Une arche de Noé végétale

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Surnommée la « chambre forte du Jugement dernier », on trouve dans cet abri plus d’un million d'échantillons de graines.
Une arche de Noé végétale
Dans des températures quasi polaires, plus de 70.000 nouveaux échantillons de graines de riz, blé, maïs, niébé, sorgho… ont rejoint, lundi 26 février 2018, la Réserve mondiale de semences du Svalbard. Avec ce nouvel arrivage, cette antre fortifiée située à mi-chemin entre la Norvège continentale et le Pôle Nord, a reçu en dix années d'existence 1.059.646 variétés de cultures conservées dans des caisses alignées sur des étagères à plus de 120 mètres à l'intérieur d'une montagne.
« Je suis très heureux d'annoncer que plus d'un million de graines ont franchi cette porte pour être mises définitivement en sécurité », s'est félicité le ministre norvégien de l'Agriculture, Jon Georg Dale, lors du dépôt solennel.

Un coffre-fort…

Cette collection de graines, la plus variée au monde, se veut un filet de sécurité pour les quelques 1.700 banques de gènes existant dans le monde face aux risques liés aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, aux maladies ou encore aux incohérences des hommes.
L'entrepôt est la propriété de la Norvège mais les graines appartiennent aux États et institutions dépositaires qui peuvent les récupérer à leur convenance. La Réserve à ce jour a été sollicitée par une seule institution : la banque de gènes de la ville d'Alep. Celle-ci ayant été endommagée par le conflit syrien, le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA) a demandé à récupérer des graines. De ce fait, l'arche contient actuellement 967.216 variétés de graines. Elle peut en accueillir environ 4,5 millions.

Un abri à protéger

Conçu pour résister aux désastres, ce grenier sensé protéger la diversité génétique de la planète a cependant été lui-même victime du réchauffement climatique. L'augmentation des températures dans l'Arctique a en effet entraîné une fonte du pergélisol (sol censé être gelé en permanence) et provoqué une fuite d'eau à l'entrée du tunnel en 2016. Aucune graine n’a cependant été endommagée.
Des travaux sont en cours pour imperméabiliser le tunnel qui mène à la réserve. Des équipements électriques qui réchauffaient le tunnel ont été retirés et de nouvelles pompes ont été ajoutées. Des canaux sont aussi creusés pour éloigner l'eau du coffre.
« Le coffre était censé fonctionner sans l'aide des humains, mais maintenant on surveille la réserve de semences 24 heures sur 24 » a confié une porte-parole du gouvernement norvégien. Les créateurs du coffre ne pensaient pas que le climat s'aggraverait à ce point, a-t-elle ajouté, et ils déplorent que les signes du changement climatique dans l’Arctique soient de plus en plus marquants.

Marchandisation du vivant ?

C’est ce que certains craignent lorsqu’ils voient quels sont les financeurs du projet, notamment des multinationales de l’agrochimie dont on connaît l’absence d’éthique lorsqu’il s’agit de faire des profits.
À noter également que cette banque n’est pas unique. La troisième plus grande collection de semences au monde est abritée par le conservatoire botanique de Bretagne. Un programme d’animations spéciales vous y attend cet été.
Tiré du Sciences et Avenir du 28 février 2018.



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