11 juillet 1761. Phillis Wheatley, première poétesse noire américaine de renom

11 juillet 1761. Phillis Wheatley, première poétesse noire américaine de renom
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Phillis Wheatley (1753-1784) est une figure émouvante. Elle est née en 1753 dans l’actuelle Gambie ou Sénégal. Elle est vendue par un chef local et emmenée à Boston dans la colonie britannique du Massachusetts, le 11 juillet 1761, sur un négrier appelé « Phillis ». d’où son prénom. Elle est achetée par les Weatley qui la sélectionnent et la séparent des autres esclaves et lui donnent une excellente éducation (comme les autres esclavages elle portera le nom de famille de ses maîtres).

Phillis (ou Phyllis) Wheatley est la première poétesse noire américaine de renom. La jeune esclave noire exprima en effet dans ses poèmes la joie de la foi qu’elle avait reçue et son enthousiasme pour le Révolution américaine.

Son livre « Poems on Various Subjects » a été publié en 1773, trois ans avant le début de la Révolution américaine.

Cependant, elle mourut dans la misère : pour les Africains transplantés, la route serait encore longue.


Voici un exemple d’un poème sur l’esclavage :

« Sur mon transport d’Afrique en Amérique »

C’est la grâce qui m’a tirée de mon pays païen,

Et a fait comprendre à mon âme enténébrée

qu’il existe un Dieu et aussi un Sauveur.

Avant je ne désirais ni ne connaissais la rédemption (1).

Certains voient notre race sombre d’un œil méprisant :

« Leur couleur est un teint diabolique. »

Chrétiens, souvenez-vous que, noirs comme Caïn, les Nègres

Peuvent être purifiés et rejoindre la cohorte des anges.

(1) : Le mot a ici le double sens de rédemption (par le Christ) et d’affranchissement (rachat de l’esclavage), de même que la noirceur ou le sombre représentent à la fois l’ignorance et le péché originel.


En 1770, elle écrivit un hommage poétique au calviniste Georges Whitefield, le prédicateur du grand réveil, qui avait eu une large audience à Boston.



Salut, heureux Saint, sur ton trône immortel!

Pour toi, plaintes et souffrances sont inconnues;

Nous n'entendons plus la musique de ta langue,

Tes auditeurs habituels cessent de se presser.

Tes enseignements aux accents inégalés s ‘écoulaient!

Pendant que la ferveur s’accroissait dans chaque cœur ;

Tu as su, par ton éloquence profonde,

Enflammer l'âme et captiver l'esprit.

Malheureux que nous sommes, qui déplorons le coucher du soleil!

Ce qui était autrefois magnifique, ne brille plus ;

Il a quitté cette terre pour la hauteur incalculable du Ciel,

Mondes inconnus, recevez-le loin de nos yeux;

Là, Whitefield s’envole, il poursuit rapidement son chemin,

Et navigue vers Sion, à travers l’immense mer du temps.



...Pour l'Amérique - pouvais-tu faire plus

Que de quitter ta maison natale, la côte britannique,

Pour prendre la route du grand Atlantique,

Pour voir la détresse dans laquelle demeurait l'Amérique?

Tes prières, grand saint, et tes cris incessants,

Ont percé ton ciel natal!

La lune a vu, et les brillantes étoiles de lumière

Ont été témoins de ses demandes nocturnes !

Il a prié pour que la grâce demeure dans chaque cœur ...



Il a offert ce qu'il avait lui-même reçu,

Le plus grand cadeau que Dieu peut donner :

Il a pressenti le besoin que chacun avait ;

Rien de moins que le Fils de Dieu égal au Père!

Prenez-le, misérables pour seul bien;

Prenez-le, vous les âmes affamées, pour nourriture.

Vous avez soif, venez au fleuve de la vie:

Vous les prédicateurs, prenez-le avec joie comme sujet de vos sermons:

Prenez-le, "mes chers américains", disait-il,

Posez vos plaintes dans son aimable sein :

Prenez-le, vous africains, il soupire après vous;

Sauveur de tous, voilà le titre qui lui est dû;

Si vous choisissez de marcher sur le chemin de la grâce,

Vous serez fils, rois et sacrificateurs de Dieu...




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