30 novembre 1932. La peinture de Melchers et la Bible

Julius Gari Melchers (1860-30 novembre 1932) représente un nombre important d'artistes américains du début du 20e siècle qui gagnaient leur vie grâce à leur art et méritaient leur réputation.

Alors qu'ils produisent un immense corpus d'oeuvres, la plupart comme Melchers, sont éclipsés de la même manière que Sargent et Cassatt.

Julius Gari Melchers est né le 11 août 1860, dans une famille respectueuse des arts. Son père, Julius Melchers, était un sculpteur né en Allemagne et élève de Carpeaux. le jeune Melchers reçut sa première instruction de son père, qui était "un maître exigeant de la vieille école".
À dix-sept ans, Melchers étudie la peinture à l'école royale des Beaux-Arts de Düsseldorf, en Allemagne.
Il poursuit sa formation à l'Ecole des Beaux-Arts et à l'Académie Julian à Paris en 1881, étudiant sous Jules Lefebvre et Gustave Boulanger.

Alors qu’il était encore étudiant, Melchers tomba sous le charme des peintres naturalistes français dirigés par Jules Bastien-Lepage (1848-1884).

En 1884, Melchers rejoint un autre expatrié américain, George Hitchcock (1850-1913), à Egmond-aan-Zee, en Hollande. Les deux artistes se sont binstallés dans cette colonie d'artistes et ont acquis une réputation de chroniqueurs de la vie paysanne néerlandaise. Sur le plan thématique et stylistique, les deux artistes ont été inspirés par un groupe d'artistes néerlandais contemporains, connus collectivement sous le nom de peintres de l'école de La Haye.

La peinture phare de Melchers, "The Sermon", 1886, a été peinte à Egmond, en Hollande. Elle a retenu l'attention du Salon à Paris en 1886. 
C'est une toile monumentale dans laquelle Melchers peint une jeune paysanne qui s'est endormie lors d'un service religieux dans une Eglise protestante d'Hollande. "Le Sermon" peut désigner tout le service religieux, ou seulement le prédication sur un texte biblique. On remarque les Bibles ouvertes (tradition protestante oblige) et sur le mur à gauche, les instruments nécessaires à la collecte des offrandes. 

Un accent particulier a été mis sur les détails descriptifs et narratifs. Cette caractérisation honnête de la vie de la classe ouvrière est devenue l'un des exemples les plus aimés du naturalisme rustique.

File:Gari Melchers - The Sermon (1886).jpg
"Le sermon"

"Le chef de chœur" l'a suivi, ce qui lui a valu un auditoire international, notamment en Amérique et en Allemagne, où le sentiment pour la piété et l'éthique de la classe paysanne était élevé.
The Choirmaster
"Le chef de choeur"

C'est à peu près à cette époque que Melchers commença la représentation de sujets bibliques dans une perspective contemporaine. "La Nativité" est le meilleur exemple de son travail dans ce genre.
Dans un style réaliste et humaniste, nous voyons Joseph contemplant l’enfant rayonnant et Marie allongée au sol à son côté dans un état d’épuisement - pas d’animaux, pas de mages ni bergers ni chœur d’anges - mais un sens du calme et du mystère, de la réflexion. Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? Qui va entrer par la porte ? Ils sont seuls, mais il y a l’enfant qui vient de naître…

The Nativity
"La nativité"

S'appuyant sur son association avec le peintre symboliste français Puvis de Chavannes, Melchers a commencé à investir des scènes de la vie quotidienne avec des connotations spirituelles ("La Mariée").

"La mariée"

Melchers décrit des paysages d’inspiration impressionniste comme "La Wartbourg", en s’appuyant sur ce qui allait devenir un sujet de prédilection dans ses dernières années. "La Wartbourg", représentant le château où Luther a traduit le Nouveau Testament en allemand (1523)
The Whartburg
"La Wartburg"

Melchers aspirait à s'échapper de la ville pour une retraite pastorale identique à celle qu'il avait connu en Hollande. Il a trouvé cette retraite à Belmont, dans le domaine du 18e siècle à Falmouth, en Virginie, près de Fredericksburg. Melchers va y peindre de nombreux paysages ("Eglise Saint-Georges").

St. George's Church
"Eglise Saint-Georges"


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