25 juillet 1471 ; Thomas A. Kempis

publié le 25 July 2019 à 00h01 par José LONCKE

25 juillet 1471 ; Thomas A. Kempis


Thomas A. Kempis (1379- 25 juillet 1471) écrit dans un monastère de Zwolle, l'Imitation de Jésus Christ, un petit livre de spiritualité chrétienne qui marque profondément le christianisme de la fin du moyen âge (« La dévotion moderne ») et prépare à sa manière la Réforme (centrée entièrement sur la relation personnelle au Christ, tout en relativisant l'église et même les sacrements).

John Stott dans son livre « Le Christ incomparable » (LLB 2004, p 127s), pose la question : Que manquait-il dans le livre de Thomas A. Kempis ?


« En premier lieu, Thomas avait-il saisi l’essence de l’invitation de l’Evangile qui ne constitue pas une invitation à faire de bonnes œuvres en imitation de Christ, mais d’abord à mettre sa confiance dans la crucifié reconnu comme Sauveur ?
Il ne semble pas avoir eu une quelconque assurance d’être accepté par Dieu, car il  a vécu dans la crainte perpétuelle du Jugement, du purgatoire et de l’enfer.
De plus, ses références à l’amour en relation avec le Christ sont presque toujours celles de son amour pour Christ plutôt que de l’amour du Christ pour lui. Il ne cite jamais ces grandes affirmations : « L’amour du christ nous presse » (2 corinthiens 5.14) ou « rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ (Romains 8.35-39).

Ensuite, Thomas  avait-il compris le chemin de la sainteté ?
Qui ne consiste pas à imiter Christ mais à être uni avec lui. Il s’agit moins de vivre comme Christ que d’avoir le Christ vivant en moi. Comme James Stalker l’a dit : « Tout l’enseignement de Paul tourne autour de deux pôles ;  la justice par la mort du Christ pour nous et la sainteté par la vie du Christ en nous ».

De plus, thomas avait-il saisi le contexte de l’éthique chrétienne ?
Pour citer à nouveau Stalker, disons que le contexte de Thomas était celui du « petit monde monotone du cloître ». Mais dans le contexte du Nouveau Testament, la vie chrétienne est l’arène bruyante, provocatrice, stressante, des lieux de travail et du marché. Il est vrai que « nous sommes étrangers e voyageurs sur la terre (une affirmation de 1 Pierre 2.11 que Thomas cite à plusieurs reprises), mais cela n’impose pas le retrait que suppose thomas.
« Désire seulement la communion de Dieu, écrit-il, «  et de ses saints anges ; évite les relations humaines ».
Ou encore « Fuis les passions et le tumulte du monde autant que tu le peux ». il voit les chrétiens « complètement immergés », non dans le monde, mais « en Dieu ». car à ses yeux ; les plus grands saints se soustraient à la société des hommes, et choisissent de vivre plutôt pour Dieu dans la solitude. Il ajoute : « … comme fit Jésus ».
Nous sommes ici devant un désaccord complet ou une incompréhension profonde. Jésus a effectivement cherché la solitude pour se reposer ou prier… mais dans le seul but  de retourner fortifié, vers les exigences de son ministère public.

Enfin, Thomas avait-il saisi les implications de l’Imitation ?
L’Imitation de Jésus-Christ est le titre populaire qui a probablement beaucoup contribué à sa popularité. Mais celui qui en commence la lecture en est rapidement déçu parce qu’il ne traite pas le sujet comme le fait le Nouveau Testament.
Pour parler de suivre Jésus, Thomas s’y réfère seulement en parlant de charger sa croix et d’endurer les souffrances en imitation de Jésus. Où donc est une quelconque référence :
- à l’humilité du Christ dans son incarnation et sa mort (Philippiens 2. 5-8) ;
-d’aimer les autres comme le Christ nous aime (Ephésiens 5.2) ;
-ou de pardonner aux autres comme Dieu nous a pardonnés en Christ (Ephésiens 4.32) ;
-de nous purifier nous-mêmes comme lui-même est pur (1 Jean 3.3) ;
-de suivre ses pas en supportant les afflictions imméritées sans représailles (1 Pierre 2.18-21) ;
-ou d’aller dans le monde en mission, comme il a été envoyé par le Père (Jean 17.18 ; 20.21) ?

Les grands thèmes du Nouveau Testament qui établissent ce que signifie imiter Jésus sont absents du livre de Thomas, ce qui l’appauvrit d’une manière considérable.
On souhaiterait que Thomas se soit tenu plus étroitement à l’enseignement du Nouveau Testament sans dissocier Christ le Sauveur et Christ l’exemple (1 Pierre 2.2, 2’), Christ pour nous et Christ en nous, l’appel à suivre Jésus à al fois dans le retrait et dans l’engagement ».

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