17 janvier 2007. « Jacquou le croquant » et le protestantisme

17 janvier 2007. «Le protestantisme dans le roman "Jacquou le Croquant" (1899) d’Eugène Leroy.

Dans le livre 
« Alors vous viviez comme des higounaous, des huguenots ! Vous n’alliez pas à la messe le dimanche, ni aux vêpres ? » (p. 100) : Higounaous est un nom péjoratif donné par les catholiques romains aux protestants calvinistes. Synonyme ici de « mauvais chrétiens ».  
"Cette femme ne fréquentait pas l’Eglise et n’a pas fait ses Pâques, elle reniait Dieu et la sainte Vierge, c’est une huguenote, il n’y a pas de prières pour elle... » (p. 125)
« Ton homme est mort... tu peux lui faire dire des messes.-les pauvres gens n’en ont pas besoin, repartit ma mère : ils ont leur enfer en ce monde. » (p. 103) : référence à la pratique catholique officialisé par un concile en 1274, et contestée par les Réformés de faire célébrer des messes pour l’âme d’un défunt ou réduire la durée de son séjour au Purgatoire. «
"C’est un joli parpaillot, votre curé ! » (p. 346) : nom péjoratif donné aux protestants signifiant ici « impie ».

Le livre a inspiré diverses adaptations pour le cinéma et la télévision. La plus récente, réalisée par Laurent Boutonnat, est sortie le 17 janvier 2007.

Dans le film de Laurent Boutonnat 
On se rend compte lors de l’arrivée du héros chez le curé Bonal, que le jeune paysan sait lire ! A la question du curé pour savoir par où Jacquou est passé pour arriver jusqu’au village, il répond en regardant la carte du département qu’il y est parvenu par La Suzardie. C’est alors que le curé s’étonne de le découvrir lettré :
« Tu sais lire ? Y que les protestants qui savent... » Il serait tentant de le croire... mais Laurent Boutonnat ne nous explique pas où Jacquou a appris à lire, et on a du mal à concevoir que ses propres parents, dans une pauvreté et une précarité extrêmes aient appris à lire…
D’autant plus que dans le roman original ainsi que dans la série télévisée (1967), c’est justement le curé Bonal qui lui apprend à lire. De la même façon, c’est l’homme d’Église également qui l’initie à la religion et à la foi.

Jacquou n’a pas été élevé dans une famille protestante, comme le martèle encore une autre fois le film : au moment de mourir entre le chevalier de Galibert et Jacquou, le curé Bonal de Laurent Boutonnat s’écrie : « Si au séminaire on m’avait dit que je finirais entre un libre penseur et une moitié de protestant... »

Larges libertés par rapport au roman et qui n’apportent rien à l’intrigue du film. Le seul Dieu des pauvres décris par le roman, c'est la Nature, le vent dans les feuilles, le cerf qui échappe au comte.
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