Une musique pas comme les autres

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L’Église de Matthieu Koumarianos s’appelle My gospel Church. Tout un programme.

Une musique pas comme les autres

Comment expliques-tu que le gospel ait une place importante dans ta vie ?

J’ai eu le privilège de faire de la musique dès mon enfance et de chanter très tôt dans des chorales. Il m’arrivait d’écouter du gospel quand j’étais adolescent. J’aimais cette musique vivante et cap-tivante qui vous touche au plus profond.

Puis un jour, à l’âge de 17 ans, l’occasion m’a été offerte de fonder une petite chorale. Sans hésiter, j’ai introduit quelques chants gospel dans le répertoire. L’aventure était lancée ! Aujourd’hui, ce sont plus d’une centaine de choristes que je conduis, et qui interprètent avec puissance cette « musique de l’âme ». Cette aventure musicale qui dure depuis une vingtaine d’années n’est pas qu’une histoire d’harmonies et de voix !

Tu es aussi pasteur ?

Je suis pasteur de My Gospel Church, une église ouverte à tous dans une ambiance Gospel. Je considère en effet que cette musique est une passerelle pour tous ceux qui désirent explorer leur spiritualité. Elle leur permet de connaître davantage Dieu à travers les paroles de chants qui puisent leur source dans la Bible. Elle est aussi pour nous un facteur d’inclusion pour des personnes qui souhaitent connaître Dieu, alors que les cantiques traditionnels d’Église, souvent méconnus par des visiteurs, ont un effet parfois contraire. La musique gospel est en général appréciée par les gens. Les personnes ne se sentent pas ainsi en décalage avec la musique de l’église. Parfois, ils en connaissent même les mélodies.

Penses-tu que le gospel soit très différent des autres musiques ?

Il existe tellement de musiques différentes. Certaines véhiculent un message magnifique, plein de beaux sentiments et de valeurs que je partage. Leurs paroles semblent mettre des mots sur ce que je vis. Il arrive aussi que certains textes, bien que posés sur des mélodies magnifiques, soient bien loin de mes convictions personnelles. Certains sont vraiment choquants ; d’autres ne veulent simplement rien dire !

Pour moi, ce qui qualifie le gospel, c'est qu'il a justement un message. Les paroles ont toujours une signification. Une source. Une origine. Une réalité. 

Peux-tu en dire plus sur cette spécificité ?

Ces chants viennent d'un « peuple » qui a été réduit en esclavage. À l’origine, ceux qui les ont chantés ont été capables d’espérer et de l’exprimer à travers le chant. 

Ils l’ont fait à partir de la Bible dans laquelle ils ont puisé leur force. Ces chants parlent d'espoir dans l'épreuve, de paix profonde accordée par Dieu même dans les situations les plus difficiles, d'une joie de vivre qui ne dépend pas des circonstances, d'un pardon authentique envers ceux qui ne le méritent pas, de l’espérance d'un monde meilleur auprès de Dieu après la mort grâce à la foi en Jésus... c'est aussi tout cela qui rend le gospel aussi important dans ma vie. Une musique puissante au service d'un message puissant qui bouleverse tout votre être !

Le gospel est donc une musique qui change la vie ? 

Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que ces esclaves ont pu « goûter » à cette réalité céleste au milieu de leur situation horrible. Ils ont trouvé en Dieu une paix intérieure et une puissance de pardonner et un amour envers leurs bourreaux. Tout cela dépasse les capacités humaines. Des negro spirituals bien connus comme Amazing Grace, Precious Lord ou We shall overcome témoignent de ces réalités directement inspirées de l’Évangile.

Les gospels comme O Happy Day, Joyful ou encore We are not Ashamed d'Andrea Crouch parlent d'une bonne nouvelle : une vie transformée pour tous ceux qui croient en Jésus, avec toujours cette idée d'espérance : la vie éternelle est accordée à celui qui place sa confiance en Dieu.

N’as-tu pas l'impression que le gospel est devenu un produit de marketing ? 

Je reconnais qu'il y a parfois des dérives liées à sa popularité. Il arrive parfois que des chaines de télévision m'appellent pour des prestations gospel dans une émission. Ils sont simplement à la recherche d’une animation fun et populaire. Du coup, je trouve qu'il perd de sa force. 

Comment réagis-tu face à ce phénomène de mode ? 

Nous refusons régulièrement de répondre à ces demandes car nous voulons être fidèles à l’esprit qui a présidé à la naissance du gospel. 

Je reconnais évidemment que, c’est un véritable défi de chaque jour pour les artistes professionnels de réussir à gagner leur vie en tant qu'artistes tout en se donnant une ligne de conduite respectueuse de l'histoire du gospel. 

Faut-il être chrétien pour chanter du gospel ? 

Permettez-moi, avec une pointe d’ironie, d’y répondre par une autre question : « Selon vous, faut-il être chrétien pour prier ? »

 Qu’est-ce qui te fait plaisir dans ce que tu fais ?

Énormément de personnes sont touchées par cette musique et ces paroles qui souvent transpercent le cœur ! Je crois que Dieu peut parfois aussi nous toucher dans nos émotions pour nous amener à réfléchir davantage sur notre relation avec lui. Beaucoup de spectateurs viennent témoigner à la fin des concerts du bonheur qu'ils ont eu à recevoir cette musique, mais ils ajoutent combien ils sont sensibles à ce message de paix. Certains expliquent avoir fait la paix avec Dieu en écoutant un chant. Il arrive que d'autres pleurent dans les bras de choristes comme si une grande souffrance était tombée de leurs épaules.

Le mot de la fin ?

Je rencontre, lors des concerts ou au sein des chorales que je dirige, tant de personnes marquées par la souffrance. Elles cherchent un réel sens à leur vie et se sentent désespérément seules, ayant perdu leur confiance dans les autres… Une soif d’authenticité, d’expérience profonde habite nos contemporains. Le gospel apporte une lueur d’espoir, « une lumière luit dans les ténèbres ». Nous voulons non seulement chanter du gospel mais aussi être une Église ouverte à « tous ceux qui ont un problème avec l’Eglise… mais pas avec Dieu ».

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