21 janvier 1959. Cecil B. DeMille et les "Dix Commandements"

publié le 21 January 2022 à 00h01 par José LONCKE

21 janvier 1959. Cecil B. DeMille et les "Dix Commandements"

Cecil B. DeMille (1881-1959), est un réalisateur et producteur américain, né le le 1 août 1881 à Ashfield dans le Massachusetts, et mort le 21 janvier 1959 à Los Angeles en Californie.

« Les Dix Commandements » du réalisateur Cecil B. DeMille, sorti en 1956, est entré dans le panthéon du genre péplum depuis bien longtemps. Fidèle en bien des points à la Bible, cette référence absolue dans le milieu du cinéma évoque la vie de Moïse en une réalisation haute en couleurs !

Il est des épithètes souvent excessives et anachroniques, mais pour le film « Les Dix Commandements », le réalisateur Cecil B. DeMille n’a pas lésiné, il faut le reconnaître, sur les moyens « pharaoniques » tant pour la distribution que les décors colorés. En retraçant la vie de Moïse depuis sa naissance jusqu’aux Tables de la Loi sur plus de trois heures, cette réalisation engloutira un budget colossal et sera le film le plus cher jamais tourné à l’époque. 

Pour asseoir la réussite de son film qui sera son dernier, Cecil B. DeMille a retenu le célèbre acteur Charlton Heston. Le réalisateur avait notamment fait ce choix inspiré du fait que Charlton Heston au faîte de sa gloire avait, selon lui, quelques ressemblances avec la statue de Michel-Ange.

Le film réunira avec Charlton Heston non seulement une pléiade de vedettes tels Yul Brynner, Anne Baxter, Yvonne de Carlo, Edward G. Robinson, Debra Paget, John Derek et bien d’autres encore, mais réussira aussi à obtenir pour cette réalisation le summum des effets spéciaux de son temps. Des effets, certes, qui peuvent paraître de nos jours parfois faibles, mais qu’il faut replacer dans leur contexte des années 1950.

Hollywood releva, en effet, avec cette réalisation ambitieuse le défi de mettre des images sur les Écritures, y compris pour ses évocations les plus spectaculaires. Ainsi, le film « Les Dix Commandements » parvint-il à représenter non seulement l’épisode du Buisson-ardent, mais aussi les Dix Plaies d’Égypte avec des artifices parfois amusants comme l’usage de pop-corn afin de simuler une pluie de grêle s’abattant sur les Égyptiens !

Plus dramatiquement, la représentation de la mort ordonnée pour les premiers-nés égyptiens s’avère être spectaculaire, même plus de soixante années après la sortie du film.

Mais la palme des effets spéciaux revient sans conteste à la séparation des eaux de la Mer Rouge. Cecil B. DeMille est en effet parvenu à représenter de manière monumentale et jamais accomplie jusqu’alors des montagnes d’eau, celles de la Mer Rouge s’élevant et se séparant afin de laisser passer à pied sec les enfants d’Israël poursuivis par l’armée de Pharaon.

La réussite du film fut immédiate, salué unanimement par la critique et établissant un nouveau record longtemps incontesté au box-office dans le monde entier. S

Bien sûr, le spectateur de cette grandiose reconstitution ne pourra s’empêcher de se poser la question de la véracité de ce récit en comparaison aux Écritures. Sommes-nous face à un cinéma hollywoodien ou bien s’agit-il d’une reconstitution fidèle ? Les deux, tel semble être la réponse la plus juste pour « Les Dix Commandements ». 

Le réalisateur Cecil B. DeMille avait choisi de s’entourer de conseillers techniques et scientifiques les plus variés afin de livrer un film à la fois authentique et crédible.

Un grand nombre de scènes ont été tournées dans d’authentiques lieux bibliques notamment autour du Mont Sinaï et sur les bords de la Mer Rouge. Les pierres des Tables de la Loi ont été gravées sur de la véritable pierre du Sinaï et en ancien hébreu sous la supervision d’un spécialiste des langues anciennes orientales. Notons, que Cecil B. DeMille avait, quelques années auparavant, déjà réalisé une vie de Moïse en muet avec, certes déjà des effets spéciaux, mais avec nettement moins de conseillers techniques.

Parallèlement, cette relecture de la vie de Moïse n’est cependant pas sans quelques libertés avec le récit biblique, plus particulièrement lors des premières scènes développant longuement la vie de Moïse à la cour du Pharaon alors que la Bible même demeure silencieuse sur celle-ci. Mais, cela était pour Cecil B. DeMille l’occasion d’évoquer en des scènes d’un kitsch délicieux tout le faste de la cour du monarque égyptien. Des scènes offrant d’inoubliables plans appartenant plus au genre du péplum qu’à une évocation biblique, même si le récit de Moïse abandonné aux eaux du Nil ou début du film demeure quant à lui fidèle au Livre de l’Exode :

« La fille de Pharaon descendit au fleuve pour s’y baigner, tandis que ses suivantes se promenaient sur la rive. Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux et envoya sa servante pour la prendre. Elle l’ouvrit et elle vit l’enfant. C’était un petit garçon, il pleurait. Elle en eut pitié et dit : « C’est un enfant des Hébreux. » (Ex 1, 5-6).

Si « Les Dix Commandements » peut certes parfois s’écarter du fil biblique, il n’en demeure pas moins une formidable évocation dans l’ensemble fidèle à l’esprit des Écritures, et qui 65 ans après, s’impose encore au titre de référence incontournable de grand péplum historique.

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