18 mars 1886. L’abolitioniste américain John Rankin

John Rankin John Rankin (1793-1886) est un pasteur presbytérien américain, un éducateur et un abolitioniste.

Image (18 mars 1886. L’abolitioniste américain John Rankin)
Le pasteur Rankin  avait une maison à Ripley sur la rivière Ohio qui faisait office de frontière avec le Kentucky esclavagiste. Cette maison devint une des stations du Chemin de Fer Souterrain. Bien plus, un des points névralgiques de tout le réseau.

Exceptionnellement située sur une colline dominant la ville, la maison pouvait facilement être aperçue de l’autre côté de la rivière. La nuit une lanterne allumée guidait l’esclave en fuite qui, souvent suivi de près par les chasseurs de tête, avait tenté le tout pour le tout et passé la rivière à la nage. Dans cette maison il recevait aide (vivre et vêtements) et conseils jusqu’à la prochaine « station». Il pouvait dire :

« Ma maison a été la porte de liberté pour beaucoup d’êtres humains ».

On parle de 2000 personnes sauvées par son intermédiaire. Il savait qu’on cherchait à la faire mourir. Cela ne l’a jamais empêché de continuer et chaque soir d’être fidèle à son poste. Une des rescapées qu’il aida s’appelait Eliza, une jeune femme qui venait de traverser la rivière glacée avec un bébé dans les bras.  Il l’aida une nouvelle fois, cinq mois plus tard à ramener ses cinq enfants au Canada. C’est elle on s’en souvient qui a inspiré à Harriet Beecher-Stowe le personnage d’Eliza dans la Case de l’oncle Tom.
Harriet eut amplement l’occasion de se pénétrer des lieux : elle, son père et sa sœur Catherine, avaient habité quelque temps dans la maison de Rankin lors de leur arrivée à Cincinnati. Elle décrit ainsi cette maison dans la Case de l’oncle Tom :

« Nous pénétrons dans une cuisine vaste et spacieuse ; les murs sont rehaussés de riches couleurs ; pas un atome de poussière sur les briques jaunes de l’air, frottées et polies ; des piles de vaisselles d’étain brillant excitent l’appétit, en vous faisant songer à des foules de bonnes choses. Le noir fourneau reluit ; les chaises de bois, vieilles et massives reluises aussi. On aperçoit une petite chaise une petite chaise à bascule et qui se referme ; le coussin est rapiécé. Tout près il y en a une plus grande, une chaise antique et maternelle, dont les larges bras ouverts semblent vous convier doucement à goûter l’hospitalité de ses coussins de plumes. C’est là un véritable siège attrayant, confortable, et qui pour les honnêtes et chères joies du foyer, vaut vraiment bien une douzaine de vos chaises de velours ou de brocatelle des salons à la mode. »

John Rankin eut six des ses enfants et un de ses petits enfants qui combattirent lors de la guerre de Sécession.  Tous survécurent.

John Rankin décéda le 18 mars 1886. Sa maison toujours debout abrite aujourd’hui un musée très fréquenté.

 

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