Chewing-gum, la mort annoncée d’une légende

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Chewing gumDepuis quelques années, les consommateurs boudent le chewing-gum. La crise sanitaire n’a rien arrangé.
La production de l’usine de Biesheim, dans le Haut-Rhin, a diminué de 74 % entre 2012 et 2020. C’est la dernière usine de production de chewing-gum en France, le célèbre chewing-gum à la chlorophylle Hollywood, dont peu de gens savent qu’il est made in France !

Une image de marque

Pourtant, dans l’imaginaire collectif des français, le chewing-gum a une grande importance. Il est associé à la Libération (les Américains des deux dernières guerres mondiales), à la force (signe de virilité), à la modernité (défi à l’autorité et au conservatisme), à la jeunesse conquérante (haleine fraîche et agréablement parfumée) et à la santé (il prétend fortifier les gencives, empêcher de se ronger les ongles).

Pourquoi cette bouderie ?

Pour expliquer ce désaveu, les fabricants incriminent la pandémie. En 2020, les ventes de chewing-gums ont baissé de plus de 21 % en France. En effet, mâcher du chewing-gum estune activité d’extérieur et le confinement a plombé la consommation. Mais cela n’explique pas tout, loin de là. La désaffection est engagée depuis belle lurette.
En effet, l’achat de chewing-gums est étroitement lié au passage en caisse dans les supermarchés et au temps pendant lequel on fait la queue. Or, les courses en ligne ou en drive augmentent ainsi que les caisses automatiques. Donc, les queues diminuent ! C’est automatique !
De plus, un concurrent puissant distrait le consommateur lambda qui, aujourd’hui, ne s’ennuie plus de la même façon ! Il attend en se plongeant, muni de son smartphone, dans son réseau social préféré.
Enfin, le chewing-gum ne plaît plus aux jeunes. L’image a changé. La friandise mâchouillée est de moins en moins acceptable socialement. Le chewing-gum serait désormais pour certains, un produit pas très écoresponsable, comportant trop de synthétiques issus de la pétrochimie.

Tout finit toujours par passer

On a peine à croire que le chewing-gum a été signe de liberté. On se demande aujourd’hui comment les enfants, aussi bien que les adultes, ont pu être à ce point soumis aux effets de signe attachés au chewing-gum qu’ils ont mastiqué pendant un siècle ? Alors qu’en fait, il était signe de dépendance à la pub, à l’ennui...
Cela me rappelle une vieille expression latine des pages roses du dictionnaire Larousse : « Sic transit gloria mundi » (Ainsi passe la gloire du monde) : tout ce qui appartient à notre monde a un caractère éphémère, il est passager et transitoire.
Merci, petit chewing-gum, pour cette grande leçon.

Auteurs
José LONCKE

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