17 décembre 1807. Whittier et les vaudois

publié le 17 December 2020 à 00h01 par José LONCKE

17 décembre 1807. Whittier et les vaudois

17 décembre 1807. Whittier et les vaudois
John Greenleaf Whittier (1807–1892), né à Haverhill (Massachusetts), le 17 décembre 1807 et mort à Hampton Falls, New Hampshire, le 7 septembre 1892, était un poète quaker nord-américain renommé et un ardent défenseur de l'abolition de l'esclavage. Il appartient au groupe connu sous le nom de Fireside Poets (poètes au coin du feu).
« The vaudois teacher » un des premiers poèmes de Whittier,

Il a été traduit en français sous le titre Le Colporteur Vaudois, par le professeur Guillaume de Felice de Montanban et édité par Alexandre Vinet dans « Chrestomathie française ou choix de morceaux tirés des meilleurs écrivains français  ( 4ème éditions, 1848,  p 380-381).
De la version française Giovanni Nicolini tira une version italienne, la qui seule connue des vaudois, et qui devint un chant domestique,connu par cœur par tous. Mais personne ne savait que  l’auteur était américain. En 1875, JC Fletcher, pasteur  américcain communiqua  l’information au synode vaudois à Torre Pellice. Le modérateur du synode , le pasteur Charbonnier, écrivait le 13 septembre 1875 à Whittier une lettre de remercîment au nom des vaudois.

De quoi s'agit-il  ?

A côté d'une oeuvre de consolidation et de consolation des croyants, les Barbes (responsables) vaudois accomplissaient une autre oeuvre plus directement missionnaire, auprès des non-croyants, ou de ceux qu'ils voyaient encore attachés aux superstitions romaines.
Pour accomplir plus sûrement ce ministère périlleux, ils se présentaient comme chirurgiens ou comme connaissant les vertus médicales des simples, pour avoir étudié les plantes aromatiques de leurs montagnes. Mais, plus souvent, ils prenaient l'aspect de colporteurs, de merciers ambulants et pouvaient ainsi pénétrer jusque dans les manoirs, où ils étaient accueillis par les châtelaines, curieuses de rompre l'ennui de leurs longues journées d'isolement.

Tout en étalant le contenu de sa balle de marchandises, le colporteur donnait les nouvelles de ce qui se passait par le monde. Enfin, lorsqu'il avait acquis la confiance de ses hôtes, il leur parlait de la perle de grand prix, et, sur leur demande, il leur montrait le précieux petit livre en parchemin, leur en lisait quelques chapitres et leur en exposait le contenu.

Cette scène souvent répétée, nous la connaissons dans tous ses détails, grâce à la diligence de l'inquisiteur de Passau, qui avait saisi la scène sur le vif, à moins qu'il n'en ait extorqué la confession de plus d'une de ces nobles dames.
Son récit a été reproduit en 1830, dans les beaux vers de Whittier.


Le colporteur vaudois (des vallées protestantes du Piémont)
Ballade imitée de l’anglais (Whittier) par G. de felice

Oh ! regardez, ma belle et noble dame, ces chaînes d’or, ces joyaux précieux.
Les voyez-vous, ces perles dont la flamme effacerait un éclair de vos yeux ?
Voyez encor ces vêtements de soie qui pourraient plaire à plus d’un souverain.
Quand près de vous un heureux sort m’envoie, achetez donc au pauvre pèlerin.

La noble dame, à l’âge où l’on est vaine, prit les joyaux, les quitta, les reprit,
Les enlaça dans ses cheveux d’ébène, se trouva belle, et puis elle sourit.
Que te faut-il, vieillard ? Des mains d’un page dans un instant tu vas le recevoir.
Oh ! pense à moi, si ton pèlerinage te reconduit auprès de ce manoir.

Mais l’étranger, d’une voix plus austère, lui dit : Ma fille, il me reste un trésor
Plus précieux que les biens de la terre, plus éclatant que les perles et l’or.
On voit pâlir, aux clartés dont il brille, les diamants dont les rois sont épris.
Quels jours heureux luiraient pour vous, ma fille, si vous aviez la perle de grand prix !

Montre-la-moi, vieillard, je t’en conjure, ne puis-je pas te l’acheter aussi ?
Et l’étranger, sous son manteau de bure, chercha longtemps un vieux livre noirci.
Ce bien, dit-il, vaut mieux qu’une couronne, nous l’appelons la Parole de Dieu.
Je ne vends pas ce trésor, je le donne. Il est à vous, le Ciel vous aide, adieu.

Il s’éloigna. Bientôt la noble dame lut et relut le livre du Vaudois.
La vérité pénétra dans son âme, et du Sauveur elle entendit la voix.
Puis, un matin, loin des tours crénelées, loin des plaisirs dont le monde est épris,
On la trouva dans les humbles vallées où les Vaudois adoraient Jésus-Christ.


Voici le texte original de Whittier :

O LADY fair, these silks of mine are beautiful and rare,—
The richest web of the Indian loom, which beauty’s queen might wear;
And my pearls are pure as thy own fair neck, with whose radiant light they vie;
I have brought them with me a weary way,—will my gentle lady buy?”
 
The lady smiled on the worn old man through the dark and clustering curls
Which veiled her brow, as she bent to view his silks and glittering pearls;
And she placed their price in the old man’s hand and lightly turned away,
But she paused at the wanderer’s earnest call,—“My gentle lady, stay!
 
“O lady fair, I have yet a gem which a purer lustre flings,
Than the diamond flash of the jewelled crown on the lofty brow of kings;
A wonderful pearl of exceeding price, whose virtue shall not decay,
Whose light shall be as a spell to thee and a blessing on thy way!”
 
The lady glanced at the mirroring steel where her form of grace was seen,
Where her eye shone clear, and her dark locks waved their clasping pearls between;
“Bring forth thy pearl of exceeding worth, thou traveller gray and old,
And name the price of thy precious gem, and my page shall count thy gold.”
 
The cloud went off from the pilgrim’s brow, as a small and meagre book,
Unchased with gold or gem of cost, from his folding robe he took!
“Here, lady fair, is the pearl of price, may it prove as such to thee!
Nay, keep thy gold—I ask it not, for the word of God is free!”
 
The hoary traveller went his way, but the gift he left behind
Hath had its pure and perfect work on that high-born maiden’s mind,
And she hath turned from the pride of sin to the lowliness of truth,
And given her human heart to God in its beautiful hour of youth!
 
And she hath left the gray old halls, where an evil faith had power,
The courtly knights of her father’s train, and the maidens of her bower;
And she hath gone to the Vaudois vales by lordly feet untrod,
Where the poor and needy of earth are rich in the perfect love of God!


Tourn Giorgio Les Vaudois, l'étonnante aventure d'un peuple-église Tournon/Turin Réveil/Claudiana 1980 p.43-44
Whittier, Œuvres complètes.

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