28 juillet 1692. Ambroise Pointier: de Saint-Quentin à Londres

 En 1683, l’Eglise protestante de Saint-Quentin subit de dures épreuves. Un de ses membres, Pierre de Noyelle (né en 1662), linier à Bertaucourt (annexe de Pontru) a pour apprenti le jeune Ambroise Pointier, né en 1667, fils de Thomas « Pointe », maréchal-ferrant à Pontruet. Il lui fait lire quelques livres interdits et qu’il emmène au temple du Haucourt, à huit  kilomètres de Saint-Quentin. Le chemin était long ; il fallait deux bonnes heures à pied à travers les fondrières pour aller et autant pour revenir.


Or depuis 1680, il est formellement interdit à un catholique de changer de religion. Le jeune Pointier, soupçonné de s’être converti, est dénoncé «par une personne bien intentionnée. Il est arrêté et condamné à faire « amende honorable en carcan » en l’audience du lieutenant criminel et à une amende de « quarante livres vers le roi ». Un mois plus tard, il est toujours en prison. Soutenu de l’extérieur par son patron et ami Pierre de Noyelle, il prend part à une sédition des détenus dans le but de s’évader. Mal lui en prend car ce projet échoue et lui vaut, outre une nouvelle amende de soixante livres, une condamnation à cinq ans de galères !
Pierre de Noyelle est, à son tour, arrêté pour avoir participé à un complot avec les prisonniers. Il est en outre accusé d’avoir voulu « convertir un catholique ».

A la Révocation de l’Édit de Nantes, si certains huguenots pressés par les dragons du roi se « convertirent » du bout des lèvres, d’autres décidèrent de s’enfuir comme l’avaient déjà fait nombre de leurs prédécesseurs. Ils cherchèrent refuge en Angleterre et en Hollande. Surtout à Londres où leur pasteur s’était réfugié.

Ambroise émigre en Angleterre avant septembre 1691 et demeure à Londres. Il se marie le 28 juillet 1692  avec Judith Alavoyne, laquelle « n’a jamais abjuré ».
Ses deux frères l’ont rejoint.  Augustin né en 1665 et Thomas né en 1669 : en tous cas ils sont tous à Londres pour le mariage d’Augustin en septembre 1691. Augustin et Thomas se mariant  avec deux sœurs Marie et Elizabeth Gauguet.

Quelques générations plus tard, Ambrose Poynter  (1796–1886), nait le 16 Mai 1796 à Londres.

Image (28 juillet 1692. Ambroise Pointier: de Saint-Quentin à Londres)

Elève de John Nash, il voyage en Italie, Sicile et les îles ioniennes. Le 26 février 1821, il assiste aux obsèques de John Keats au cimetière protestant de Rome.

Principalement architecte d’églises et de maisons de campagne dans le style gothique médiéval alors en vogue en Angleterre : le Tudor hospital et sa chapelle St Katharine (1827), Christ Church (Westminster 1841), et l’église protestante française de Bloomsbury Street (1845) ont été démolis depuis.
A Cambridge, il bâtit successivement trois églises entre 1837 et 1843 : St Paul, Christ Church, and St Andrew la grande.
A Flintshire (nord-est du Pays de Galles) il bâtit des églises, des écoles et des maisons tel que Mostyn Hall (1846–7), pour le premier Lord Mostyn.
Dans le Devon il travaille à Pynes House (1849), dans l’Essex à Waltham Abbey (1851-1855), à la Maison Dieu de Douvres (1858).

Il se marié en 1832, à la chapelle de l’ambassade britannique de Paris avec Emma Foster (1800-1848), fille du pasteur Forster et petite fille du sculpteur Thomas Banks. Une sœur d’Emma, Émilie, épousera Henri de Triqueti, sculpteur (les portes de La Madeleine à Paris) et philanthrope protestant. 

Son fils l’architecte Ambrose Poynter (1867-1923) aura Kipling pour cousin.

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