19 août 1819. Napoléon et la Bible

19 août 1819. Napoléon et la Bible
Napoléon 1er  (1769-1821) fit toujours une place à la Bible parmi ses livres.  Au Trianon se trouvait la Bible de Sacy en douze volumes; à la Malmaison, la même Bible sur vélin.
Napoléon avait pour ses guerres une bibliothèque de campagne. Elle était logée dans des caisses d'acajou recouvertes de cuir et garnies de drap vert. Les livres y étaient placés comme sur les rayons d'une bibliothèque. Un catalogue indiquait pour chaque ouvrage le numéro de la caisse.


La bibliothèque de campagne de Napoléon 1er contenait le saint volume. On peut rle dire avec certitude et cela d'après un document très précis, contenu dans le portefeuille du baron Fain, premier secrétaire du cabinet de l'Empereur. Ce portefeuille, trouvé à Charleroi le 18 juin 1815, le jour même de la bataille de Waterloo, par un officier belge, contenait la description de la bibliothèque de huit cents volumes que l'empereur avait fait placer dans ses bagages. Or, le volume inscrit en tête de ce catalogue est une Bible in-18 en huit volumes, vraisemblablement la Bible de Corbin, de 1643.
 La Bible accompagna Napoléon à l’île d'Elbe. On a retrouvé une Bible italienne qu'il lut et annota pendant son séjour dans cette île. Et la Bible l'accompagna aussi à Sainte-Hélène, où d'après Madame de Montholon, il lut l'Ancien Testament, tout l'Évangile, et les Actes des apôtres. Il professait une grande admiration pour saint Paul. Le général de Montholon écrivait le 19 août 1819 : «La lecture à la mode, à Longwood, est l'Évangile, Bossuet, Massillon, Fléchier, Bourdaloue».
Avant de mourir, il fit choisir dans sa bibliothèque d'exil une série de 399 volumes à l'intention du roi de Rome, et dans la quatrième caisse se trouvait une Bible de Sacy en huit volumes in-18.


Dans l'automne de 1819, le vieil abbé Bonavita, en chemin pour rejoindre Napoléon à Sainte-Hélène, s'arrêtait quelques jours à Londres. Un ami, qui avait fait sa connaissance en Belgique, l'y accompagnait, et l'aidait à faire quelques achats. Cet ami faisait partie de la Société biblique britannique et étrangère. Par son entremise, le comité de la Société confia à l'abbé, pour être offert en son nom au prisonnier de Sainte-Hélène, un magnifique exemplaire du Nouveau Testament, relié en maroquin vert. L'abbé se chargea de la commission et assura son ami que l'empereur apprécierait hautement ce livre et le lirait assidûment.


Cependant un réveil religieux, résultat de la diffusion de la Bible, s'était produit vers le même moment à Sainte-Hélène. Non seulement les habitants de l'île, mais plusieurs soldats de la garnison assistaient régulièrement à des réunions de prière et d'édification. Parmi ces derniers se trouvaient quelques-uns des soldats chargés de garder Napoléon à Longwood. Chrétiens dévoués, pleins de foi en l'efficacité de la prière, ils priaient ardemment en faveur de leur prisonnier, demandant à Dieu de bénir pour le salut de son âme son humiliation et ses souffrances. Aussi, avec quelle émotion apprirent-ils, après la mort de l'empereur, que la grâce qu'ils avaient demandée pour lui paraissait lui avoir été accordée, que Napoléon avait lu le Nouveau Testament, qu'il n'en parlait qu'avec respect, et que dans ses souffrances, le nom du Sauveur revenait fréquemment sur ses lèvres.

En effet, ses conversations avec Montholon en font foi, Napoléon avait été  frappé par la personne et par l’œuvre de Jésus-Christ ; il communiquait souvent à ses compagnons de captivité ses impressions à cet égard :


"Quelle différence entre la destinée prochaine de Napoléon et celle de Jésus-Christ ! Quel abîme entre ma profonde misère et le règne éternel du fils de Dieu. Avant même que je sois mort, mon œuvre est détruite ; tandis que le Christ, mort depuis dix-huit siècles, est aussi vivant qu’au moment de son ministère. Loin d’avoir rien à redouter de la mort, il a compté sur la sienne. C’est le seul qui ait été plus vivant après sa mort que de son vivant. Le temps n’a pas seulement respecté l’œuvre du Christ, il l’a grandie : en quelque endroit du monde que vous alliez, vous trouverez Jésus prêché, aimé, adoré.
 Sur quoi avons-nous fait reposer notre pouvoir ? Sur la force. Tandis que Jésus-Christ a fondé son empire sur l’AMOUR, et des milliers d’hommes donneraient joyeusement à cette heure leur vie pour Lui ! Voici un conquérant qui incorpore à lui-même, non pas une nation, mais l’humanité. Quel miracle !... Plus j’y pense, plus je suis absolument persuadé de la divinité de Jésus-Christ. »

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