28 novembre 1681. Rosny, rue Eugène Sue et les camisards des Cévennes

publié le 28 November 2019 à 00h01 par José LONCKE

A Rosny-sous-Bois (93) une Eglise protestante se trouve rue Eugène Sue... Aucun rapport direct entre l'écrivain et le protestantisme ! Mais en cherchant un peu... voilà ce qu'on, peut trouver.

Eugène Sue (1804-1857), nait à Paris le 26 janvier 1804. Il a beaucoup écrit... Il rédige d'abord des histoires de marins (Histoire de la marine, 1835). Puis il se tourne vers le roman historique : Latréaumont (1837), sur la cour de Louis XIV.

A la fin de l'année 1839 Eugène Sue se lance dans la publication d'un roman sur les camisards intitulé Jean Cavalier (28 Novembre 1681- 17 mai 1740). La renommée de l'auteur lui permet de faire l'annonce de son œuvre dans les journaux de l'époque, la Revue de Paris (novembre 1839 à mars 1840), la Revue Britannique, mais principalement le Journal des Débats, la Presse et le Siècle.

Le livre est publié en volume (1840).C'est la première fois que la thématique camisarde est autant exposée au lecteur et que ce dernier a facilement la possibilité de se plonger dans l'histoire des camisards. Cet écho assure rapidement la réussite du livre, jusqu'en 1874, il a été réédité 19 fois. Si l'intérêt pour un tel sujet pour l'auteur s'explique par ses recherches sur Louis XIV et l'influence à nouveau de Walter Scott, il n'en reste pas moins que malgré une bibliographie des plus fournie, la vision des camisards d'Eugène Sue est celle des catholiques du 18e siècle.

A nouveau réapparaît le camisard fanatique, fourbe et violent. Si cette vision est une déception à la vue des recherches qu'il a pu faire avant l'écriture de l'ouvrage, il n'en reste pas moins que l'apport d'Eugène Sue dans l'historiographie camisarde est capitale, non pas sur le fonds mais sur la forme : il est le premier à diffuser le sujet camisard à grande échelle, et à ne pas s'y tromper, parler de révoltés qui ont tenu tête à Louis XIV en 1840 n'est pas anodin, c'est une thématique nouvelle qui répond aux attentes de l'époque.

En mars 1841 il découvre la misère. Horrifié, il travaille sur le sujet et publie  en 1842-1843 Les Mystères de Paris. Ce récit, roman urbain décrivant les bas-fonds de la capitale, pour faire prendre conscience à ses lecteurs de l’existence d’une multitude honnête luttant pour survivre dans cette jungle fangeuse et impitoyable, connaît un succès comme on n’en n’avait jamais vu. Dès lors, il publie à jet continu. D’abord Le Juif errant (1844-1845) qui raconte la lutte entre les Jésuites et une famille républicaine. et "Les sept péchés capitaux (1847-1848).

D'apparence généreuse, son oeuvre, très manichéenne est tout de même teintée d'un profond paternalisme social.

Eugène Sue meurt le 3 août 1857. Il avait cinquante-trois ans. Les Mystères de Paris et le Juif errant sont toujours disponibles et toujours lus, grâce à son formidable talent de conteur et son sens de la narration.

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