Joseph et ses frères

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L’heureux dénouement d’un conflit long de plusieurs dizaines d’années. Analyse et leçons.
Joseph et ses frères
La Bible mentionne souvent des conflits. Celui entre Joseph et ses frères est l’un des plus connus. Joseph a été vendu par ses frères à des marchands itinérants qui l’ont revendu en Égypte. Après bien des années et des vicissitudes, il devient premier ministre de Pharaon, le roi d’Égypte. Suite à la famine qui sévit dans leur pays, ses frères viennent chercher du blé en Égypte et doivent faire face à leur frère qu’ils pensaient ne jamais revoir…

Une origine : une famille dysfonctionnelle

Le point de départ du conflit est une affaire de préférence : Jacob, le père, a épousé deux sœurs, ce qui a provoqué des tensions entre lui et ses femmes, et entre les femmes elles-mêmes. De son côté, Jacob aime son fils Joseph plus que ses autres fils, car il est né dans sa vieillesse de Rachel, sa femme préférée. Préférence, tristesse, frustration, colère… tous ces ingrédients étaient déjà présents au départ de l’histoire
Si l’on remonte à la génération précédente, on note que chaque parent avait son chouchou : Jacob était le chouchou de sa mère car il restait près d’elle. Ésaü était le préféré de son père car il était chasseur et rapportait du gibier dont il était friand. Chacun avait ses préférences pour des raisons égoïstes.
Dans les conflits familiaux, ou de voisinage, on peut parfois observer des logiques à l’œuvre sur plusieurs générations.

Une dynamique propre : ce qui a nourri le conflit

La préférence de Jacob pour Joseph n’est pas de ces préférences discrètes qu’on évite de montrer pour ne pas blesser les autres. Bien au contraire ! Jacob va offrir un habit multicolore de luxe à Joseph. Toute la famille et tout le voisinage seront ainsi au courant. Pour ses frères, c’estune humiliation publique, une expression de rejet, de mépris de leur personne. Leur propre père, en élevant Joseph, les dévalorise et les blesse profondément dans leur identité de fils. Ils avaient sans doute déjà remarqué la préférence du père, mais là, la situation prend une autre tournure, elle s’aggrave considérablement, au point qu’ils deviennent incapables de parler avec Joseph paisiblement.
D’autres choses vont alimenter le conflit. D’abord, Joseph rapporte à son père les mauvaises paroles de ses frères. Ensuite, Joseph fait deux rêves étranges qu’il semble avoir plaisir à raconter à sa famille. Ils ont ceci de commun que toute la famille se prosterne devant lui. Cela contribue à aggraver le ressentiment de ses frères à son égard.
Les conflits sont rarement une affaire de méchanceté pure. Jacob préfère Joseph et il ne voit pas plus loin que cette préférence. Il semble totalement inconscient du mal qu’il fait à ses autres fils. Il apparaît comme un père défaillant, peu intéressé par la plupart de ses enfants.

Une logique propre : voir derrière les apparences

Le responsable principal de la situation, c’est le père. C’est lui qui, par sa partialité, provoque la souffrance, la jalousie, la colère et finalement la haine des frères contre Jacob, même si Joseph aurait pu être plus solidaire de ses frères…
Mais le problème, dans une culture comme celle de l’époque, c’est qu’il n’est pas pensable de s’en prendre au père. Le respect dû à la personne et à l’autorité du père est une des structures fondamentales de la famille. Comme on ne peut pas haïr son père, on va s’en prendre au chouchou. C’est donc contre lui que vont se diriger la colère et la haine accumulées dans le cœur de ses frères.

Une occasion favorable : se méfier des apparences

L’occasion favorable survient quand Jacob va envoyer Joseph visiter ses frères au loin pour voir comment les choses se passent. Les troupeaux vont de pâturage en pâturage, ils se sont éloignés. Quand Joseph les rejoint, le père est loin. Toute la rancœur des frères remonte à la surface et ils veulent supprimer Joseph. Ruben, l’aîné, arrive à les en dissuader et finalement Joseph est vendu à des marchands itinérants qui le revendent en Égypte.
L’occasion fait le larron, mais il ne faut pas se polariser sur elle. En réalité, le conflit est né bien avant. Si l’on n’y est pas attentif, on ne le comprend pas.

Une réconciliation : Dieu, une ressource inestimable

En Égypte, loin de son père et de ses frères, Joseph va mûrir de façon étonnante avec l’aide de Dieu. L’adolescent égocentré qui profitait de la partialité du père en sa faveur devient un homme : il assume des responsabilités de plus en plus grandes, affirme des convictions et des valeurs qui lui permettent de résister aux tentations et de rester fidèle à son maître. La foi se développe chez Joseph : ses valeurs s’ancrent dans son respect pour Dieu. Il reste remarquablement stable dans les hauts et les bas de sa vie.
Alors qu’il est devenu premier ministre du roi d’Égypte, Joseph voit un jour arriver ses frères venus acheter du blé car la famine sévissait chez eux. On le découvre alors capable de se réconcilier avec eux, de leur pardonner le mal qu’ils lui ont fait. Le changement en Joseph sera tellement impressionnant que ses frères vont avoir du mal à le croire. Plus tard, à la mort de Jacob, le père, ils vont avoir peur que Joseph se venge. Mais le pardon de Joseph est vrai et authentique, car il a revu toute sa vie à la lumière de l’action de Dieu et il pourra leur dire : « Le mal que vous comptiez me faire, Dieu comptait en faire du bien. »

Se réconcilier demande souvent une maturité personnelle et un regard plus large sur la situation. Ils permettent d’aller au-delà des moments où l’on a été blessé. La foi en Dieu est une ressource précieuse pour cela.

Pour aller plus loin
Genèse 37 ; 39-45 et 50.20


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