11 novembre,1874. Espérandieu, l’architecte protestant de Marseille

publié le 11 November 2020 à 00h01 par José LONCKE

11 novembre,1874. Espérandieu, l’architecte protestant de Marseille

Henri-Jacques Espérandieu (1829-1874), est un architecte issu d'une famille protestante, qui fait toute sa carrière à Marseille où il réalise quelques-uns des monuments les plus célèbres de la ville.

Henri Espérandieu est né à Nîmes le 22 février 1829 dans une famille de religion protestante de milieu modeste. Il est d’abord placé à l’école mutuelle protestante où il se fait remarquer par son ardeur au travail. Son père obtient en 1840 une bourse pour qu’il entre au collège royal de Nîmes où il manifeste son goût pour le dessin et les mathématiques.

Il observe les travaux de construction de l’église Saint-Paul à Nîmes située à proximité de la maison paternelle, ce qui déclenche sa vocation : il sera architecte. Les travaux de construction de cette église sont effectués sous la direction de Questell, membre de l’Institut et architecte du palais de Versailles. Son père arrive à prendre contact avec Questel qui s’engage à faire rentrer le jeune Espérandieu dans un cabinet d’architecture parisien.

En 1845 il quitte Nîmes pour se rendre à Paris en compagnie de son ami Ernest Roussel. Il loge chez son oncle, maître d’hôtel à Paris, et entre en octobre 1845 dans l’atelier Vaudoyer. Ce contact avec l’atelier est pour lui des plus heureux ; il écrira : « C’est un vrai plaisir de travailler dans ces ateliers… où le plus fort vient en aide au plus faible. ».

Reçu premier à l’école des Beaux-arts à Paris. Il réalise des études rémunérées pour alléger l’effort financier de son père. Il fait les projets d’une gare, d’un pont suspendu, d’une maison de campagne, etc.

À partir de 1850, Questel le fait entrer dans son agence et l’associe à la mise au net des dessins définitifs pour l’église Saint-Paul de Nîmes. Questel, chargé de l’entretien du domaine de Versailles et des modifications à apporter au château, l’associe aux travaux et au suivi des chantiers.

À compter de mai 1852, il partage son temps entre les ateliers de Questel et de Vaudoyer. Léon Vaudoyrer est chargé de la construction de la Cathédrale de la Major à Marseille. Il propose à Espérandieu d’être son représentant sur place : c’est le début de sa brillante carrière d’architecte à Marseille où il s’installe définitivement en 1855.

Henri Espérandieu est le directeur des travaux de construction de la Cathédrale de la Major. À la mort de l’architecte Vaudoyer, il est chargé de la poursuite des travaux.

Henri Espérandieu est le concepteur et le réalisateur du palais de Longchamp à la fois château d’eau et musée des Beaux-Arts et muséum d’histoire naturelle. Il y réalisera son œuvre majeure.

La basilique Notre-Dame-de-la-Garde

Le conseil d’administration, présidé par l’évêque Eugène de Mazenod, approuve le projet « romano byzantin » présenté par l’atelier Vaudoyer. Les plans étaient en fait élaborés par Espérandieu et Léon Vaudoyer avait simplement servi de prête-nom. La raison est vraisemblablement que Vaudoyer redoutait que l’on reproche à son élève et collaborateur sa religion protestante. Léon Vaudoyer confirmera dans une lettre : « Je suis entièrement étranger à la conception comme à l’exécution de ce monument dont Espérandieu est le seul et véritable auteur ».

Henri Espérandieu a aussi dessiné les plans de restauration du temple de la rue Grignan (15 rue Grignan, Marseille, 6e arrondissment). En 1868 d'importantes réparations sont entreprises, l'architecte Henri Espérandieu construit un étage de tribune supplémentaire et une nouvelle tribune devant l'orgue. Ce projet porte le nombre de places de 850 à 1500. Un projet de nouvelle façade n’est pas réalisé. 

Il meurt le
11 novembre 1874, âgé seulement de 45 ans, des suites d’une fluxion de poitrine contractée dans les cryptes de Notre-Dame de la Garde. Sa dépouille mortelle est transférée depuis son domicile, situé 59 rue Saint-Ferréol, jusqu'à la gare Saint-Charles pour un enterrement au cimetière protestant de Nîmes où son ami d’enfance, Ernest Roussel, prononce l’éloge funèbre.

Une rue de Marseille située à proximité du palais Longchamp porte son nom ainsi qu'un bateau de la ligne du Frioul.

Dans la cour d’honneur du palais des Arts est placé un monument à sa mémoire constitué par son buste  posé sur un piédestal orné de médaillons représentant ses œuvres majeures.

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