31 janvier 1892. Un des plus grands prédicateurs de tous les temps

Le 31 janvier 1892, meurt à Menton le prédicateur baptiste anglais,  C.H. Spurgeon (1834-1893).  Il fut un des plus grands prédicateurs de tous les temps et aussi un écrivain hors du commun.

Image (31 janvier 1892. Un des plus grands prédicateurs de tous les temps )


C'est quelques jours avant ses 16 ans que Spurgeon traversa cette grande expérience qui allait être sa "conversion", et pour laquelle il consacra un chapitre entier de son autobiographie (le 6 janvier 1850).

A propos de cette période de sa vie, pour relater le combat moral qui fut le sien, il écrira:

"J'aimerais mieux devoir supporter la maladie la plus douloureuse pendant sept ans que refaire la découverte terrible du mal du péché".

Très tôt, garçon honnête et droit, il avait cependant réalisé ce qu'était le péché aux yeux de Dieu. Dès l'âge de trois ans, il s'amusait à regarder les images du Pèlerin de Bunyan, portant le fardeau sur son dos. Il comprenait qu'il s'agissait d'un fardeau de péchés. Il savait qu'il portait cet horrible fardeau sur son dos, et ne pouvait s'en débarrasser par lui-même.
Quoiqu'il sût aussi bien que d'autres que "Christ est mort pour nos péchés", il ne voyait aucune application de cette vérité à lui-même.
Malgré tous ses efforts, sa conviction de péché ne fit qu'augmenter et au milieu de tous ces combats pour s'affranchir de ce besoin de salut qu'il éprouvait avec de plus en plus d'acuité, il continuait à chercher et à souffrir. Il confessera plus tard:

"La chose la plus simple de toutes -croire en Christ crucifié, accepter son salut parfait, n'être rien et le laisser être tout, ne rien faire mais se confier en ce qu'il a fait- je ne pouvais me l'approprier."

Cette recherche douloureuse continua au cours de ses années d'école, où si son travail scolaire excellait, son angoisse intérieure était grande. Il assista à des cultes dans différentes églises lors de son séjour à Newmarket, dans l'espoir d'entendre quelque chose qui l'aiderait à se décharger de son fardeau.


C'est au mois de décembre 1849 que Dieu employa un changement de circonstances pour conduire Charles Spurgeon au salut et lui donner la paix.


"Il m'arrive quelquefois de penser que j'aurais pu rester dans l'obscurité et le désespoir jusqu'à aujourd'hui, si Dieu, dans sa bonté, n'avait envoyé une tempête de neige, un certain dimanche matin, tandis que je me rendais à un certain lieu de culte. Je bifurquai dans une petite rue obscure, et entrai dans une petite Eglise méthodiste. Il y avait dans cette chapelle peut-être douze ou quinze personnes. J'avais entendu parler de ces Méthodistes Primitifs, qui chantaient si fort qu'ils vous donnaient mal à la tête. Cela n'avait pas d'importance pour moi. Je voulais seulement savoir comment je pouvais être sauvé.
"Le prédicateur ne put venir ce matin-là, bloqué par la neige, je suppose. Finalement, un homme d'une grande maigreur, un cordonnier ou un tailleur, ou quelque chose de cette sorte, monta en chaire pour prêcher. Il faut, bien sûr, que les prédicateurs soient instruits, mais cet homme, lui, était vraiment primaire. Il ne pouvait pas sortir de son texte pour la simple raison qu'il n'avait pratiquement rien d'autre à dire. Le texte disait:

"Regardez à moi et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre! "(Esaïe 45,22).


"Il ne prononçait même pas les mots correctement, mais cela n'avait pas d'importance. Il me semblait qu'il y avait, dans ce texte, une lueur d'espoir pour moi. Le prédicateur improvisé commença ainsi: "

"Regardez". C'est pas trop compliqué de regarder. C'est pas comme de lever le pied ou le doigt; c'est juste: "Regardez". C'est pas la peine d'avoir fait des études pour apprendre à regarder. Même si vous êtes le plus grand idiot du monde, vous pouvez regarder. Pas la peine de gagner des millions pour regarder. N'importe qui le peut, même un enfant.
"Mais voilà que le texte dit, "Regardez à moi." Hé ! dit-il, avec son accent de l'Essex, beaucoup d'entre vous regardez à vous-mêmes. Mais ça sert à rien de regarder là. Vous trouverez jamais aucun réconfort en vous-mêmes. Certains disent, regardez à Dieu le Père. Non, regardez à lui plus tard. Jésus-Christ dit, "Regardez à moi". Certains d'entre vous disent, "Nous devons attendre que l'Esprit fasse son oeuvre". Vous occupez pas de ça pour l'instant; regardez à Christ. Le texte dit, "Regardez à moi".

"Ce brave homme poursuivit alors de la façon suivante:

"Regardez à moi! Voyez les grumeaux de sang. Regardez à moi! Je suis pendu au bois. Regardez à moi! Je suis mort, enseveli. Regardez à moi! Je suis ressuscité. Regardez à moi! Je monte au ciel. Regardez à moi! Je suis assis à la droite du Père. Oh! pauvre pécheur, regarde à moi! Regarde à moi!

Quand il eut réussi à délayer son discours pendant environ dix minutes, il arriva au bout de ses ressources.
" M'apercevant alors dans l'assistance, et je dois dire qu'avec si peu de gens dans la salle, il devina aisément que j'étais étranger, et fixant son regard sur moi comme s il connaissait la tragédie de mon coeur, il dit:

"Jeune homme, tu as l'air très malheureux."

C'était vrai, mais je n'avais pas été habitué jusque-là à ce qu'on me fasse, depuis la chaire, des remarques sur mon apparence. Quoiqu'il en soit, il s'agissait d'un coup bien envoyé que je reçus en plein coeur. "

Et, continua-t-il, tu seras toujours malheureux -malheureux dans la vie, et malheureux dans la mort -si tu n'obéis pas à mon texte. Mais si tu le fais aujourd'hui, au moment même, tu seras sauvé."

Puis, levant les mains en l'air, il cria comme seul un Méthodiste Primitif pouvait le faire:

«Jeune homme, regarde à Jésus-Christ. Regarde! Regarde! Regarde! Tu n'as rien d'autre à faire qu'à regarder et vivre !"


"Je vis tout de suite le chemin du salut. Je ne sais pas ce qu'il dit ensuite -je n'y prêtais guère attention -tant j'étais possédé par cette unique pensée. Je m'étais attendu à devoir faire trente-six choses mais, lorsque j'entendis ce mot, "Regarde !", comme il me parut charmant! Oh ! Je regardai, et je regardai presque jusqu'à en perdre les yeux.
"En cet endroit, et à cet instant précis, le nuage disparut, l'obscurité s'enfuit, et à ce moment-là je vis le soleil. J'aurais pu me lever à l'instant même, et chanter, avec le plus enthousiaste d'entre eux, le précieux sang de Christ et la simple foi qui porte les regards sur lui seul. Oh, si quelqu'un m'avait dit auparavant: "Confie-toi en Christ, et tu seras sauvé". Pourtant, tout était sans aucun doute sagement ordonné, et je puis le dire maintenant:

"Depuis que par la foi je vis le flot
Qui coule de tes blessures,
Je parle de l'amour rédempteur,
Et j'en parlerai jusqu'à ce que je meure... "


"Cet heureux jour, où je trouvai le Sauveur, et appris à me cramponner à ses pieds adorés, jamais je ne l'oublierai. J'écoutai la Parole de Dieu, et ce texte précieux me conduisit à la croix de Christ. Je peux affirmer que je connus ce jour-là une joie absolument indescriptible. J'aurais pu sauter, j'aurais pu danser; aucune extériorisation, même fanatique, n'aurait pu dépasser la joie de ce moment-là. Depuis, mon expérience chrétienne s'étale sur de nombreuses années, mais pas un seul jour ne m'a donné la plénitude de joie, le délice étincelant, de ce premier jour.
"J'aurais pu sauter de mon siège et crier avec le plus fanatique de ces frères méthodistes:

"Je suis pardonné! Je suis pardonné! Quel monument de grâce! Un pécheur sauvé par le sang !"

Mon esprit vit ses chaînes brisées en mille morceaux. Je me sentis une âme affranchie, un héritier du ciel, pardonné, accepté en Jésus-Christ, arraché de la fosse de destruction et du bourbier, mes pieds ancrés sur un roc et mon devenir bien établi.
"Dans les deux heures entre mon entrée dans ce temple et mon retour à la maison, quel changement s'était produit en moi! En regardant simplement vers Jésus, j'avais été délivré du désespoir, et amené dans une telle joie que lorsque la famille me vit rentrer, ils me dirent:

"Quelque chose de merveilleux t'est arrivé",

et je brûlais de tout leur raconter. Oh! quelle joie ce jour-là chez nous, quand tous entendirent que le fils aîné avait trouvé le Sauveur et se savait pardonné !"


La conversion de Spurgeon fut le grand tournant de sa vie. II était véritablement

"une nouvelle création".

Ce terrible fardeau oppressant qui, si longtemps, avait pesé sur lui, avait disparu, et maintenant tout était nouveau devant lui.
La souffrance par laquelle il passa eut, toutefois, un effet durable sur lui. Une prise de conscience de l'extrême horreur du péché s'enracina profondément dans son esprit, et lui fit haïr l'iniquité et aimer de tout son coeur la sainteté. L'incapacité des prédicateurs qu'il avait entendus à présenter l'Evangile, et cela d'une manière simple et directe, le poussa durant tout son ministère à expliquer aux pécheurs, dans chaque sermon, et de la manière la plus directe et la plus compréhensible possible, comment être sauvé.

Il fut baptisé le 3 mai 1850.

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