3 mars 1916. Mounet-Sully et Polyeucte

publié le 3 March 2016 à 00h01 par José LONCKE

C’est le 3 mars 1916 qu’eurent lieux, à l’Oratoire du Louvre, les obsèques de Jean-Sully Mounet dit, Mounet-Sully (1841-1916). Il est considéré comme un des monstres sacrés de la scène théâtrale. Il sera pendant plus de 40 ans le comédien le plus illustre de la Comédie-Française. Mounet-Sully a son effigie sur les murs de la Comédie-Française.

3 mars 1916. Mounet-Sully et Polyeucte

Il  était de vieille famille protestante de Bergerac. « Je suis protestant et j’en suis fier. Un de mes ancêtres a même eu l’honneur de ramer sur les galères du Grand Roi… »
« Je n’ai jamais abordé la scène, aux grands moments d’action, sans prier… ».
Peu avant sa mort, Mounet-Sully relisait, L’Ami, de Charles Wagner, qui lui apportait un grand réconfort.

François Mauriac écrit en 1937 :

« Je n’ai pas vu « Polyeucte », ces jours-ci, à la Comédie-Française ; mais j’ai lu, à propos de ces représentations, de passionnants articles. Vingt-cinq années n’ont pas détruit l’image qui m’est restée de Mounet-Sully dans le rôle de « Polyeucte ». Absent et comme vidé de lui-même, il était tout entier occupé par le protagoniste essentiel de la pièce : la grâce. En 1643, la grâce occupe et déjà obsède les esprits : « L’Augustinus » de Jansénius a paru trois ans plus tôt ; Blaise Pascal se convertira trois ans plus tard. Le miracle de Polyeucte est de rendre visible et presque tangible cette puissance cachée au plus secret de l’être ; c’est de jouer le surnaturel au naturel.
A peine entrevoyons-nous, au lever du rideau, ce jeune seigneur arménien tendre et brillant que fut Polyeucte. Déjà il n’est plus là ; rien ne reste de lui qu’une apparence. Ce n’est plus Polyeucte qui vit, mais Jésus qui vit en Polyeucte. Ceux qui l’ont aimé s’irritent de se débattre contre cet absent. Lui, il ne les voit pas : son regard porte au-delà. Comme les yeux à demi-aveugles de Mounet-Sully le servaient ! Très loin au dessus des choses et des êtres, écartant tout le sensible, ne s’arrêtant à rien d’humain, ils cherchaient une autre lumière, une lumière éternelle »

(François Mauriac, Mémoires Politiques, Laffont, p 236)

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