Couples mixtes : frustrations et victoires

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Couples mixtes : frustrations et victoires

Mon premier souvenir de racisme
J’avais accueilli une nouvelle camarade dans la classe. J’ai été très blessée lorsqu’elle m’a dit qu’elle ne voulait plus jouer avec moi, maintenant qu’elle avait d’autres copines. En effet, elle m’a fait comprendre qu’elle n’aimait pas les Noirs. Je me suis dit alors : « Peut-être qu’on est moins bien que les autres quand on est noire ? »
J’ai ensuite changé d’école et suis entrée dans une école privée où j’étais la seule Noire. Le pire a été le comité d’accueil composé des grands de la classe supérieure : ils m’ont prise à part pour me frapper.
Être noire était une tare pour moi. Les filles dans les magazines ne me ressemblaient pas. Comment un garçon aurait-il pu me regarder puisque j’étais noire ? Je pensais que j’étais moche.

Adolescence et jeunesse

Mon mal-être a diminué sans pour autant disparaître. J’étais encore la seule Noire de ma classe prépa même si les préjugés ont la vie dure.
Le malaise s’est réveillé dans le monde du travail où les Noirs que tu croises sont le plus souvent membres du personnel d’entretien. Alors, on te fait sentir que tu dois te sentir privilégiée, toi qui es noire, d’avoir eu la chance qu’on te fasse confiance. En plus de tes missions, tu subis une pression : tu comprends qu’on attend de toi d’être un exemple pour prouver que les Noirs sont de bons travailleurs.

Dans l’Église

Le vernis de christianisme des pays occidentaux n’a pas empêché la société de juger majoritairement le Noir comme inférieur.
Même dans les Églises, les Noirs ne sont souvent pas considérés comme fiables ou assez éduqués théologiquement. J’ai toujours la sensation qu’ils sont des chrétiens de seconde zone.
Il y a quelques années, se lever et taper des mains pour louer Dieu semblait déranger. Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Côté amour

D’un certain côté, je voulais me marier avec un homme noir car je voulais honorer ma communauté. Je voulais en finir avec ce complexe d’infériorité que nous avons généralement, nous, les Noirs.
De l’autre côté, j’avais grandi avec l’image du bel homme blanc. J’ai dû faire un réel travail de reconstruction intérieure pour réaliser que blanc ne voulait pas dire beau.
Après cette reconstruction et quelques déboires amoureux, j’ai rencontré l’homme de ma vie : un Blanc. Je ne le considère pas beau parce qu’il est blanc mais parce qu’il est lui-même.
Mais nous sommes plutôt semblables : son éducation lui a permis d’évoluer dans un milieu où l’on marque un intérêt pour la culture de l’autre.
Le plus important pour moi : il m’aime, moi et mon histoire, celle de mes parents, mes grands-parents et mes ancêtres.
Je sais ainsi que nos enfants n’auront pas à vivre ce dilemme de considérer une culture supérieure à une autre : noirs et blancs, ils seront fiers d’être des deux. Enfin, c’est ce que j’espère !

Le plus important

Dieu me voit et m’aime comme je suis. D’ailleurs, il m’a créée noire parce qu’il trouvait cela beau. Oui, il m’aime et m’appelle par mon nom et me dit : « Je t’aime d’un amour inconditionnel. Tu es une créature merveilleuse et tout ce que tu as vécu, toute ton histoire a été prévue pour un but plus grand : me servir. »
J’ai compris que Dieu nous aime, non pas malgré notre couleur de peau et notre histoire, mais avec elles et grâce à elles. Il a vu nos épreuves, nos blessures et cela lui a fait de la peine. Mais il restaure et nous appelle Noirs, Blancs, Asiatiques, et tous les autres par notre nom.



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