30 octobre 1562. Supplice d’Augustin Marlorat

publié le 30 October 2016 à 00h01 par José LONCKE

Augustin Marlorat est né le 3 mai 1516 à Bar-le-Duc au 54 rue des Ducs-de-Bar.

30 octobre 1562. Supplice d’Augustin Marlorat

Orphelin très jeune, il est confié par son tuteur à la communauté des Augustins de Bar. Issu d’une famille de juristes à la cour des comptes de Bar, il aurait dû, comme aîné, hériter des biens, des livres de droit et de la charge de son père. Mais c’est son cadet, Martin Le Marlorat, qui reprendra la charge et les biens de la famille. Augustin dira plus tard, à son procès, qu’il n’avait pas défroqué, puisque le faire « entrer en moinerie » avait été une manœuvre pour s’emparer de son bien.

Dans la communauté des Augustins, il étudie les Ecritures, les langues des humanités et prononce ses vœux en 1524. Moine augustin, lettré, fin prédicateur, prêtre, il se convertit à la cause réformée pour s’être trop approché des thèses qu’il entendait combattre.


Après avoir renoncé à son statut et à sa charge, il doit s’enfuir à Genève. Il est d’abord correcteur d’imprimerie, notamment pour l’hébreu. Il devient collaborateur de Calvin, commentateur, humaniste. Il se lie d’amitié avec Théodore de Bèze et devient pasteur à Vevey et à Crissey. Lorsque les protestants de Rouen l’appellent en 1561, parce qu’ils manquent de pasteurs et de prédicateurs, il prend le risque de rentrer au royaume de France.


Augustin adresse alors à la régente Catherine de Médicis sa Remontrance à la Royne, mère du Roy par ceux qui sont persecutez pour la parolle de Dieu en laquelle ils rendent raison des principaux articles de la Religion, et qui sont aujourd’hui en dispute. » Catherine de Médicis réunit à Poissy puis à Saint-Germain, des colloques, entre réformés et non réformés, où Augustin Marlorat est présent, y compris, en janvier 1562, pour répondre aux objections de la Sorbonne. Ce travail de recherche des conditions d’un « vivre ensemble », aboutira bien à la reconnaissance, par Catherine de Médicis, de « la nouvelle religion », l’édit de janvier 1562. Mais dès le 1er mars, à peine deux mois après, a lieu le massacre de Wassy. Les catholiques, incités par les Guise, à reprendre le terrain perdu, prennent les armes pour se rendre maîtres des villes acquises aux protestants. Fin octobre 1562, Augustin Marlorat, lors de la prise de Rouen, sera capturé, supplicié, pendu et décapité, le 30 octobre 1562 devant la Cathédrale.


Son œuvre est constituée de commentaires, d’index pour les éditions du Nouveau Testament, de la Genèse, de la Sainte Bible, des Prophéties d’Isaïe, du livre de Job. Il a collaboré avec Calvin, par les citations des Ecritures et leur commentaire, à l’Institution de la religion chrétienne. Il a composé un Thesaurus des Ecritures Saintes. Il nous a aussi laissé cent cinquante oraisons ou prières en prose française qui se trouve à la fin de chacun des cent cinquante psaumes de David traduits en rimes par Clément Marot et Théodore de Bèze ( Psautier de Genève ).

http://est.eglise-protestante-unie.fr/Decouvrir-les-protestants/Eglises-locales/Bar-le-Duc-Saint-Dizier/Lieux-de-memoire/Augustin-le-Marlorat

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