Quand le rap dérape

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Non ! L’incitation à la haine raciale n’est pas une forme d’art !
Quand le rap dérape
Un rappeur de la banlieue parisienne a suscité l’indignation générale en psalmodiant : « Pendez les blancs ! » Dans son clip, il scande : « J’entre dans les crèches, je tue des bébés blancs… Attrapez-les vite et pendez leurs parents ; écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge, petits et grands… »

Seulement de l’art ?

Le clip est retiré du Net, le gouvernement s’insurge et le Parquet de Paris ouvre une enquête pour « provocation publique à la commission d’un crime ». Or, cette incitation à la haine ne serait que de l’art, selon le chanteur. Il précise : « C’est une fable visant à inverser les positions des Noirs et des Blancs. » Pour lui, c’est là un procédé pédagogique. Essai non transformé puisque nous sommes trop bêtes pour la comprendre !
La pédagogie de Gandhi et de Martin Luther King est donc désormais dépassée et caduque.
Il est vrai qu’aujourd’hui, pour faire reconnaître la réalité et pour dévoiler la vraie vérité, il faut déconstruire. Que ce soit les images, les discours ou les concepts. C’est cette logique perverse qui fait que nous devons tous nous ébahir d’admiration devant l’art contemporain, au risque de passer pour un dinosaure.

Ce qui se cache en dessous

Mais quand donc va-t-on cesser de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? Il existe aujourd’hui un véritable racisme violent contre les Blancs et contre la culture judéo-chrétienne. Serait-il injuste de le dénoncer ?
Cette attitude, ce martelage, cette provocation doivent nous indigner comme il est de notre devoir et de notre responsabilité de nous indigner contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et d’extrémisme religieux. Cessons la politique de l’autruche qui nie les évidences pour ne pas déranger les idéologies fantasmées ! Cessons de nous placer dans la peau du pénitent masochiste, heureux d’être affligé pour payer les fautes anciennes et les erreurs passées ! Cessons de croire que refuser certains discours, c’est enfermer des innocents dans une victimisation insupportable.

Ouvrons les yeux

À l’heure où chaque parole maladroite est aussitôt débusquée et mise en exergue pour accuser et démolir, quand chaque phrase peut être extraite de son contexte pour faire dire à son auteur le contraire de ce qu’il veut dire, pourquoi un clip de neuf minutes aussi explicite, ne dirait-il pas la pensée qui circule au sein d’une jeunesse manipulée ?
Certes, nous sommes très attachés à la liberté d’expression, mais que ceux qui en usent acceptent aussi les propos de ceux qui les récusent. Au lieu de cela, la plupart du temps, on hurle à la censure. Jamais de remise en question ! On préfère assumer, et assumer devient un titre de noblesse.
Il n’y a, chez le rappeur, ni excuse, ni regret, ni remords. Il se justifie plutôt en auréolant sa musique : « Le rap est né dans les ghettos, il a pour mission de dénoncer les choses. » C’est peut-être vrai ! Les negro-spirituals et le Gospel aussi ! Mais le ton n’était pas le même !

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