23 mars. 1602. Les Androuet du Cerceau, une famille d'architectes engagés

23 mars. 1602. Les Androuet du Cerceau, une famille d'architectes engagés

Jacques Androuet du Cerceau est né probablement à Paris dans les années 1515-1520. Il est le fils d'un marchand de vin.  

Pourtant, il entame dès les années 1540 une carrière dans les arts architecturaux.

Son domaine d'activité d'origine est très large et va du mobilier à la décoration et jusqu'à l'édification de petites structures architecturales. Mais il est aussi connu en temps que dessinateur. Il utilise ainsi les principes de perspectives qui ont été inventés dans l'Italie du XVe siècle.

Il se fait remarquer à la cour du roi Henri II en 1551, par la réalisation de décors provisoires destinés à fêter le passage du roi à Orléans. Il collabore dès lors à beaucoup de projets importants, sans que l'on sache vraiment la portée de sa participation. Il a sans doute œuvré sur le chantier avorté de Charleval et au château de Verneuil. On le sait assez en vue à la cour de Catherine de Médicis.

Mais sa carrière sera gênée par les persécutions contre les protestants. Lui même protestant, il devra se réfugier un certain temps chez des seigneurs protecteurs, telle Renée de France à Montargis.

Mais il ne restera pas inactif en temps que dessinateur, graveur et éditeur. Il publie des ouvrages de vulgarisation sur l'architecture qui connaîtront un grand succès. " Les plus excellents bastiments de France " est le plus remarquable de ses ouvrages (voir plus loin).

Ses descendants poursuivront son œuvre au XVIIe siècle.

Ainsi son fils cadet, Jacques Androuet du Cerceau (1550-1614), fera une carrière d'architecte royal. On lui attribue le Pont Neuf et la place Royale à Paris et le temple de Charenton. Il a commencé sa carrière en aidant son frère Baptiste Androuet du Cerceau (1544-1602). dans ses travaux au Louvre (Il bâtit la Grande Galerie et le Pavillon de Flore aux Tuilleries). Il s'était marié avec Marie Malapert.

Baptiste Androuet du Cerceau avait acquis en 1584 une maison à Paris(rue Bonaparte, entre les rues Jacob et Visconti). On lui avait suggèré de passer au catholicisme, invitation qu'il avait déclinée avec politesse et fermeté.
Après sa mort, Marguerite Raguidier, sa veuve, revendit cette maison le 23 mars 1602 à son frère cadet, Jacques.

L'un de ses petits fils, Salomon de Brosse (1570-1626), le fils de sa fille Julienne, fera aussi une brillante carrière d'architecte et sera l'auteur notamment du palais du Luxembourg à Paris.

Un autre petit fils, Jean Androuet du Cerceau (1585-1649), fils de Baptiste, construisit, entre autres, le célèbre escalier en fer à cheval de Fontainebleau en 1623 et l'Hôtel de Sully (1624-1629), selon des principes architecturaux du siècle précédent.

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L'ouvrage intitulé Les plus excellents bastiments de France est paru en deux tomes en 1576 et 1579. L'auteur et éditeur est Jacques Androuet du Cerceau.

Le livre Les plus excellents bastiments de France a été réalisé en utilisant la technique de gravure sur cuivre. Selon cette technique, l'illustration est taillée manuellement à l'aide d'un burin et d'une pique dans une plaque de cuivre. Les cavités ainsi créées permettent d'emmagasiner l'encre qui se déposera lors de l'impression sur le papier. Les illustrations ainsi créées sont des gravures et leur auteur un graveur. Jacques Androuet du Cerceau est l'un des premiers à utiliser la gravure sur cuivre à la place de la gravure sur bois. Cette nouvelle technique permet d'obtenir une grande finesse de détails.

La plupart des gravures des
 Plus excellents bastiments de France reprennent des dessins antérieurs dont certains ont été conservés. Il existe parfois des différences significatives avec les modèles. Les différentes gravures ne sont pas non plus exemptes de défauts. La perspective et les proportions ne sont pas systématiquement très bien respectées et les différentes planches d'un même bâtiment ne se correspondent pas toujours. Toutefois, par rapport aux siècles précédents, le progrès est flagrant. A une époque ou la photographie n'existait pas, reproduire précisément des bâtiments aussi nombreux demandait de grands talents.

Les plus excellents bastiments de France n'était pas destiné prioritairement aux architectes, mais plutôt aux propriétaires de châteaux. Au XVIe siècle, l'architecture était très en vogue chez la noblesse et même les petits seigneurs tentaient avec leur faibles moyens d'embellir leurs austères châteaux médiévaux. L'ouvrage d'Androuet du Cerceau devint en quelque sorte l'équivalent de la revue Art et Décoration pour la Renaissance.

Cyrille Castellant, éditeur (
Riches Heures)

 

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