14 septembre 1530. Metsys et les martyrs de Louvain

publié le 14 September 2020 à 00h01 par José LONCKE

14 septembre 1530. Metsys et les martyrs de Louvain

Quentin Metsys (né en 1466 à Louvain, mort en 1530 à Anvers le 14 septembre) est un peintre flamand du mouvement artistique des primitifs flamands, l'un des pionniers de l'école d'Anvers.

Son prénom et son nom sont orthographiés de plusieurs manières : Quinten ou Kwinten, Massys, Metsys ou encore Matsijs. Quentin Metsys peut être considéré comme le dernier grand peintre de l'école primitive flamande.
Il eut comme maître Dirk Bouts et comme élève Joachim Patinir. 
On peut contemplé son tableau, « Le changeur et sa femme » de Quentin Metsys  au Musée du Louvre. 


La femme lit un Livre d'heures, un ouvrage religieux pour les laïcs : c'est déjà l'affirmation protestante de la possibilité pour tout un chacun de mener une vie correcte en étudiant soi-même la religion.

Metsys entretenait des liens avec les peintres allemands dont Holbein et Dürer, qui se déplaça à Anvers pour le rencontrer, en 1520. Son portrait d’Érasme de Rotterdam, daté de 1517 servira de référence pour celui d'Holbein.

En 1543, à Louvain, 42 habitants de Louvain, dont Catherine Metsys, la sœur du peintre ont été arrêtés. Catherine fut enterrée vivante devant la cathédrale pour avoir lu la Bible et son mari, le sculpteur Jean Beyaerts fut décapité : il avait décroché dans une église une peinture représentant le purgatoire. Leurs biens furent confisqués.

Une autre femme va être enterrée vivante, Antoinette Haveloos, née van Roesmals, une femme de 52 ans que l’on considérait comme l’âme de la Réforme à Louvain. Antoinette van Roesmals, réunissait chez elle des protestants comme Albert Hardenberg, Paul de Rovere, Goris Stockx, Joos von Honsbergen, Johannes a Lasco (premier prêtre polonais à se marier en épousant la flamande Barbara), et d'autres encore.

Antoinette était considérée comme l’âme de la Réformation à Louvain : « Sur toutes choses, elle était adonnée à lire, et méditer la Sainte Écriture et par icelle à s’informer de la volonté de Dieu... » Mais l'accusation principale portée contre elle était d'avoir laissé se dérouler chez elle des assemblées religieuses. Les actes du Procès relatent que,
« 
Antoinette van Roesmals possédait aussi différents livres. Il lui fut demandé quels ouvrages elle avait lus ces dernières vingt années, et combien elle en gardait dans sa demeure. Elle répondit qu'elle avait le Nouveau Testament, la Bible et un exemplaire de (la vie de...) ainsi que des écrits de Luther, un recueil de documents liturgiques suivis d'une courte exégèse... »

En 1529, un nouvel édit de Charles Quint, avait interdit la lecture des écrits de Luther, l'assistance aux réunions « hérétiques », même la possession d'un Nouveau Testament non autorisé ; le coupable sera condamné à mort : « à savoir les hommes par l'épée, les femmes par la fosse, les relaps par le feu. » Condamné à mort "par la fosse" signifiait : être enterrée vive. C'était le châtiment que les romains infligeaient aux vestales qui n'étaient pas restées chastes (alors qu'elles n'avaient pas choisi d'être vestales puisqu'elles étaient désignées comme telle vers l'âge de 6 ans).

Avant d’être condamnée, Antoinette avait déclaré sous serment que Gérard Mercator, le célèbre cartographe n’avait jamais assisté aux réunions publiques protestantes. Pour cette raison, après sept mois de détention, Mercator fut libéré mais tous ses biens furent confisqués. Il peut s’enfuir en Allemagne à Duisburg, où régnait une grande tolérance religieuse. Il deviendra le plus grand cartographe de son temps en inventant une projection cartographique encore utilisée aujourd’hui. Il décédera à l’âge de 82 ans.

Le fils de Quentin Metsys Jan Metsys (1510-1575), fut banni d’Anvers, accusé d’avoir des sympathie pour le protestantisme. Le fils de Jan, Quentin Metsys le Jeune (1543-1589), était un artiste de la cour Tudor, et le portrait crible d'Elizabeth I d'Angleterre. Il avait fui la persécution religieuse qui sévissait à Anvers.

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Source : Les Martyrs de Louvain, BSHP, vol 25, N°6 (1876), pp 241-258.

Christian Defebvre, « Mercator accusé d’hérésie », L’Indicateur, 18 mars 2020.

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