (1868-1925), un missionnaire presbytérien arrive en Corée en avril 1895. Il va œuvrer en Corée pendant plusieurs décennies. Il se marrie avec Charlotte le 26 juin 1894. 
Son fils Nelson Bell (1894-1973 est la mère de Ruth, née à Qingjiang, qui étudia à Pyongyang. De retour aux USA elle étudia au Wheaton College où elle se maria avec l’évangéliste baptiste américain Billy Graham (1943).
A de multiples reprises Billy Graham essaya de visiter la Corée du Nord. Sans succès. C’est seulement grâce à l’entremise du Dr. Stephen Linton, de la célèbre famille de missionnaires protestants établis en Corée depuis plusieurs générations et cousin de Ruth Graham, qui les choses purent se faire.
Le docteur Linton est en effet le descendant (4ème génération) du pasteur Eugene Bell (par sa fille Charlotte qui épousa le pasteur William Lenton)

C’est ainsi que le docteur Stephen Linton (né en 1950), a été le conseiller et traducteur de l’évangéliste Billy Graham lors d’une viste de celui-ci en Corée du Nord (31 mars-4 avril 1992). Billy Graham rencontra à cette occasion président nord-coréen, Kim Il-sung, en 1992. Il  retourna deux ans plus tard en Corée du Nord (27 janvier-1er février 1994).
Ce fut grâce à cette ouverture que ex président Jimmy Carter put joue un rôle décisif pour empêcher une guerre nucléaire en 1994.

Image (26 juin 1894. Billy Graham, Stephen Lenton  et la Corée du Nord )

Stephen Linton est  président et fondateur de l’ONG « Eugene Bell », fondée en 1995, pour le centième anniversaire de l’arrivée d’Eugene Bell en Corée. L’ONG est.basée à Séoul, en Corée du Sud.
Linton a été élevé dans une région  rurale de Corée du sud,  Jeollanam-do. Il est le descendant. Il est notamment le  fils de Hugh Linton (1926-1984), qui a fondé 200 églises dans la campagne coréenne et sa mère, Betty Linton, a travaillé durant 40 années au sein de la « Soonchun Christian Tuberculosis Rehabilitation Center ». Son frère John, est le directeur du “International Healthcare Center” de l’universitée Yonsei de Séoul.
 « La tuberculose est le problème sanitaire le plus grave en Corée du Nord », explique le Dr Stephen Linton « Chaque année, 100 000 Nord-Coréens sont traités pour la tuberculose ; 4 % d’entre eux sont atteints par des souches si virulentes qu’elles résistent aux médicaments habituels ». C’est à ces 4 % que se dédie le Dr Linton,
Si les ONG autorisées par le régime à se rendre au Nord sont rarissimes, lui et son équipe parviennent tous les six mois à visiter 12 centres de soin situés dans plusieurs provinces.
L’ONG parvient à soigner 1 500 Nord-Coréens par an. «Cela ne représente que 20 % des malades », souligne, amer, le Dr Linton. « C’est un simple problème de financement. Techniquement, c’est possible de soigner tout le monde. »
Il met en avant l’excellent taux de guérison de ses patients : 76 %, à comparer au taux moyen de 48 % ailleurs dans le monde. Les dons majoritairement privés et sud-coréens proviennent des églises, des individus et des entreprises. L’identité des donateurs est affichée sur chaque caisse de médicaments donnée de la main à la main aux patients.
De façon surprenante, l’origine souvent confessionnelle de cette assistance ne pose pas de problème à un régime nord-coréen qui s’oppose pourtant violemment à toute pratique religieuse.
« C’est parce que les autorités ont compris la gravité de la crise sanitaire et parce que nous nous tenons à l’écart de la politique, précise Stephen Linton. Notre rôle n’est pas de changer la société nord-coréenne mais d’aider les plus vulnérables. » L’ONG souhaite à présent construire des nouveaux centres de soins pour pouvoir soigner plus de Nord-Coréens.
Les hôpitaux existants sont délabrés et n’ont pas assez de lits. « À chacune de nos visites, il y a plus de patients », constate Stephen Linton.
 « J’ai souvent envisagé d’abandonner », reconnaît le docteur Linton, en évoquant les innombrables obstacles dressés sur sa route depuis vingt ans. Des obstacles qui n’ont pour l’instant pas ébranlé sa détermination.

Source : La Croix du Mercredi 30 mars 2016.

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