14 décembre 1550. L’ordonnance de Villers-Cotterêts et le premier dictionnaire

publié le 14 December 2019 à 00h01 par José LONCKE

14 décembre 1550. L’ordonnance de Villers-Cotterêts  et le premier dictionnaire

On doit à un protestant le premier dictionnaire français.

L'ordonnance de Villers-Cotterêts, est un texte édicté, entre le 10 et le 25 août 1539. Cette ordonnance est le plus ancien texte législatif encore en vigueur en France. Elle impose le français dans tous les actes administratifs.

En 1539, l’année même où l’ordonnance de Villers-Cotterêts parut Le Dictionnaire français-latin de Robert Estienne, premier grand dictionnaire dont la nomenclature partait des mots français (et non des mots latins).

C’est le premier dictionnaire de français dictionnaire français. (Dictionaire françois-latin, contenant les mots et les manières de parler français, tournés en latin). Le mot  « Dictionaire » est voué à une longue destinée, mais avec un seul « n » pour l’heure. Il y établit l’inventaire des richesses de cette langue.

Cette place, aux origines de la lexicographie française, lui est encore reconnue de nos jours. On doit de la reconnaissance à Robert Estienne, pour avoir le premier publié un ouvrage aussi utile, et qui a exigé autant de recherches et de soins.

Préface de l’édition de 1539

« Pour ce que la profession de notre art nous incite à faire toujours quelque chose qui soit utile en général à tous ceux qui se consacrent aux lettres,  ou pour le moins instructifs aux novices pour lesquels il faut d’autant plus soigner, qu’ils ont grand besoin de secours, que ceux qui ont acquis quelque ruse, et peuvent d’eux mêmes, sans l’aide d’autrui, passer par les difficultés de la langue Latine :

Pour cette raison, après avoir publié le grand Trésor de cette langue, lequel peut servir à toutes gens de quelque haut savoir qu’ils soient pourvus : nous avons mis coeur et effort au soulagement de la jeunesse Française, qui est sur son commencement et apprentissage de littérature.

Si leur avons fait deux livres : L’un commençant par les mots Latins expliqués en Français : qui fut publié dès l’année précédente. L’autre est celui-ci qui va prenant les mots de la langue Française, les mettant après en Latin tout au plus près qu’il s’est peu faire.

 Et pour ce que notre action concerne son adresse à toute manière d’enfance, d’âge, de savoir, ou de tous les deux : nous les prions si quelque chose s’y trouve autrement comme il se doit qu’ils le veuillent excuser : pensant que ce n’est que l’esquisse, et par manière de dire, l’enfance desdits livres qui commencent tout premièrement à parler.  Lesquels, peut-être, compteront dans le futur de plus riche langagier, de meilleure qualité, et de meilleur soin qu’ils n’ont à présent : au plaisir de Jésus-Christ, lequel veuille donner accroissement de savoir à la jeunesse, et perfection à ce que nous avons commencé à son honneur et à leur utilité. »

Robert Estienne (1503-1559) est un lexicographe et imprimeur français. Il est né en 1503, probablement à Paris. Henri Estienne père fonde son imprimerie dans les années 1503-1504. Il a pour amis et protecteurs Guillaume Budé, François et Guillaume Briçonnet et surtout Jacques Lefèvre d’Étaples. Ces noms sont riches d’enseignement et permettent de mesurer le milieu culturel, humaniste et évangélique, dans lequel il a grandi. Formé aux côtés de son père puis de son beau-père, Robert Estienne se voit confier les révisions du Nouveau Testament en latin, publié en 1523. En 1526, il reprend seul l’entreprise familiale, tandis que Simon de Colines s’établit à son propre compte. En 1528, il épouse Perrette Bade, une jeune femme cultivée, fille de l’imprimeur Josse Bade. Perpétuellement en butte aux poursuites de la Sorbonne en raison de son travail d’édition des textes sacrés (voir ci-dessous), Robert Estienne finit par se réfugier à Genève dans les années 1550-1551 (son mariage, en secondes noces, avec Marguerite Duchemin est enregistré sur les registres de la ville le 14 décembre 1550). Il y imprime les œuvres de Calvin et de Théodore de Bèze avec lesquels il se lie. Son activité lui vaut d’être admis gratuitement comme citoyen par la ville de Genève, en 1556. Il meurt le 7 septembre 1559.

 

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