Qui vient chez Grand-maman ?

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Germaine Pomier est conseillère conjugale et familiale depuis 14 ans en hôpital et en cabinet privé, sous le couvert d’une AFP*
Qui vient chez Grand-maman ?
On ne peut pas toujours habiter à deux pas de ses enfants ou petits-enfants, mais il est toujours possible de contribuer à l’équilibre de la famille en tant que grand-parent.
Lorsque j’étais enfant, je vivais dans le même village que mes grands-parents en Suisse. J’allais chez eux tous les jours. C’était normal. Mes parents l’avaient voulu ainsi.

Un maillon essentiel

Ils étaient mes « sauveurs » comme, par exemple, à l’heure des devoirs.
— Je vais juste dire bonjour à Grand-maman et Grand-papa !
— Juste un gros bec** et tu remontes ! Il faut que tu fasses tes devoirs !
— Oui, oui…
J’étais déjà loin de la maison…
Mes grands-parents passaient du temps à m’écouter. Au moment de rentrer à la maison, mon grand-papa me raccompagnait à pied. « Ah non, pas chez moi mais chez nous. » C’est ce qu’il me disait, il m’apprenait la vie en « nous » !

Réfléchir à mon rôle

Aujourd’hui grand-mère de trois magnifiques petits-enfants, j’habite à une dizaine de kilomètres de chez eux. Cette distance fait que ce que j’ai vécu enfant ne peut se vivre entre nous.
Un jour, mon fils m’a demandé si j’allais prendre régulièrement mes petits-enfants. Je me suis entendue dire : « Non, pas régulièrement, mais je les prendrai à mon rythme, avec joie. » Ce fut une douche froide pour mon fils, il s’est senti rejeté, comme si ma vie passait avant celle de mes petits-enfants. Cela m’a amenée à réfléchir à mon rôle de grand-maman. Suis-je la nounou ? Suis-je celle qui doit combler les manques de gardes ?
Je suis veuve, je travaille. Comment concilier vie professionnelle, vie sociale et vie familiale en tant que grand-maman ?

Celle qui rassemble

Je me suis donné l’objectif d’être « celle qui les gâte ». Parfois, je remplace les parents pour un temps de repos ou de formation. Mais ce qui me fait vibrer surtout, c’est d’être celle qui rassemble. Celle qui transmet le lien, les racines par des exemples de mon vécu. Celle qui remplace le je par le nous et lui donne un sens.
Et lorsque je demande : « Qui veut venir chez Grand-maman? » et que j’entends : « Moi ! Moi ! Et moi aussi ! », c’est la joie dans « notre » cœur.
* AFP : Associations Familiales Protestantes - www.afp-federation.org
** Dans le canton de Vaud en Suisse, un gros bec est un bisou.

Plus d’illustrations de Timothée Pomier sur https://reelart.myportfolio.com


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