19 avril 1529. « Protestants »

publié le 19 April 2016 à 00h01 par José LONCKE

On a parlé pour la première fois de “protestants” au cours d’une diète (c'est à dire d'une assemblée politique) qui se tint en 1529 à Spire (Speyer, à environ 120 km. au nord de Strasbourg), le  19 avril 1529.

Charles Quint fait annoncer, qu’il annule ce qu’il a du autoriser trois ans auparavant (la liberté d’opter pour la Réforme) et qu’il ordonne que tout le monde se rallie à Rome. Cette décision se heurte au refus et à la protestation solennelle des princes et de représentants de villes favorables à Luther. A la diète convoquée à Spire, les fidèles de la Réforme étaient en minorité. Cette minorité „protesta“, c‘est-à-dire „affirma publiquement » :

« Adhérer à cet édit "serait renier Notre Seigneur Jésus Christ et rejeter sa sainte parole ... C'est pourquoi nous refusons le joug qu'on nous impose. Nous protestons par les présentes devant Dieu, notre unique créateur, conservateur, rédempteur et sauveur, et qui un jour sera notre juge, ainsi que devant tous les hommes et toutes les créatures que nous ne consentons ni n'adhérons en aucune manière pour nous et pour les nôtres au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à Dieu, à sa sainte parole, à notre bonne conscience, au salut de nos âmes et au dernier décret de Spire".

On appela “protestants” les six princes et les quatorze représentants de villes libres qui avaient signé ce texte, ainsi que leurs partisans. Ce sont eux les premiers „protestants“.

À partir de là, on a qualifié de “protestants” ceux qui se réclament des Réformes luthérienne, réformée, radicale et anglicane.
A l’origine le mot protestant ne signifiait pas ‘contestant’ mais dans la langue française du 16ème siècle, issue du latin, il se traduisait par ‘celui qui témoigne de sa foi,’(du latin : Pro = devant et Testare = témoigner), c'est à dire qui témoigne du message du Christ, qui annonce la Bonne Nouvelle. A cet égard, le protestant de cœur... est avant tout un véritable croyant soucieux de vivre sa foi au quotidien quoi qu’il lui en coûte.

19 avril 1529. « Protestants »

Alors pour quelle  Bonne Nouvelle "protester" aujourd'hui ?

Bien entendu pour la foi chrétienne telle qu'elle est exprimée par exemple dans le Credo ou Symbole des apôtres. Mais égalment pour un retour à l'enseignement de Jésus-Christ sur les points suivants :

1. Le salut est totalement gratuit, il est un pur effet de la grâce généreuse de Dieu (sola gratia), il ne se mérite pas. Seule la foi (sola fide), qui est elle-même un don de Dieu, est nécessaire.

2. Jésus-Christ est le seul Sauveur (solus Christus), en conséquence chaque croyant doit développer une relation personnelle avec lui par le moyen de la foi. Dans le protestantisme évangélique cette dimension est fortement appuyée par une prédication appelant l'individu à une démarche de conversion, à une décision consciente et définitive de suivre Jésus.

3. Ni Marie, ni les saints trépassés n'ont de pouvoir sur le monde aujourd'hui. Il est donc inutile de les prier et de chercher un secours auprès d'eux. Une telle démarche est d'ailleurs comprise comme une grave altération de la foi qui est confiance et adoration au seul qui en soit digne, le Dieu unique et souverain sur toutes choses, le Dieu viavnt, Père, Fils et Saint-Esprit,  (soli Deo gloria).

4. L'Eglise est voulue de Dieu, c'est par elle que se transmet l'Evangile, elle est donc un moyen de grâce pour chacun. Cependant, elle n'a pas le pouvoir de sauver ; ni par ses clercs, ni par ses sacrements.

5. L'Eglise n'a pas besoin de pape. Son seul chef universel est le Seigneur Jésus-Christ dont l'autorité se manifeste au travers de sa Parole (la Bible), et par son Esprit agissant dans le monde et dans l'Eglise. Il n'y a donc pas de hiérarchie dans l'Eglise. Tous les croyants, y compris les pasteurs, sont " frères " et " sœurs ".


6. La Bible est la norme ultime de ce que l'on doit croire (sola Scriptura). L'Eglise, dans son institution, n'est pas infaillible. Elle doit toujours être prête à se réformer chaque fois qu'elle perçoit que ses pratiques ou son message s'avèrent non conformes à la révélation biblique.

7. La révélation s'achève avec les écrits du Nouveau Testament, en conséquence l'Eglise n'a pas le pouvoir d'y rajouter quoi que ce soit. Cela signifie que ni la tradition, ni les conciles, ne peuvent être invoqués pour édicter des lois ou des articles de foi qui iraient au-delà de ce qu'enseigne la Bible.

Commentaires

Gabrielle

21 April 2014, à 00:11

Un rappel bienvenu, en ce temps pascal, des principes de la foi et du salut. D'autant plus utile en ces temps de canonisation à venir !

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