La pornographie

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Ce petit exposé a été donné par Louis Schweitzer dans le cadre de la Faculté de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine, à la demande des étudiants. Il prenait place dans une série de petites prédications-conférences sur des sujets divers.

La pornographie

Matthieu 5.27-30
« Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère.
Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui regarde la femme d’un autre en la désirant a déjà commis l’adultère avec elle en lui–même.
Si donc c’est à cause de ton œil droit que tu tombes dans le péché, arrache-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre une seule partie de ton corps que d’être jeté tout entier dans l’enfer.
Si c’est à cause de ta main droite que tu tombes dans le péché, coupe-la et jette-la loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre un seul membre de ton corps que d’aller tout entier en enfer. »

Il m’a été demandé, dans le cadre de cette série de traiter de la pornographie. Ce sujet n’est peut-être pas très courant dans les cultes, mais il a l’intérêt d’aborder une réalité qui est sans doute de toujours, mais qui a pris, ces dernières années, dans nos sociétés une importance particulière et qui, d’une manière ou d’une autre, nous concerne tous.

D’abord, qu’appelle-t-on pornographie ? On a beaucoup écrit ou ironisé sur la différence entre l’érotisme et la pornographie. Pour faire simple, cela concerne tout discours, toute image de la sexualité destinés à éveiller le désir chez l’auditeur, le lecteur ou le spectateur. Cela peut être fait avec finesse et art, dans l’allusion et la suggestion et on parlera alors d’érotisme ou de manière grossière, commerciale et extrême et on parlera de pornographie. Il est clair que la frontière entre ces deux notions est fluctuante et que ce qui est considéré à un moment comme pornographique, et à ce titre inacceptable, devient quelques années ou quelques siècles plus tard de l’érotisme.

Cette réalité a certainement un caractère universel. On va en effet trouver partout et de tout temps des images ou des textes qui abordent ces questions. C’est vrai des restes de Pompéi ou des antiques textes chinois. On sait d’ailleurs que, dans bien des religions anciennes, la sexualité sacrée (on pourrait parler de pornographie sacrée) tient une place importante. C’est vrai en Inde comme aussi dans des religions plus proches du monde biblique. Nous avons donc affaire ici à une réalité qui touche de très près notre humanité pécheresse et qui, à ce titre, se retrouve un peu partout.

Pourtant, nous pouvons aussi reconnaître qu’il y a eu du nouveau dans nos sociétés occidentales depuis quelques décennies, sans doute depuis les années 70 du siècle dernier. On peut sans doute d’abord parler de démocratisation de la pornographie. Les textes n’étaient auparavant accessibles qu’à une élite sociale limitée qui pouvait se les procurer. Ils circulaient sous le manteau et leur influence était par là-même limitée. On peut aujourd’hui en trouver partout, dans les gares comme chez les marchands de journaux. Des magasins spécialisés sont partout présents et des cinémas ne proposent que les films X. Mais il y a plus. Par la télévision et les cassettes vidéo et aujourd’hui plus encore par l’Internet, l’accès à la pornographie est devenu de plus en plus facile.

Pendant toute une période, il fallait aller dans un sex-shop ou entrer dans un cinéma spécialisé. Il y avait là toute une démarche volontaire qui prenait du temps et qui laissait la place à une certaine réflexion. Lorsqu’il suffit d’allumer la télé ou de cliquer sur l’ordinateur, la facilité accentue la tentation et favorise le passage à l’acte. Plus le temps est court et moins la résistance est efficace. Ce qui était autrefois somme toute limité est devenu un élément constitutif de notre société et cela d’autant plus que les murs de nos villes et les pages des journaux les plus sérieux se couvrent régulièrement, sous prétexte de publicité, d’images qui auraient dans le passé été jugées inacceptables. Nous sommes donc bien tous concernés (et sans doute particulièrement les hommes) parce que nous sommes sans cesse comme agressés par ces discours et ces images.

On peut également parler de libéralisation. Il n’y a pas si longtemps, la pornographie était toujours perçue comme une transgression. La littérature était marginale et tirait de cela une partie de son attrait. Cela relevait consciemment d’une transgression de la morale religieuse ou bourgeoise. Aujourd’hui, on peut dire que la pornographie est entrée dans les mœurs. Elle a sa place dans la société, comme un des commerces les plus rentables. Il suffit de voir l’étendue des rayons porno dans les magasins qui louent cassettes vidéo et DVD pour s’en rendre compte et sur le net, ce sont, paraît-il, ces sortes d’entreprises qui ont économiquement le mieux résisté. Si certains livres anciens jouaient avec le péché, la pornographie n’en parle plus. Elle présente une réalité nouvelle, un type de relations complètement libéré de tout tabou comme d’ailleurs de tout respect de la personne humaine. La grande majorité des consommateurs sont, semble-t-il, des hommes et la femme est présentée comme un objet naturel de convoitise et de possession. Il arrive d’ailleurs que ce soient des enfants et un consensus existe aujourd’hui pour s’opposer à ce type de pornographie. Mais il n’y a guère que quelques associations chrétiennes ou féministes pour s’intéresser à la chosification de l’image de la femme qui est présentée dans la pornographie.

Quelles sont les conséquences de la pornographie dans la vie des personnes concernées comme dans la société ? Il y a avant tout une sorte de déshumanisation de la relation sexuelle. La seule chose mise en valeur est l’attirance du corps et la relation physique sans rapport aucun avec une relation de personnes et encore moins avec une quelconque relation d’amour. Nous ne sommes plus devant la sexualité, mais devant sa caricature, sa perversion. Elle est comme vidée de toute sa richesse et sa signification. Le mot amour reste bien dans l’expression « faire l’amour » mais il est vidé de son sens. Et d’ailleurs d’autres expressions moins utilisables dans une faculté de théologie tendent à la remplacer.

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Commentaires

Koffi
01 September 2013, à 20:10
Que DIEU nous donne beaucoup de sagesses divines pour faire la part choses en matière du sexe.Dieu dans son amour pour nous,a bien voulu que ses enfants ,que nous sommes puissent avoir des enfants entre couple.Or pour avoir des enfants dans le couple il faut les rapports sexuelles;pas la pornographie.Car DIEU condamne ce pratique illicite qui est à mon vis une abomination.Soyons saints dans tous nos rapports envers les uns aux autres;même dans le couple.Romains 1v 22 à 32
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