23 août 1524. François Hotman

publié le 23 August 2017 à 00h01 par José LONCKE

23 août 1524. François Hotman


François Hotman, né à Paris le 23 août 1524 et mort à Bâle le 12 février 1590, est un jurisconsulte et un écrivain polémiste français connu pour son engagement dans le calvinisme.
Né d'un père conseiller au Parlement de Paris, Hotman se convertit au protestantisme en 1547. Il s'installe en Suisse puis à Strasbourg où il enseigne et publie des ouvrages. Il soutient par ses écrits ses coreligionnaires opprimés en France et contribue à construire le discours de résistance à l'oppression, tel qu'il sera diffusé au moment de la conjuration d'Amboise en mars 1560.
En 1572, après l'annonce des massacres de la Saint-Barthélemy, il s'enfuit de Bourges où il vivait et s'installe à Genève. Il passe les dernières années de sa vie en exil en Suisse. Il meurt à Bâle en 1590.

Son ouvrage le plus important, est Franco-Gallia (La Gaule Française), composé en réaction au massacre de la Saint-Barthélemy et publié en latin en 1573 puis en français en 1574, eut un grand retentissement et inspira les générations futures. Il y propose un gouvernement représentatif et une monarchie élective. Il affirme que la couronne de France n'est pas héréditaire mais élective et que les gens ont le droit de déposer et de créer des rois.
C'est un livre élément de la fondation de la théorie en voie de développement de démocratie représentative.
Hotman considère qu'à l'origine surgissent un certain nombre de règles et que la souveraineté réside dans le peuple du royaume. Il se lance dans une démonstration et s'élève contre l'absolutisme en fait et en droit. Il propose un retour aux anciens us et coutumes de France. Il rappelle que les carolingiens devaient leur couronne à l'élection. Puisque le Roi est élu, la source du pouvoir réside dans le peuple qui a délégué une partie de son pouvoir sans s'être dessaisi de cette souveraineté. Le peuple a "prêté" le pouvoir et il est impératif que le Roi consulte régulièrement les États Généraux qui assurent une continuité des plaids carolingiens en lesquels réside le principe de souveraineté. Le Roi doit donc les convoquer et les associer à la loi. Si le Roi ne le fait pas, il ne gouverne plus pour l'utilité générale, et il y a rupture du pacte social. La révolte des sujets est par conséquent légitime. On est face à la remise en cause de la théorie de l'origine divine du pouvoir en faveur de la souveraineté populaire.

On lui attribue la rédaction du violent pamphlet, l'Epître au Tigre de France, dirigé contre le cardinal Charles de Lorraine et les Guise, qui sont accusés de fausse piété et de licence. La conclusion du texte est un appel au bannissement: le tigre doit retourner à sa « tanière ».

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