19 novembre 1556. Jean de Léry vers le nouveau monde

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Jean de Léry (1534-1613), né vers 1534 à La Margelle, en Bourgogne, apprend le métier de cordonnier. Le 19 novembre 1556, âgé de 22 ans il fait parti du petit groupe de protestants (14) qui quitte Honfleur pour participer au projet de l’Amiral de Coligny : établir un établissement français au nouveau monde, dans l'actuelle baie de Rio de Janeiro  (1562-1565).

Il y reste du dimanche 7 mars 1557 au 4 janvier 1558. La concorde religieuse semble d'abord régner et le 21 mars a lieu la première célébration  de la Cène au Brésil. Mais en octobre, les protestants sont chassés de l'île Coligny et doivent partager la vie des Indiens Tupinambas, avant d'être définitivement expulsés du Brésil. Ces quelques mois passés dans l'intimité d'anthropophages marquent profondément Léry, déchiré entre son admiration des « sauvages » et son rejet du paganisme.

 À son retour, Jean de Léry se marie avec Jeanne Rachel le 28 mai 1559 à Genève. Il devient pasteur à Nevers, puis à la charité-sur-Loire.
Ses amis le prient d'écrire un livre pour conter ses expériences, mais il perd deux fois le manuscrit après l'avoir prêté à des amis pour qu'ils le lisent. Il ne le publie qu'en 1578, sous le titre « Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil ». L'ouvrage se présente d'abord comme une réponse à André Thevet qui rejetait la responsabilité de l'échec de la colonie en France Antarctique sur les protestants.
À son retour en France, pendant les guerres de religions, il doit se réfugier à Sancerre après le massacre de la Saint-Barthélemy, en 1572. Il y connaît la famine lorsque la ville est assiégée par les catholiques l'année suivante. Il est notamment le spectateur d'une scène d'anthropophagie où un couple affamé en vient à manger son enfant, qui lui rappelle les scènes de cannibalisme qu'il a pu observer lors de son séjour au Brésil. Ces événements sont relatés dans l'Histoire mémorable du siège de Sancerre , que Léry fait publier en 1574.
Après avoir exercé son ministère dans diverses paroisses de la Bourgogne, Léry termine sa vie comme pasteru dans le pays de Vaud, à Aubonne puis à l’Isle, où il meurt de lapeste entre le 26 février et le 6 mai 1613.

Longtemps méconnue, l'œuvre de Jean de Léry a bénéficié d'un regain d'intérêt, notamment grâce à l'éloge qu'en a fait Claude Lévi-Strauss dans Tristes Tropiques et à l'étude fondatrice que lui a consacrée Michel de Certeau dans L'écriture de l'Histoire. Frank Lestringant, spécialiste de la littérature de voyage, a accordé une large place aux ouvrages de Jean de Léry comme à ceux d'André Thevet.

 

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