5 décembre 1793. Rabaut Saint-Etienne et les Droits de l'homme

publié le 5 December 2017 à 00h01 par José LONCKE

Jean-Paul Rabaut, dit Saint-Etienne, fils aîné de Paul Rabaut, est né à Nîmes en avril 1743. Après avoir étudié au séminaire de Lausanne, Il fut nommé, à côté de son père, pasteur à Nîmes (1765). Il se fit bientôt une grande réputation comme orateur. Sur le conseil de La Fayette, Rabaut Saint-Étienne se décida à aller à Paris (1785) réclamer du roi un état civil pour les protestants. En 1787, l'édit de tolérance était promulgué. Sa popularité était immense.

En 1789 il fut élu député de Nîmes au tiers état. Il se distingua à tel point à l'Assemblée nationale que certains mettaient son éloquence au-dessus de celle de Mirabeau; il se fit estimer par sa modération et sa sagesse politique.
Il se rend célèbre par le  discours important qu’il prononce sur la Déclaration des Droits de l’homme, comme député du Tiers Etat :


« C’est sur nos principes que je me fonde, Messieurs, pour vous demander de déclarer dans un article que tout citoyen est libre dans ses opinions, qu’il a le droit  de professer librement son culte et qu’il  ne doit point être inquiété pour sa religion … la liberté doit donc appartenir à tous les français également et de la même manière ; celui qui attaque en quoi que ce soit la liberté des autres, attaque la sienne propre et mérite de la perdre à son tour. »

C’est finalement, le 23 août 1789 (date Oh combien symbolique, soulignée d’ailleurs par Rabaut dans un courrier à son père), l’assemblée constituante décide que

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions et  après une discussion très animée ajoutait , mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

On sent  bien, dans le « mêmes religieuses » et dans l'allusion au maintien de « l’ordre public », des réserves significatives dans la majorité de l'assemblée. Cependant le texte constituait  un pas décisif sur le chemin de la liberté.

En 1790, il présidera l’Assemblée nationale, puis la Convention. Après la séparation de, la Constituante, le pasteur Rabaut Saint-Etienne s'occupa de journalisme. Envoyé par le département de l'Aube à la Convention, il siégea avec les girondins, vota contre l'exécution de Louis XVI, et fut nommé président le 23 janvier 1793. Mais le 28 juillet 1793, ses adversaires le firent mettre hors la loi et décréter d'accusation. Rabaut Saint-Etienne se cacha à Paris au 35 rue du Faubourg-Poissonnière, où il fut découvert presque « par hasard ». Il attendit la mort à la Conciergerie. Il est exécuté sur l'échafaud à Paris le 5 décembre 1793.

Métro Concorde : ligne 12
La station de la ligne 12 est décorée depuis 1991 d’une œuvre en céramique de l’artiste Françoise Schein constituée de lettres bleues sur fond blanc reconstituant le texte intégral de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. Les espaces sont supprimés du texte. On déchiffrera avec émotion le célèbre article X : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions… ».
5 décembre 1793. Rabaut Saint-Etienne et les Droits de l'homme

 

 

 

Commentaires

mary

05 December 2017, à 09:18

ah ! intéressant pour la station de concorde, métro 12 !

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