7 mars 1527. Perrette Bade "Femme savante"

publié le 7 March 2020 à 00h01 par José LONCKE

7 mars 1527. Perrette Bade
Dans la dynastie d'imprimeurs que furent les Estienne, Robert Estienne (1503-1559) représente la deuxième génération. Robert Estienne est le fils d'Henri. Sa mère épousa en secondes noces Simon de Colines, en 1521, et Robert Estienne travailla quelques années en association avec son beau-père. En 1526, Simon de Colines ouvrant sa propre imprimerie, Robert Estienne se retrouve à la tête de l’imprimerie familiale. Il garde la marque de l’olivier – inspirée par sa grand-mère Laure de Montolivet – et ajoute une devise qui est une citation de l’apôtre Paul : « noli altum sapere » (Romains 11, 20) qu’il complète parfois avec la suite du verset « sed time » et que l’on peut traduire par « Ne t’élève point par orgueil, mais crains ». Robert Estienne fait ainsi preuve d’humilité intellectuelle.

Le 9 juillet 1526, Robert Estienne épouse Perrette Bade (1503-1505 à 1546-1547), fille de l’ éditeur et érudit flamand Josse Bade (établi rue Saint-Jacques), natif d’Asch près de Bruxelles, qui fut l’un des auteurs de la révolution typographique qui fit abandonner les caractères gothiques au profit du latin, et qui fit donner une solide instruction à sa fille.

Un cadeau de mariage pour imprimeurs

Un exemplaire des Heures de 1525 de Tory est conservé à la BNF. Il a été offert en cadeau de mariage à Robert Estienne et Perrette Bade.

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Il se distingue par son extraordinaire page de titre enluminée, attribuée à Étienne Colaud et représentant un atelier d’imprimerie. Les initiales R et P dans le cœur suspendu entre les montants de la presse pourraient être celles des héritiers de deux célèbres familles d’imprimeurs parisiens, Robert Estienne et Perrette Bade (fille de Josse), qui se marient en juillet 1526.

Simon de Colines, l’imprimeur de ces Heures, était le beau-père de Robert Estienne : alors qu’il remet au jeune homme les rênes de l’entreprise familiale, il est sans doute à l’origine de ce cadeau, enrichissant une réalisation dont il était fier d’une image à la gloire de l’imprimerie rendant aussi hommage au père de la mariée (car c’est la marque de Josse Bade qui a servi de modèle à l’enlumineur).

Perrette Bade lui donnera neuf enfants. Elle meurt aux environs de 1546-47. Négligés par un père trop occupé, les enfants du couple doivent leur éducation à leur mère. En effet, elle parle le latin de Virgile et Cicéron avec ses enfants. Elle organise des séances de théâtre des pièces d’ Euripide traduites du grec en latin.

Elle enseigna elle-même les éléments du latin à ses domestiques, de sorte que dans la maison d'Estienne, il n'y avait personne qui n'entendît et ne parlât cette langue avec facilité. En effet tout le monde mettait la main à la patte quand il fallait corriger les épreuves des ouvrages en latin produit par l’imprimerie Estienne.



Robert Estienne quitta la société de Colines vers 1526, et établit une imprimerie sous son nom, dans le même quartier qu'avait habité son père. Le premier ouvrage qu'il mit sous presse fut les « Partitions oratoires » de Cicéron, portant la date du 7 des calendes de mars 1527.

Depuis cette année jusqu'à sa mort, il ne s'en passa aucune sans qu'il fît paraître quelques nouvelles éditions des classiques, supérieure à toutes les précédentes, et la plupart enrichies de notes et de préfaces pleines d'intérêt.

- la Bible en latin à partir de 1528 ;

-les textes, plusieurs fois réédités, de nombreux auteurs latins, parmi les grands classiques, les poètes  :
Perse (1527),
Térence (1529),
Virgile (1532),
Horace (1533),
Juvénal (1544),
les prosateurs Cicéron (1526)
Pline le jeune (1529),
Quintilien (1542), César (1544),
et Salluste (1544)
mais aussi Donat et Priscien (1526)
et encore Melanchton (1526),
Linacre (1527),
Erasme sur Valla (1530),
Perotti (1531), Bèze (1548)
etc...

On reconnaît généralement la grande qualité de ces éditions. On dit que, pour s'assurer davantage de la correction des ouvrages qu'il imprimait, il en affichait les épreuves en promettant des récompenses à ceux qui y découvriraient des fautes

De nombreux humanistes fréquentent la maison familiale de la rue Saint Jean de Beauvais : Turnèbre, Danès, Vatable et Denys Lambin (dont la sage lenteur des travaux a donner le verbe lambiner).

Dans un livre parut en 2020 (« Femmes savante, Les Belles Lettres ») il est écrit : « Perrette Bade grâce à qui nous sont parvenus les premiers textes imprimées de l’antiquité ».

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