Elle arrive un peu essoufflée, accompagnée de ses deux grands adolescents. Sur le parking, elle s’excuse : « Ils ne voulaient pas venir. » Pendant tout le trajet, explique-t-elle, ils ont râlé et critiqué. En réalité, ils étaient absorbés par leur console de jeux et n’avaient aucune envie de quitter l’écran pour venir au club.

Une fois les jeunes accueillis par leurs animateurs, la maman reste quelques minutes avec nous. Elle pose alors une question simple, mais lourde d’inquiétude : « Comment je fais, moi ? » Nous évoquons la possibilité de, peut-être, s’appuyer sur son conjoint. À ces mots, les larmes montent. « Mon mari est tout aussi accro aux jeux qu’eux… »
Ce jour-là, plus qu’un conseil, elle avait besoin d’un lieu pour parler. Nous l’avons alors invitée à venir à l’un des Cafés des parents que propose l’AFPM 95 (Association Familiale Protestante Maranatha dans le Val-d’Oise).
Ces rencontres ne se veulent surtout pas magistrales. Autour d’un café, parents, futurs parents ou grands-parents prennent le temps d’échanger sur leurs réalités quotidiennes. Leurs interrogations révèlent combien les questions éducatives traversent toutes les familles.
Une maman y raconte sa souffrance face à son fils, très opposant avec elle. « Avec les autres, il peut être correct, mais avec moi, c’est toujours la confrontation », dit-elle, profondément blessée. En l’écoutant, d’autres parents reconnaissent des situations proches : ces moments où l’on se demande si l’on a fait quelque chose de travers et où la culpabilité s’installe.
Si les mamans osent partager leurs doutes et sentiments, les papas sont plus en retrait sur les sujets « ados » alors que leurs questionnements sont les mêmes. Ils sont par contre davantage présents sur les thématiques de la petite enfance.
Dans ces cafés, il ne s’agit pas d’apporter des réponses toutes faites, mais souvent, le simple fait d’entendre d’autres parents dire « nous aussi, nous traversons cela » change le regard. Certains repartent avec une piste concrète, d’autres soulagés d’avoir pu parler sans jugement. Les mots entendus lors de ces rencontres résument bien leur état d’esprit : « J’ai appris à relativiser ma situation », confie un parent. Un autre ajoute : « Nous ne sommes pas seuls. On galère tous à des degrés différents, mais ce n’est pas insurmontable. »
Des pistes de ressources documentaires sont bien sûr proposées, tirées de la littérature des réseaux d’accompagnement parental du département. Quelques mots d’encouragement issus des textes bibliques y sont également partagés. Peut-être est-ce là l’essentiel. Dans un quotidien familial exigeant, ces temps permettent de reprendre son souffle, de réfléchir ensemble et de se rappeler qu’on ne naît pas parent : on le devient, pas à pas, au fil des aventures de la vie familiale.