12 septembre 1874. François Guizot , Bible et foi chrétienne

12  septembre 1874. Mort de François Guizot (1787-1874). Voici les belles paroles qui terminent la préface du troisième et dernier tome de ses « Méditations sur la religion chrétienne » (1868) :

« J’ai beaucoup vu et un peu agi dans ma longue vie. J’ai pris part aux affaires du monde. Je l’ai quitté et ne fais plus que le contempler. Depuis vingt ans, j’essaye mon tombeau. J’y suis descendu vivant, et n’ai point tenté d’en sortir. J’ai à a fois l’expérience et le détachement. S’il m’était donné d’être encore de quelque service pour les deux grandes causes qui, à mes yeux, n’en font qu’une, la cause de la foi chrétienne dans les âmes et celle de la liberté politique dans mon pays, j’attendrais avec reconnaissance, au sein de mon repos, cette aurore du jour éternel que « les insensés appellent le mort », dit Pétrarque. »

Historien et homme d’état, ministre des Affaires Étrangères de Louis-Philippe, il sera l’artisan d’une première entente cordiale avec l’Angleterre de Victoria. Il fut un conseiller écouté des protestants français.

Membre la Société biblique protestante de Paris dès 1827 et vice-président de 1829 à 1855, il en assure ensuite la présidence durant 13 années, jusqu’en 1868.

« Le monument est quelquefois obscur, difficile à pénétrer, à sonder, à expliquer ; mais Dieu s’y fait partout voir, entendre, sentir [...]. La lecture habituelle des Livres saints préserve les peuples du plus grand des périls ; elle les empêche d’oublier Dieu ; elle a cette vertu que Dieu demeure pour eux, non pas une idée, un nom, un système de philosophie, le mot d’une énigme, mais le Dieu réel et vivant, sous les yeux duquel ils vivent constamment eux-mêmes au milieu des luttes et des chutes de la terre. »
Assemblée générale de la Société biblique, 1856

« Loin de blâmer le zèle religieux qui travaille à répandre partout sa foi, je le regarde comme parfaitement naturel, légitime, louable. Il est inhérent à la conviction religieuse et à la liberté religieuse […] Dans le public, l’esprit de propagande religieuse inspire, dès qu’il se manifeste, un sentiment d’alarme. On croit voir renaître l’intolérance et la discorde. On voudrait la foi et les mœurs religieuses, mais sans ardeur, ni effort d’expansion. On les voudrait vivantes, mais endormies. Cela ne se peut, Messieurs; il faut choisir ; si vous voulez que la foi soit réelle et puissante, consentez à la voir active, expansive ; acceptez la manifestation sociale de la vie religieuse, si vous sentez le besoin que la vie religieuse fortifie et épure la société.»
Assemblée générale de la Société biblique, 1859

On lui doit l’idée de la Fête de la Réformation, le dimanche le plus proche du 31 octobre.

Image (12  septembre 1874. François Guizot , Bible et foi chrétienne)

Fête de la Réformation
Exclusivement protestante, la fête de la Réformation rappelle le jour où Luther a affiché ses 95 thèses (le 31 octobre 1517), geste qui marqua le point de départ de la Réforme.


Les protestants aiment rappeler en ce jour  les grands principes de la Réforme :
Rien que la Bible, ce qui veut dire que la Bible, est la seule source de vérité pour le croyant (et non pas la tradition d’une église).
Rien que Jésus-Christ, ce qui veut dire que notre seul intermédiaire avec Dieu, c'est son fils Jésus-Christ, à la fois Dieu et homme. Cette relation directe entre Dieu et le chrétien implique aussi la reconnaissance que seul Jésus-Christ peut sauver l'homme du péché qui est sa condition actuelle, conséquence de la chute d’Adam.
Rien que la Grâce, ce qui veut dire que ce n’est pas, par les bonnes œuvres que l’on est pardonné et sauvé, mais seulement par la grâce de Dieu, donnée gratuitement par Jésus-Christ.
Rien que la Foi, ce qui signifie que quiconque croit en Jésus, Fils de Dieu mort pour le péché des hommes et ressuscité, peut être sauvé, et qu’il n’a pas besoin d’accomplir un certain rituel pour recevoir ce salut, obtenu par la foi.

 VOIR AUSSI : 12 septembre 2003

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