7 septembre 1559. Mort du célèbre imprimeur et érudit Robert Estienne (1503-1559).

publié le 7 September 2015 à 00h01 par José LONCKE

Robert Etienne avait publié de belles éditions d’ouvrages de littérature ancienne, mais l’œuvre dominante de sa vie avait été la réimpression continuelle des Saintes Écritures (41 éditions en 37 ans).

7 septembre 1559. Mort du célèbre imprimeur et érudit  Robert Estienne (1503-1559).

Son œuvre
Robert Estienne était un typographe exigeant. Il avait la réputation de ne laisser aucune erreur dans les livres qu’il publiait. Pour maintenir cette réputation, il avait un « truc » peu banal. Il affichait les feuillets de ses livres sur une place publique, en promettant une forte récompense à ceux qui y découvriraient quelque faute.
Il était à la fois un savant érudit (il parlait le latin, le grec et l’hébreu) et un commerçant avisé (il éditait le catalogue de ses productions).
Il avait eu l’idée géniale de diviser la Bible en versets, facilitant ainsi la lecture, la mémorisation et l’étude systématique des livres bibliques, qui, dans les originaux ne formaient qu’une masse compacte.
Sa devise « Noli altum sapere sed time », Ne t’élève pas par orgueil mais crains, était inspirée de l’épître de Paul aux Romains (11 : 20).
 
Honneur bafoué
Il avait cumulé, à partir de 1540, les fonctions d'imprimeur royal pour le latin, l'hébreu et le grec. À ce titre, il avait fait graver par Claude Garamond, les « Grecs du Roi », inspirés de la calligraphie si régulière du Crétois Ange Vergèce.
Comme beaucoup d'humanistes, Robert avait montré des sympathies pour les idées de la Réforme, tombant par cela même sous le coup des condamnations des docteurs de la Sorbonne qui n'appréciaient pas qu'il puisse éditer des textes bibliques. À la mort de François Ier, il avait préféré s'exiler à Genève pour éviter d'autres tracasseries.
Robert Estienne a été accusé alors d’avoir volé les fameux caractères Garamond. Il avait seulement emporté une reproduction des matrices dont la propriété lui était assurée par contrat et qu’il était autorisé à communiquer à d’autres imprimeurs. Les matrices originelles étaient restées entre les mains des imprimeurs royaux ainsi que les poinçons !
Mais cinquante ans plus tard, on avait oublié jusqu’à l’existence de ces poinçons ! On  avait également égaré les matrices ! De là à penser que tout ce matériel avait été emporté par Robert Estienne, il n’y avait qu’un pas qu’on se dépêcha de franchir ! Finalement les poinçons furent retrouvés, en 1683, dans les coffres de la Chambre des comptes Mais l’opinion publique était formée, une sorte de légende noire, désormais profondément ancrée dans l’imaginaire collectif.
De toute façon, qui aurait eu le courage, dans ces temps de révocation de l’Édit de Nantes, de montrer ces poinçons qui existent encore dans les magasins de l’Imprimerie royale ? Mais les faits sont têtus ! 

Ce qui est caché vient tôt ou tard à la lumière ! Quel encouragement à laisser à Dieu le soin de défendre l’honneur des siens et leur réputation…

Citations
Il a dit :
« Ce fut toujours notre dessein d’aider dans la mesure de nos forces, aux études des hommes pieux ».

La Sorbonne faisant tout pour empêcher ce travail, il écrit néanmoins :
« J’imprimais derechef la Bible… » Et plus loin : « je poursuis néanmoins et mets en avant, autant qu’il m’est permis par eux, ce que le Seigneur avait mis en mon cœur ».

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