Des boîtes à livres

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Le bookcrossing. Quand lire rime avec partage.
Des boîtes à livres
Le phénomène est né voici une quinzaine d'années outre-Atlantique. Il fait désormais des adeptes chez nous aussi.
Qu'on les appelle boîtes à lire, cabanes à livres, arbres à livres, ils procèdent de la même idée : faire circuler des livres en les « libérant » dans la nature. Ils pourront ainsi être retrouvés et lus par d'autres personnes qui les relâcheront à leur tour.
Ron Hornbaker a eu l'idée de créer « BookCrossing », également appelé BC ou BX, en mars 2001. En France, il s'est développé dès 2003 grâce à de nombreux articles dans la presse(1). C’est aujourd’hui un phénomène mondial.

Pratiquement pas de vandalisme

On trouvait encore récemment dans une boîte que je visite régulièrement, quelques titres de la bibliothèque rose qui attendaient leurs nouveaux lecteurs, mais aussi les Entretiens de Confucius, une Histoire sainte de 1945, un dictionnaire des synonymes, des romans de John Grisham...
Le plus souvent, ces drôles de maisons pour livres sont des initiatives de particuliers ou d’associations. Par exemple, un groupe d’amies a créé une association, qui « souhaite faire vivre nos villages dans un certain esprit. Ce qui nous botte, c’est le partage, la solidarité. On a envie de partager nos astuces, nos compétences, nos déplacements aussi... »
Mais des bibliothèques et des municipalités s’y sont mises également. Les boîtes à livres apparaissent comme un moyen de faire vivre les quartiers des villes et les villages.
Autre fait notable, ces équipements installés sur le domaine public ne sont pratiquement jamais détériorés. Comme si, à l'instar de la musique, la lecture aussi adoucissait les mœurs.

Passage chaque jour

Karine Cêtre témoigne : « On avait mis 80 ouvrages environ. Mais beaucoup ont disparu, d’autres les ont remplacés... Les gens ont l’air d’adhérer, beaucoup nous disent avoir des livres dont ils ne savent quoi faire »(2). De toute évidence, les boîtes à livres sont vite adoptées.
On aperçoit mêmes des jeunes qui viennent récupérer un livre à vélo. Preuve qu’ils lisent encore...

Accès à la culture

L’idée est de ne pas gaspiller, mais aussi de permettre à d’autres d’accéder à la culture. C’est un moyen d’inciter à la lecture des gens pour qui acheter des livres n’est pas une priorité et qui ne feront pas la démarche d’aller à la bibliothèque. Dans ce sens, les boîtes à lire constituent un moyen précieux dans la lutte contre l’illettrisme(3).

Dimension communautaire

On a longtemps associé le bonheur à la propriété. Cela semble moins vrai aujourd’hui. Désormais, nous tirons davantage de satisfaction de l’expérience. Et le Bookcrossing s’inscrit parfaitement dans cette dynamique. Ce qu’il apporte, c’est non seulement le partage de livres gratuitement, mais aussi la possibilité d’une rencontre, d’un échange, et la satisfaction de se dire qu’un peu de soi est ailleurs.

1. Site officiel : http://www.bookcrossing.com/

2. Karine Cêtre, « L’Yonne Républicaine », 15 janvier 2017.

3. Marie-Thérèse Geffroy, Patricia Gautier-Moulin, L’illettrisme, Les Essentiels, Milan, 2013.

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