18 février 1869. Création à Leipzig d‘Un requiem allemand, par Brahms

publié le 18 February 2016 à 00h01 par José LONCKE

18 février 1869, création à Leipzig d‘Un requiem allemand, par Brahms (1833-1897). Une œuvre, composée des textes de la Bible de Luther. L‘assurance en la Rédemption est présente en filigrane tout au long de l‘œuvre.

18 février 1869. Création à Leipzig d‘Un requiem allemand, par Brahms

Johannes Brahms vit le jour le 7 mai 1833 dans une misérable bâtisse d’un quartier pauvre et populeux de la ville portuaire d’Hambourg. Sa mère, Johanna Nissen, faisait des travaux de couture à domicile pour arrondir les fins de mois.

Autodidacte, Johannes Brahms lit énormément. C’est une véritable passion qui lui fit découvrir la Bible, dont il possède une connaissance approfondie, qui se manifeste dans :

-son Chant de triomphe (Triumphlied) basé sur l’Apocalypse de Jean,

-son Requiem allemand (Ein deutsches Requiem) sur divers textes bibliques,

-son Psaume 13

-et ses Quatre chants sérieux (Vier emste Gesänge) sur l’Ecclésiaste et le chapitre de l’amour dans la première Epître aux Corinthiens.


Johannes Brahms témoignait une grande vénération à sa mère. Apprenant qu’elle avait eu une attaque, il partit de Vienne pour Hambourg, mais arriva trop pour la revoir : elle mourut le 1er février 1865.

Hanté par cette mort, Johannes Brahms se remit au travail : il reprit son Requiem allemand (opus 45), qu’il avait commencé à la mort de Robert Schumann, et lui ajouta une cinquième partie. Refusant de reproduire les paroles latines des requiems classiques, le compositeur sélectionna une série de textes bibliques pour exprimer sa réponse au problème de la mort, si crucial pour tous les humains. Pour lui, cette réponse est celle de la confiance en Dieu et de l’espérance de la résurrection, comme il le dit dans le solo du baryton et le choeur du sixième mouvement :

“ Maintenant je vais vous dire une chose mystérieuse : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. Cela se fera très vite, en un clin d’oeil, quand la trompette sonnera le dernier jour. Oui, la trompette sonnera. Alors les morts se réveilleront pour une nouvelle vie qui ne finit pas, et nous, nous serons transformés. (...) ”


Comme la Messe allemande (Deutsche Messe) de Martin Luther se démarque de la messe catholique, le Requiem allemand de Johannes Brahms est typiquement protestant ; il ne reprend pas le Dies irae de l’office des morts, mais exprime une joie grave et sereine. Il s’ouvre par la parole de Jésus

"Heureux les affligés, car ils seront consolés." (Matthieu 5.4)

et se clôt par le texte de l’Apocalypse 14.13 :

"Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent."

Lors de l’enterrement de Clara Schumann (1896), il révèle dans ses Quatre Chants sérieux (Vier emste Gesänge), une profonde méditation sur des textes de la Bible, empreinte de gravité et de sérénité, puis il compose son chant du cygne, les Onze préludes de chorals (Elf Choralvorspiele) pour orgue, sur des mélodies traditionnelles de l’Eglise luthérienne. C’est son testament spirituel, car il est atteint d’un cancer au foie et il sait que sa fin est proche. Le 3 avril 1897, il remit paisiblement son âme à Dieu.

 

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