1 novembre 1512. Michel-Ange dévoile ses peintures

Après quatre années de travail, Michel-Ange Buonarroti dévoile ses peintures de la chapelle Sixtine du Vatican.

Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti 1475-1564) eut, dans les dernières années de sa vie, une crise religieuse et spirituelle (certains parlent de « conversion ») qui se reflète dans ses dernières grandes œuvres peintes, comme le Jugement dernier à la Chapelle Sixtine (1536-1541), ou le cycle de Pierre et Paul à la Chapelle Pauline (1542-1550).

Cette crise spirituelle ne serait pas sans liens avec une redécouverte des écrits bibliques, de la théologie paulinienne, voire de la théologie protestante de la justification par la foi, par la seule grâce de Dieu en Jésus-Christ.

Image (1 novembre 1512. Michel-Ange dévoile ses peintures)

On peut citer comme fait probant, sa rencontre avec Vittoria Colonna (1490-1547). A 62 ans, en effet,  ce misanthrope confirmé avait fait la connaissance de la poétesse italienne, personne de haute culture, laquelle, animée d’une foi ardente et d’une spiritualité "évangélique, prônait une réforme interne de l’Eglise.
On peut citer également une série de prédications de Bernardino Ochino, en contact avec le protestantisme réformé genevois et zurichois, et qui exerça une forte influence sur Vittoria Colonna, laquelle, à son tour, influença Michel-Ange.
On peut citer enfin un tableau offert par Michel-Ange à Vittoria Colonna et dont un dessin préparatoire est conservé au British Museum. Jésus, y est représenté, non comme en un corps déchiqueté par la souffrance, mais encore vivant sur la croix, implorant sereinement le Père, les yeux vers le ciel, pour le salut de l’humanité. Deux anges veillent. L’un d’eux désigne l a plaie du Christ, l’autre regarde le Christ. Le tableau est ainsi marqué par une profonde conscience de la valeur expiatoire et sacrificielle de la mort du Christ. 
Comme si, à la piété populaire marquée par l’imitation du Christ en vue d’acquérir son salut par des mérites et des œuvres humaines, s’était substitué une conception du salut dans laquelle le Christ devient le seul et unique don de Dieu, offrant gratuitement le salut à l’humanité.

Source : Emido Campi, Michelangelo e Vittoria Colonna, « un dialogo artistico-teologico ispirato da Bernardino Ochino », Claudiana, Turin, 1994.
www.protestantismeetimages.com/Michelangelo-e-Vittoria-Colonna.html?

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