Un jardin à garder et à cultiver

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Un jardin à garder et à cultiver

Aux origines

« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu. Dieu les bénit et leur dit : “Reproduisez-vous, devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-la ! Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se déplace sur la terre !”
Le SEIGNEUR Dieu prend l’homme et il le place dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder » (Genèse 1.27-29 ; 2.15).

Les premières pages de la Bible (voir ci-dessus) mentionnent trois missions principales que Dieu a confiées au départ à l’humanité. On peut les résumer en trois ordres.

Ayez des enfants, devenez nombreux, remplissez la terre !

Nul doute, l’ordre a été respecté, en particulier ces deux derniers siècles puisque la population mondiale est passée de 1 milliard d’habitants en 1800 à 7,5 milliards en 2019.
Ceci est en partie la cause de la dégradation de notre environnement actuel. Pour nourrir, abriter et équiper cette population en forte croissance, il a fallu développer l’agriculture et l’industrie, l’habitat et les réseaux de transports et de communication, et surtout la production d’énergie.

Dominez et soumettez !

Ces ordres ont également été honorés puisque l’homme a réussi progressivement à se rendre maître de la « nature », des animaux, des végétaux et des ressources naturelles.
Cependant, en tournant le dos àleur Créateur, les humains ont immanquablement tyrannisé sa création. La formidable puissance de leurs machines a conduit à détruire sans frein les espaces naturels. Certains sites industriels ont été défigurés, souillés et même anéantis par une pollution, dans certains cas, dramatique et mortelle…

Cultivez et gardez la terre

En plaçant l’être humain dans un magnifique jardin, Dieu lui a confié la mission d’en prendre soin, et non de l’exploiter sans mesure. Reconnaissons que les hommes et les femmes sont capables de magnifiques réalisations qui honorent leur Créateur. Toutefois, leur volonté de dominer la création en dehors de toute référence à Dieu, les a conduits à vouloir en tirer le plus grand bénéfice et le plus immédiat. Ils ont ainsi usé d’un pouvoir abusif qui a fini par appauvrir cette création, la polluer, voire la modifier, d’une manière parfois irréversible.

Que faire ?

La peur de l’avenir est souvent invoquée pour nous inciter à préserver notre environnement, mais c’est rarement une bonne motivation.
Même si la population mondiale devait culminer à environ 9 à 10 milliards d’habitants, on sait aujourd’hui qu’il est possible de nourrir convenablement tout le monde à condition de pratiquer un développement plus sain dans tous les domaines et de partager les richesses de façon plus juste.
En choisissant la confiance en Dieu, plutôt que la peur, nous prenons d’autant plus soin de la création.

Croyants, ouvrez vos yeux et votre cœur

Jésus-Christ interpelle ses disciples lorsqu’il dit qu’on ne peut pas prétendre aimer Dieu sans aimer son prochain. Un disciple de Jésus-Christ devrait normalement renoncer à l’égoïsme en préservant la planète et ses ressources, indispensables à tous aujourd’hui ainsi qu’aux générations suivantes.
Économiser les ressources, protéger le patrimoine naturel qui leur est confié, vivre une croissance raisonnable et partagée, se conduire de façon exemplaire : cela ne fait-il pas aussi partie de leur mission ?

Les chrétiens, plus coupables que les autres ?

Dans un article de la revue « Science » (1967), Lynn White Jr. entend démontrer que les chrétiens portent une responsabilité particulière dans la crise écologique. Ne font-ils pas de l’homme le centre de l’univers au détriment des autres êtres vivants ?

Mea culpa

Reconnaissons-le : l’Occident dit « chrétien » n’a pas toujours été un modèle de bonne gestion des ressources naturelles. Il faut toutefois nuancer car d’autres courants que le christianisme ont influencé notre civilisation : l’humanisme rationaliste et athée, les mouvements spiritualistes et ésotériques, etc.

Quel bilan ailleurs ?

L’Orient, réputé plus attentif à la nature, a fini par tomber dans les mêmes travers que les pays occidentaux, notamment en Asie bouddhiste, shintoïste ou hindouiste. Les conséquences de la culture sur brûlis ou du surpâturage en Afrique animiste, ainsi qu’en Méditerranée dans les empires polythéistes grecs ou romains, demeurent aujourd’hui encore sensibles sur les sols et visibles dans les paysages.
On vante les vertus des Indiens d’Amérique qui vivaient en relatif équilibre avec la nature avant l’arrivée des colons européens. Mais cette harmonie, souvent idéalisée, aurait-elle résisté longtemps à une croissance démographique plus intense, aux nécessités de nourrir, chauffer et abriter un plus grand nombre d’individus ?
Certaines idéologies politiques comme le communisme ont également dominé la nature pour la soumettre aux exigences des rendements conformes à leurs plans économiques : la situation écologique en ex-URSS, en Chine et dans les pays d’Europe de l’Est est aujourd’hui souvent désastreuse.
Les pays du Sud, qu’ils soient sous influence animiste, musulmane, hindouiste, ou éventuellement chrétienne, voient aussi leur environnement se dégrader. Les raisons tiennent souvent à la pauvreté, au manque de moyens financiers et à la corruption, ou encore à l’absence de législation applicable pour lutter contre la pollution. Les conséquences de la colonisation y sont encore sensibles : destruction des forêts et de la faune, cultures commerciales, utilisation abusive d’engrais et de pesticides… sans compter les conséquences des rivalités ethniques et politiques internes.
Les mouvements du « Nouvel Âge » prônent en général une attention à la nature qui semble a priori très estimable : on ne touche pas à tel animal parce qu’on le considère comme une parcelle de la divinité, voire la réincarnation d’un individu… Cependant, cette vision de la nature a des effets funestes sur les populations livrées à une forme de fatalité.

Faut-il que l’homme meure pour que vive la nature ?

D’autres vont plus loin et n’hésitent pas à souhaiter la décroissance de la population, voire la disparition de l’être humain, pour favoriser la biodiversité puisqu’il est la principale cause des désordres actuels dans la nature.
Ce n’est pas le message biblique, qui est centré sur Dieu, le Seigneur, le maître de cette terre, plutôt que sur l’homme.
Le point de vue chrétien reste porteur d’un projet de vie pour ce monde présent, même si les fidèles du Christ n’en ont pas toujours été les meilleurs témoins, loin s’en faut !

Frédéric Baudin


Frédéric Baudin est l'auteur de « Wégoubri, un bocage au Sahel ». Le livre rapporte le développement agricole dans la ferme pilote de Guiè, au Burkina Faso (Sahel) par Henri Girard.

Éditions CEM : https://www.cemfrance.eu/wegoubri/


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