Notre identité est corporelle
Dans notre société actuelle, on observe des attitudes opposées envers le corps. D’un côté, l’être humain est réduit à sa simple dimension matérielle, au point de nier toute dimension non matérielle, l’âme ou l’esprit. La mort corporelle est perçue comme la fin définitive de l’existence, ce qui pousse à vivre uniquement pour cette vie présente et pour les plaisirs du corps. De l’autre, on cherche à se libérer des limites que nous fixe notre corps, que ce soit dans les sports extrêmes, dans la liberté accordée à définir son genre, ou encore dans le transhumanisme. Les deux tendances ignorent ce qui peut donner une vraie valeur au corps, sans l’idolâtrer : le fait qu’il soit créé.
L’essor des technologies, comme l’intelligence artificielle (IA) et le métavers (monde virtuel), alimente cette seconde tentation. Ces technologies promettent de dépasser les contraintes imposées par notre condition corporelle. Grâce à une existence virtuelle, notre « esprit » semble pouvoir exister indépendamment de notre corps, libéré des limites physiques. Dans le métavers, on peut échapper aux contraintes de lieu et de temps, se réinventer une identité idéale et, pourquoi pas, prolonger son existence même au-delà de sa mort physique.
Jésus restaure la valeur de notre corps
Il n’empêche que nous sommes des êtres de chair et de sang. Cette réalité n’est pas une limite à surmonter, mais une part essentielle de notre identité en tant que créatures terrestres. Notre moi ne se réduit pas à notre intelligence ou à nos pensées : notre identité intègre pleinement notre corporalité.
L’incarnation du Christ met en lumière la valeur de notre nature corporelle : Dieu lui-même s’est fait chair. Jésus est venu pour sauver les êtres humains, en devenant semblable à nous. Jésus n’est pas venu sauver des bots (robots informatiques), et il ne nous promet pas une éternité flottant dans un « cloud » (espace de stockage informatique) immatériel.
Le salut offert par Jésus-Christ est une invitation à être réconcilié avec notre corps et à accepter ses limites, en attendant une vie éternelle corporelle et parfaite, dans une création matérielle restaurée. Cette espérance nous rappelle que notre humanité, dans toute sa plénitude, est précieuse aux yeux de Dieu.
Lydia Jaeger, Directrice académique du CERIE
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