
Salut les amis, c’est Pip. Aujourd’hui, il s’est passé quelque chose de très étrange dans notre maison. L’air ne semblait plus tout à fait le même, comme s’il était chargé d’un secret électrique, à la fois pétillant et un peu lourd.
Léa est revenue de l’école le visage tout barbouillé d’émotions. Elle est venue s’asseoir par terre, juste à côté de ma cage, et elle a plongé ses mains dans ma litière, faisant crisser les copeaux de carton entre ses doigts. C’est ce qu’elle fait quand elle a besoin de réfléchir très fort.
« Pip… », m’a-t-elle chuchoté, la voix un peu tremblante… « Papa et Maman m’ont dit qu’un bébé allait arriver. Dans quelques mois, je vais être une grande sœur. » J’ai arrêté de grignoter ma graine pour l’écouter. Dans ses yeux, j’ai vu une étincelle de joie, comme un feu d’artifice, mais juste derrière, il y avait une grande ombre : l’angoisse.
Elle m’a confié qu’elle avait peur. Elle se demandait si ses parents allaient l’aimer « deux fois moins » pour garder une moitié d’amour pour le bébé. Elle avait peur de devenir invisible, comme une vieille peluche oubliée au fond d’un coffre.
Moi, du haut de ma petite plateforme, j’ai regardé Léa. J’ai repensé à ma propre litière. Quand on rajoute des copeaux de carton dans ma cage, l’espace ne rétrécit pas, il devient plus douillet, plus riche, plus confortable.
Alors, j’ai essayé de lui dire, à ma façon, en venant frotter mes moustaches contre ses doigts. Je voulais lui expliquer que l’amour des parents n’est pas comme un gâteau que l’on coupe en parts de plus en plus petites. L’amour, c’est comme la petite flamme d’une bougie : on peut en allumer une deuxième, une troisième, et même une centaine, la lumière de la première ne diminue jamais. Au contraire, la pièce devient simplement plus éclairée.
Léa a fini par sourire, une petite larme séchant sur sa joue. Elle a compris que sa place de « grande » était unique et que personne ne pourrait jamais lui voler ses souvenirs et ses moments secrets avec ses parents. Son cœur n’allait pas être divisé, il allait simplement s’agrandir pour accueillir quelqu’un de nouveau à qui elle pourrait, un jour, raconter mes aventures.
La question pour grandir
Mon ami(e), as-tu déjà eu peur que l’arrivée de quelque chose de nouveau (un bébé, un nouvel élève, un nouvel ami) te fasse perdre ta place ou l’amour de tes proches ?
Et si, au lieu de diviser l’amour, cette nouveauté était une chance de faire grandir ton propre cœur ?