24 juillet 1725. John Newton et ses cantiques

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24 juillet 1725. John Newton
John Newton (1725-1807), né à Londres le 24 juillet 1725 et mort à Olney (Buckinghamshire) le 21 décembre 1807, est un marin anglais, devenu homme d'église.
Fils de marin, marin dès l‘âge de onze ans, après avoir rejeté Dieu et la décence, il fit commerce des esclaves. Mais une violente tempête sur l‘Atlantique lui fit plier le genou et implorer le pardon de Dieu. Il fit alors l‘expérience d‘une vie transformée et d‘une foi grandissante. Il influença William WILBERFORCE en vue de sa campagne pour l’abolition de l’esclavage. William Wordsworth fait allusion à John Newton, sans le nommer, au sixième livre du Prélude (William Wordsworth, The Prelude, 1805, VI, 160-174 :

'Tis told by one whom stormy waters threw,
With fellow-sufferers by the shipwreck spared,
Upon a desert coast, that having brought
To land a single volume, saved by chance,
A treatise of Geometry, he wont,
Although of food and clothing destitute,
And beyond common wretchedness depressed,
To part from company and take this book
(Then first a self-taught pupil in its truths)
To spots remote, and draw his diagrams
With a long staff upon the sand, and thus
Did oft beguile his sorrow, and almost
Forget his feeling […]

Ceci est raconté par quelqu’un qui, jeté par les eaux tumultueuses,
Avec ses compagnons d'infortune à cause d’un naufrage, épargné,
Sur une côte désertique, n’ayant apporté
A terre qu’un seul volume, sauvé par hasard,
Un traité de géométrie, prit l’habitude,
Bien que de  nourriture et de vêtements démunis,
Et au-delà de la misère commune déprimé,
De se séparer de la société et de prendre ce livre
(d’abord élève autodidacte dans ses vérités)
Pour tracer des distances, et tirer ses diagrammes
Avec un long bâton sur le sable, et ainsi
a souvent tromper sa douleur, et presque
Oublié son ressentiment [...]


Il se consacra ensuite au ministère pastoral (Eglise anglicane) à Olney, comté de Buckingham en Angleterre et à St Mary’s Woolnoth, Londres il fut l‘auteur de cantiques célèbres, mettant bien sûr en valeur la grâce de Dieu! Il avait pris l’habitude d’écrire un cantique hebdomadaire pour l’office du dimanche. Ami de  Cowper)et éditeur avec lui des Olney Hymns, il est le parolier de nombreux cantiques en anglais dont quelques-uns seulement existent en français :

"Come, my soul, thy suit prepare" (1779), « Fidèle, ne crains pas, prépare ta requête » (1839) Adrien BOISSIER (1810-1872)

Fidèle, ne crains point, prépare ta requête.
Dans le sein de ton Dieu, viens épancher ton cœur.
Il t'a dit de prier : sa grâce est toute prête
A faire succéder la paix à ta douleur.
 
C'est vers le Roi des rois que ta plainte s'exhale,
Demande-lui beaucoup, pour beaucoup obtenir.
La bonté du Seigneur à son pouvoir égale
Ne se mesure pas à ton faible désir.

Je viens à toi, Seigneur, tout couvert de souillure,
Accablé, chancelant sous le poids du péché.
Ôte-moi ce fardeau ; lave mon âme impure,
Régénère mon cœur, à la terre attaché.

Règne seul en ce cœur, sans rival, sans partage ;
Demeure en lui toujours ; accorde-lui ta paix.
Qu'il ne perde jamais ton vivant témoignage
Et le droit que ta mort lui donne à tes bienfaits.

Sois mon fidèle ami ; sois ma force et ma vie ;
Éclaire mon sentier ; garde-moi de l'erreur ;
Et, quand viendra la mort, qu'à ma vue affaiblie
Se montre encor’ ta face, ô mon Dieu, mon Sauveur !

Amazing grace

La grâce est joie, surprise, émoi !
Salut pour tout pécheur !
Enfant perdu, enfant aimé.
Aveugle, enfin je vois.

La grâce a mis le trouble en moi
Et m’en a délivré.
Trésor précieux, signal dressé
À l‘heure où naît la foi.

La grâce vient à bout de tout !
Prisons, travaux, périls ! 
Chemins ouverts, chemins ardus,
Au but elle me conduit.

Seigneur, tu m'as promis la paix ;
Ta droite me soutient 
Tu es ma force et mon secours,
Tout au long de mes jours (1).

 D'autres cantiques n'ont pas été traduits en français:

Les rêves

Lorsque le sommeil clôt nos yeux fatigués,
L’ imagination bien fertile est maintenue en éveil
Les scènes alors qui, devant nous apparaissent,
Prouvent que  alors quelque chose en nous ne dort jamais.

Nous semblons être comme dans un autre monde,
Une nouvelle création inconnue de la notre,
Tout apparaît vrai mais c’est un rêve,
Et tout est familier, alors que  totalement inconnu.

Parfois, l'esprit repasse à nouveau
Les activités de la journée passée, en revue,
Il reprend le plaisir ou la douleur;
Et parfois, tout ce que nous rencontrons est nouveau.

Quels plans nous formons, quelle peine nous prenons !
Nous nous battons, nous courons, nous volons, nous tombons;
Mais tout est bien fini lorsque nous nous réveillons,
Nous avons alors de la  peine à nous en rappeler

Mais si nos rêves sont souvent désordonnés,
Comme des nuages dans la tempête ;
Pourtant, certains rêves importants peuvent être,
Envoyés à dessein d’avertir ou d’informer.

Quels agents puissants, quels amis célestes,
Ou ennemis infernaux, ont accès à nos esprits,
Pour apporter réconfort ou détresse,
Lorsque nous dormons, qui peut le dire?

Une chose, au moins, et c'est assez,
Apprenons-nous  de ce fait surprenant;
Nos rêves offrent une preuve suffisante,
que l'âme, sans la chair, peut agir.

Cette vie, que les mortels estiment tant,
Que beaucoup choisissent pour leur tout,
N’était qu’un rêve. Ils devront l'avouer,
Lorsqu’il seront réveillés par l'appel terrible de la mort (2).

 

Jour du Jugement

Jour du jugement, jour étonnant!
Écoutez! De la trompette le son  terrifiant,
Plus fort que mille tonnerres,
Il ébranle l’immense création, ciel et terre!
Combien l'assignation confondra le cœur du pécheur.

Voyez le Juge, revêtu de notre nature,
Transfigurée en majesté divine!
Vous qui languissiez après sa manifestation
Vous pouvez dire à présent, « Ce Dieu est mien!"
Sauveur Miséricordieux, prend-moi  en ce jour parmi les tiens !

A son appel,  les morts se réveillent,
Revenus  à la vie de la terre et de la mer:
Toutes les puissances de la nature ébranlées,
A sa vue, s’apprêtent à s’enfuir :
Pécheur insouciant, que t’adviendra-t-il alors ?

L’horreur qui dépasse toute imagination
Va surprendre ton cœur tremblant,
Lorsque tu entendras ta condamnation,
"Désormais exécrable misérable, loin de moi, part !
Avec Satan et ses anges tu as ta part!"

Satan, qui tente maintenant de te faire plaisir,
De peur qu’en temps opportun tu ne donne prise à l’avertissement,
Dès l'énonciation de ce mot, te saisira,
Te plongera dans l'étang brûlant:
Pense-y, pauvre pécheur, toute ton éternité est en jeu.

Mais à ceux qui ont confessé,
Adoré et servi le Seigneur ici-bas,
(Le Juge) dira: «Venez près de moi, vous qui êtes bénis de mon Père,
Regardez le royaume que je vous accorderai ;
Vous connaitrez à jamais mon amour et ma gloire. "

Dans les chagrins et les reproches,
Que cette pensée augmente votre courage
Promptement le Grand Jour de Dieu approche
Les soupirs seront alors changés en louange:
Nous triompherons quand le monde sera en feu.

 

Joie et paix dans la foi

Parfois, une lumière surprend
       Le chrétien alors qu'il chante;
C'est le Seigneur qui se lève
       Avec la guérison dans ses ailes:
Quand le réconfort est à la baisse,
       Il accorde à nouveau à l'âme
Une saison de brillance claire,
       Pour remonter le moral après la pluie.

Dans une sainte contemplation,
       Nous approfondissons alors sereinement
Le salut de Dieu,
       Et y trouvons des choses toujours nouvelles:
Libéré de la douleur présente,
       Nous pouvons dire de bon cœur,
Laissons donc ce demain inconnu
Apporter tout son possible.

Cela peut ne rien apporter
       Mais il nous portera au travers ;
Lui qui donne des vêtements au lys,
       Va revêtir les siens également:
Sous l’étendue des cieux,
      Toute créature est alimentée;
Et celui qui nourrit les corbeaux,
       Donnera du pain à ses enfants.

Même si ni la vigne et le figuier,
       Ne doivent plus porter leur fruit accoutumé,
Même si tout le champ doit dépérir,
       Et qu’il n’y ait plus ni brebis ni bœufs :
Cependant, Dieu demeurera le même ,
       Sa louange s’accordera à ma voix;
Car en me confiant en lui,
       Je ne peux que me réjouir.

 


L’amer et le doux

Allume, cher Sauveur, dans mon cœur,
     La flamme de l'amour divin;
Écoute, car moi je sais qui tu es,
     Et je suis certain de t’appartenir;
Si mon âme a ressenti ta grâce,
Si de moi ton nom est connu;
Pourquoi ces futilités doivent-elles remplir la place
Qui n’est due qu’à toi seul?

C’est  une vie mystérieuse, bien  étrange
     Que je vis jour après jour;
Lumière et ténèbres, paix et conflits,
     Soufflent le chaud et le froid :
Quand je pense que la bataille était gagnée,
Je dois combattre encore à nouveau;
Quand je dis que je suis vaincu,
     Du secours soudain j’obtiens.

Souvent devant le trône de grâce
     Tout en invoquant ton nom,
Je rencontre des essaims de mauvaises pensées
Qui remplissent mon âme de honte.
Balloté dans mon esprit,
Comme une plume dans le vent,
est-ce que de cette façon je peux être béni ?
     Mon âme, cela peut-il être de la prière?

Mais lorsque le Christ, mon Seigneur et Ami,
Trouve bon de montrer sa puissance
Tout à coup, mes problèmes prennent fin,
     Et je passe une heure merveilleuse ;
Alors je vois son visage favorable,
Me faire ressentir les prémices des joies à venir:
Souvent, Seigneur, renouvelle-moi cette grâce
     Jusqu'au moment où tu m’appelleras à retourner auprès de toi.

 

Samedi soir

En toute sécurité au cours d’une autre semaine,
Dieu a conduit  notre route ;
Cherchons maintenant une nouvelle bénédiction,
A l’ approche du jour du Repos :
     Jour, de toute la semaine le meilleur,
     Emblème de repos éternel.

Ta grâce multipliée à chaque heure
De la semaine, réclame notre louange
Gardé par le Tout-puissant,
Nourri et guidé par sa main :
Nous avons pourtant été ingrats,
     Nous avons faits que retourner au péché.

Alors que nous prions pour la Grâce qui pardonne,
Par le nom de notre cher Rédempteur
Montre-nous un visage satisfait,
Écarte au  loin notre péché et la honte:
     De la préoccupation du  monde libère-nous,
     Puissions-nous reposer cette nuit dans ta communion.

Lorsque le matin nous priera de nous lever,
Puissions-nous ressentir ta présence auprès de nous !
Que nous puissions voir ta gloire de nos yeux
,Lorsque nous apparaîtrons dans ta maison!
     Offre-nous, ici,  Seigneur, un avant-goût
     De notre fête éternelle.

Puisse l'écho joyeux de ton Évangile
Conquérir les pécheurs, réconforter les chrétiens;
Faire abonder les fruits de la grâce,
Apporter un soulagement à toutes les plaintes:
Que chaque Jour de Repos puisse manifester tout cela,
     Jusqu'à ce que nous rejoignons là-haut, l'Eglise!

 

Louange pour l’Incarnation

Enchantez-moi, vous les sons les plus doux,
Au nom d'Emmanuel, Dieu avec nous ;
Tant d’espoirs lui doivent mon esprit,
Par sa naissance, sa croix, son ignominie.

A sa venue, les anges ont chanté, disant,
"Gloire à Dieu dans les cieux très- haut ;"
Seigneur, délie-moi, trop souvent balbutiant
Ne devrais-je pas, moi, chanter le plus haut ?

Le Seigneur a intégré notre humanité,
Afin d’accomplir toute la Loi,
Verser son sang et souffrir, pour moi,
Et toi ma  langue tu ne pourrais bouger ?

Non, je dois mes louanges lui apporter,
Bien qu'elles soient bien faibles et sans fond ;
Car si je refuse de m’exprimer,
Surement les pierres le feront.

O mon Sauveur, mon Soleil, mon Bouclier,
Frère, époux ami, berger,
Plusieurs noms précieux en un,
Je t'aimerai sans fin.

 


Le monde

Regarde, le monde apprêter pour la jeunesse,
Telle une prostituée, ses pièges aguicheurs!
Une ronde de plaisirs semblent l’attendre,
Mais c’est  une peinture de faussaire.

Jeunesse imprudente  et  sans méfiance
Qui pense le monde est toujours bien lisse,
Toujours aimable, jusqu'à ce qu’elle soit mieux enseignée,
Par l’expérience chèrement acquise.

Ainsi, la mer calme, mais qui n’est pas fiable,
Est l’emblème vivant, de toi ô monde,
Elle fait miroiter au berger qui est sur la rive,
Le vaste monde à explorer.

Bien que l’on n’aperçoive aucun semblant de  vague
Alors que le ciel semble (encore) au beau-fixe,
Rempli d'espoir, et de rêves dorés,
Il songe peu à une tempête.

Mais avant longtemps la tempête fait rage,
Alors il tremble devant les vagues;
Souhaitant alors avoir été plus sage,
Mais trop tard, il coule et meurt.

Malheureux donc, sont-ils, monde vain,
Bientôt sur les rochers de la ruine fracassées,
Ceux qui t’ont admiré faussement,
Qui ont courtisé tes  plaisirs, ta richesse, ou ton orgueil.

Sans Jésus, béni soit son Nom divin,
Un tel naufrage aurait été le mien,
S’il ne m’avait sauvé par sa main puissante,
Et restauré mon âme sur la terre ferme.

Maintenant, avec gratitude je fais monter
un sacrifice de louange à celui qui m’a secouru ;
Maintenant, mes activités imprudentes ne sont plus,
Je ne  peux plus longtemps te faire confiance, ô monde.

 

Prayer Answered by Crosses :(libre adaptation)

Je recherchais près de Dieu la puissance,
Le salut  dans toute son étendue,
Et décidais ce qu’Il ferait d’avance…
Mais sa réponse fut inattendue.

Car je pensais qu’Il se ferait connaître,
Par des visions, en déchirant les cieux,
Qu’il ôterait à l’instant de mon être,
Le péché et son pouvoir insidieux.

Il m’a laissé de longs mois dans les flammes,
Il m’a montré tous mes péchés passés,
Il a semblé abandonner mon âme,
Mais c’est ainsi qu’il comptait m’exaucer.

Et j’ai crié : mais pourquoi tu m’accables,
Malgré tout ne suis-je pas ton enfant,
Cherches-tu donc à perdre un misérable ?
C’est alors qu’Il me dit en murmurant :

Je t’ai mené vers la vraie repentance,
Je t’ai appris à dépendre de moi,
Je t’ai conduis vers plus de confiance,
As-tu déjà vécu plus près de moi ?

 

John Newton  mourut le 21 décembre 1807, l'année de l'abolition de la traite au Royaume-uni.
 Il confia à un de ses amis : « Je n’ai pratiquement plus de mémoire, mais je me souviens de deux choses : je suis un grand pécheur et Christ est un grand Sauveur. » Il avait composé sa propre épitaphe. Il ne devait y avoir sur sa tombe aucune autre inscription :

« John Newton, Pasteur. Jadis incroyant et débauché, serviteur d’esclaves en Afrique mais, PAR LA GRANDE MISÉRICORDE DE NOTRE SEIGNEUR ET SAUVEUR JÉSUS –CHRIST, gardé, transformé, pardonné, et choisi pour prêcher la foi, qu’il chercha longtemps à détruire ».


Sources :
(1) Henri KUNZLER 2002 © FPF)
(2) Esaïe 29:8 Alors, comme celui qui a faim rêve qu'il mange, puis s'éveille, le gosier vide, et comme celui qui a soif rêve qu'il boit,  puis s'éveille, épuisé et le gosier assoiffé ;  ainsi en sera-t-il de la multitude des nations
qui combattront le mont Sion.

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