18 juillet 64. « Quo Vadis ? » et la Bible

publié le 18 July 2020 à 00h01 par José LONCKE

18 juillet 64.  « Quo Vadis ? »
Rome brûle. Depuis la terrible nuit du 18 au 19 juillet 64 ap. J.-C, l'incendie fait rage, activé par un vent violent. Il lui faudra neuf jours pour s'éteindre. Quelques semaines plus tard, encore des flammes. Mais ce seront celles des bûchers où sont liés les adeptes d'une foi nouvelle, celle du Christ*. Tandis que d'autres sont livrés aux lions du cirque. Certains ont pu fuir.

Parmi eux, l'apôtre Pierre. Mais voici que Jésus lui apparaît. «

-Quo Vadis, Domine ?» («Où vas-tu, Seigneur?») murmure le fuyard.

La réponse de Jésus,

-«Je vais à Rome »,

lui montre où se trouve son devoir : parmi les martyrs.

Il sera crucifié, la tête en bas, par humilité. Derrière ces flammes, l'empereur Néron, que sa démence aurait poussé à remplacer la vieille Rome par une cité nouvelle, Néropolis, et qui aurait détourné sur les chrétiens les soupçons qui pesaient sur lui.


Édifiant tableau, qui devint le lieu commun obligé de tout récit ayant pour toile de fond l'incendie de Rome. Le plus illustre d'entre eux, Quo Vadis ?, roman du Polonais Henryk Sienkiewicz, ne fait pas exception à la règle. Commencé en mars 1895 et livré au public avant même d'être achevé, par livraisons successives, le roman voit son dernier épisode publié à Varsovie le 29 février 1896. Le succès est immédiat, total, immense. Les traductions se multiplient, sauf en France, où l'on doit attendre pour des raisons complexes près de cinq ans avant d'avoir entre les mains, en 1900, un premier texte amputé d'un tiers - la première version complète suivra à partir de 1901, jusqu'en 1904.


L’engouement des lecteurs, s'inscrivait pour les compatriotes polonais du romancier, dans une actualité patriote. Car, derrière Néron, on pouvait apercevoir l'ombre de Nicolas Ier, tsar de toutes les Russies, tyran de la Pologne. Bien plus, en 1878, le nouveau tsar, Nicolas II, avait poursuivi les catholiques grecs, dits uniates, qui obéissaient à la papauté, pour les forcer à se convertir à l'orthodoxie. Et des brochures avaient stigmatisé le nouveau Néron... On comprend que Sienkiewicz ait voulu donner les couleurs de l'actualité au grand roman qu'il préparait sur les débuts du christianisme.

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