
Les parents de Moïse ont dû déposer leur bébé sur un fleuve dangereux pour qu’il vive. Une histoire ancienne qui éclaire les dilemmes très modernes de la parentalité.
Quand Moïse naît en Égypte, le danger est partout. Un décret ordonne la mort des garçons hébreux. Ses parents le cachent, le protègent, puis arrivent au bout de leurs forces. Alors ils font un geste impossible : ils le déposent dans un panier, sur les eaux du Nil. Ce n’est pas un abandon. C’est un acte de foi.
Sa mère façonne le panier avec soin, l’enduit de bitume et de poix pour le rendre imperméable. Elle ne livre pas son enfant au hasard, mais à Dieu. Le fleuve est rempli de menaces, de crocodiles, d’inconnu. Pourtant, elle confie ce qu’elle a de plus précieux à celui qu’elle ne voit pas, mais qu’elle sait fidèle. La sœur de l’enfant observe de loin. Et l’on peut imaginer une mère en prière, le cœur serré, mais ouvert.
Être parent, c’est souvent cela : protéger autant que possible, puis accepter que nos bras ne suffisent plus. Les parents de Moïse renoncent à leurs projets, à leurs habitudes, à leur zone de confort. Ils adaptent leur manière d’aimer pour que leur enfant vive.
Dieu agit alors à travers d’autres mains : des sages-femmes courageuses, une sœur vigilante, une princesse étrangère, une famille d’accueil inattendue. Moïse est sauvé, nourri, instruit, sans perdre ses racines. Dieu tisse une protection là où tout semblait perdu.
Comme maman de quatre enfants, grand-mère de neuf petits-enfants, et famille d’accueil pendant plus de trente ans, j’ai souvent vécu cette tension : faire tout ce qui est possible pour protéger, aimer, espérer… et en même temps lâcher prise, dans une confiance parfois douloureuse. J’ai vu Dieu pourvoir par des personnes « extra-ordinaires » : enseignants, voisins, éducateurs, amis, soignants, croyants ou non, qui sont devenus, sans le savoir, une extension du cœur des parents.
Aujourd’hui encore, les crocodiles existent : violences, écrans, addictions, idéologies, lois injustes, avenir incertain. Beaucoup de parents ont peur. Pourtant, l’espérance demeure. Concrètement, il s'agit, par exemple, d'apprendre à demander de l'aide, d'accepter que d'autres participent à l'éducation, d'adapter certaines règles pour préserver l’essentiel : la vie, la paix, la croissance. Nos enfants ne nous appartiennent pas. Ils nous sont confiés. Et parfois, le plus grand acte d’amour est de les déposer, comme Moïse, dans les mains fidèles de Dieu.
Pour aller plus loin : Exode 2.1-10.