11 mars 1820. Lamartine et la Bible

publié le 11 March 2020 à 00h01 par José LONCKE

11 mars 1820. Lamartine et la Bible

Description de cette image, également commentée ci-après

En dehors des Psaumes, Lamartine ne connaissait guère qu’un résumé de la Bible.

Lamartine rencontre Eugène Genoude en 1817. Ils ont le même âge.Ils se lient d'amitié.

En 1820, alors que Lamartine est gravement malade,
Genoude s’arrête presque tous les matins chez Lamartine pour lire les passages de la Bible  qu’il venait de traduire la veille.

Le 20 juin 1819, Lamartine s’enthousiasme des Psaumes. Le 29 juillet 1820, il parle encore de la « superbe Bible » de Genoude.

Voilà ce qu’en écrit lui-même Lamartine  :
"J’avais peu lu la Bible. J’avais parcouru seulement, comme tout le monde, les strophes des psaumes de David ou des Prophètes, dans les livres d’heures de ma mère. Ces langues de feu m’avaient ébloui. Mais cela me paraissait si peu en rapport avec le genre de poésie adapté à nos civilisations et à nos sentiments d’aujourd’hui, que je n’avais jamais pensé à lire de suite ces feuilles détachées des sibylles bibliques.


Il y avait en ce temps, à Paris, un jeune homme d’une figure spirituelle, fine et douce, qu’on appelait M. de Genoude. Je l’avais rencontré chez son ami le duc de Rohan. Il cultivait aussi M. de Lamennais, M. de Montmorency, M. de Chateaubriand. Il me témoigna un des premiers une tendre admiration pour mes poésies, dont il ne connaissait que quelques pages. Nous nous liâmes d’une certaine amitié. Ce jeune homme traduisait alors la Bible. Il arrivait souvent chez moi le matin, les épreuves de sa traduction à la main, et je lui faisais lire des fragments qui me révélaient une région plus haute et plus merveilleuse de poésie."

(Lamartine, Oeuvres complètes (1860), Tome I, La Poésie sacrée, Trente-septième Méditation).

C’est Genoude qui préparera la publication des « Méditations ». La dernière des « Méditations » a pour titre « La poésie sacrée ». Elle est dédiée à Genoude. Il y décrit tout ce que la Bible offre de richesses au poète.

Tout artiste a deux dates de naissance, celle de sa venue au monde, et celle de la mise à jour de sa première œuvre. Alphonse de Lamartine vint de naître le 11 mars 1820.

Dans le « Cours familier de littérature » (1856), Lamartine fera l’éloge de la Bible du point de vue de l’art. Il restera attiré par le livre de Job (voir "les touchantes allusions bibliques" dans notamment dans « Jocelyn »). Son œuvre est parsemée d’allusions aux Psaumes de David, et aux écrits de Salomon.

« Job est le témoin des jours sombres, Salomon est le compagnon des heures claires ».


La traduction de la Bible par Genoude (1821-1824) remporta un succès notable, et permit à ce dernier de constituer une solide fortune, que confortèrent ses activités dans la presse.


A lire : Claudius Grillet, La Bible dans Lamartine, E. Vitte, 1938.

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